Voilà, il est presque l’heure de recharger la grosse valise rouge dans le bus, le train et de l’embarquer dans l’avion pour une nouvelle aventure.
Ce matin, je pars direction Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan. Comme je voudrais être un oiseau et n’avoir que des ailes à déployer sans devoir penser au lourd encombrement des bagages.
Bravo à tous ! Que vous soyez participants, bénévoles ou organisateurs, vous avez tous en vous l’esprit des renards !
Ancienne membre de cette noble société, je me souviens d’une assemblée de gym il y a plus de 30 ans. Les bals ne rapportaient plus beaucoup d’argent et il fallait trouver une solution pour remplir la caisse de la société afin de financer les nombreuses activités des gymnastes.
À cette époque je courais beaucoup et cette année-là le sport fut le moyen le plus sain pour tenter de reprendre goût à la vie après la tragique disparition de mon fils Tanguy. J’ai alors proposé d’organiser une course sur le modèle de ce qui se faisait à la Sarraz, à pied et/ou à VTT. Le comité a accepté et s’est tout de suite mis au travail.
Comme la forêt a toujours été mon terrain d’exploration favori et un lieu de consolation, à pied comme à cheval, j’avais déjà une idée de parcours pour la course, que mon frère Jacques, alors président de la gym, et ma belle-sœur Catherine ont complété.
L’Helvétienne ayant une solide expérience dans l’organisation des manifestations et l’esprit futé des renards, chacun a su incarner son rôle et effectuer les tâches nécessaires pour donner naissance à la mythique course des Renards en 1993.
Encore aujourd’hui je suis reconnaissante à mes amis de la gym d’avoir été là pour développer ce projet durant l’année la plus difficile de ma vie.
Depuis le début, cette course a la chance de pouvoir compter sur une armée de bénévoles, disposés à donner de leur temps sur le parcours ou sous la cantine. Pour en avoir été membre, je sais combien le travail du comité nécessite de réunions. Alors chaque année, quand je vois que la course des Renards est toujours sur l’agenda, j’ai envie de remercier le comité et tous les bénévoles qui permettent à cette compétition de perdurer dans le temps et de rappeler à mon cœur à qui je dédie ce parcours.
Aujourd’hui, je ne cours plus beaucoup, je sautille plutôt d’un pays à l’autre pour mon travail. Pourtant l’annonce de ce 30ème anniversaire célébré pile-poil durant mon escale helvétique, m’a donné envie de remettre les baskets pour le plaisir.
Il y a 30 ans, j’avais 30 ans et guère l’envie de les fêter. Cependant, l’année 1993 a semé 3 petits bonheurs pour me rappeler la force de la vie et me faire comprendre le secret du renard dans le petit prince de St Exupéry :
– On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.
Cette année, les 3 petits bonheurs et la compagne de mon fils fêtent leurs 30 ans. C’était l’occasion rêvée pour les associer à mon jubilé et m’insuffler un peu d’énergie de leur jeunesse. Ainsi est né le groupe « Où est Tatie ? »
Aujourd’hui, je les remercie d’avoir accepté de me suivre dans ce défi un peu dingo. Merci à mes nièces, mes neveux, mes enfants et leur compagne ou compagnon ! Merci aux Renards et aux amis des renards et longue vie à cette belle course !
Si j’aime explorer de nouveaux lieux, j’ai aussi besoin de revoir ceux qui peuplent la bibliothèque de mes souvenirs. Retourner à la vallée de Joux, c’est retrouver le petit Canada de la Suisse et sa belle énergie.
J’ai souvent la chanson de Black M dans la tête « Sur ma route ». Eh oui, la route est longue et je la suis en me laissant surprendre. La curiosité de l’adolescente qui sommeille encore en moi guide mon pas et me dit d’avancer avec confiance. On verra…
2ème indice : La capitale de ce pays commence par T.
Si je l’ai dit à tous ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer ces derniers temps, je ne crois pas encore avoir annoncé la destination vers laquelle la vie a décidé de m’emmener cette fois.
Me voici de retour à la case natale où je regarde toujours avec joie combien les gardiens de la terre de mes ancêtres savent l’entretenir et la rendre si charmante.
En rentrant d’un essai d’entraînement pour la mythique course des Renards, je me disais que j’étais sacrément chanceuse d’avoir un si joli petit nid pour recharger les batteries dans le magnifique Val Bavona depuis mon retour chez les Helvètes. Ce matin, en arrivant près de la cascade de Foroglio vide de sa horde de touristes, je n’ai pas résisté, j’ai plongé dans cette eau limpide et vivifiante par sa température.
Mon autre chance, c’est d’avoir retrouvé un plaisir de jeunesse grâce au prêt de cette Honda qui m’a déjà bien promenée dans les vallées tessinoises.
Si je disais « essai d’entraînement », c’est parce que j’avais emmené mon appareil photos et chaque point de vue était un bon prétexte pour casser le rythme de ma course matinale…
Eh oui, se déconnecter permet souvent de se reconnecter à soi-même et à la nature.
Demain, je quitterai le pays du lotus Je partirai, car une autre aventure m’attend. J’irai d’abord vers le pays de nos crocus, Près des montagnes pour respirer l’air vivifiant.
Le silence me fera oublier les klaxons.
Je mettrai la boussole sur vacances quelque temps.
De la baguette française, quelques carrés de chocolat au lait suisse et du jus de pommes de je ne sais où, voilà comment j’ai terminé la fête avec ma classe de Loustics préférée hier. Ainsi, j’ai dit aurevoir à Huy, Khan, An, Lada, Ngan, Anh et Miro, des enfants entre 7 et 10 ans qui m’ont rappelé la douceur des goûters de mon enfance. Avant, je disais que je n’aimais pas enseigner aux débutants et que je préférais travailler avec les adolescents ou les adultes. Pourtant, ce groupe de grands débutants que j’ai suivi deux fois par semaine depuis avril 2022 a été mon rayon de soleil, parce qu’ils aimaient chanter et rire autant que moi. Quelle fierté d’imaginer avoir enfilé tous ces mots français dans leur tête et d’écouter cette jolie chorale qui aurait mérité de monter sur scène… Alors on a fait « Santé ! » et on a dansé la farandole autour des tables de la classe.
Dernier envol vers le sommet de la Lotte, histoire de tester la solidité de mes ailes avant le long voyage. Je m’autorise même un petit cocktail « Aviation », pour aller encore plus haut…