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Non, je n’ai pas rêvé !

Merci Claude Durussel pour cette publication sur Caps TV qui me permet de me dire que non je n’ai pas rêvé … Quelle belle émotion de voir partir tous ces gens avec mon livre entre les mains, avec tous ces mots qui occupaient ma tête depuis tant d’années. Cela me donne le courage nécessaire pour me remettre au travail. Je suis de retour à Hanoï où la chaleur est toujours d’actualité. Merci et à bientôt j’espère !

https://www.youtube.com/watch?v=5J5e0hk1jdM

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La valise rouge

Me voici de retour dans ma demeure vietnamienne. Déjà assommée par la chaleur de ce lundi matin, j’essaie de me donner du courage en m’asseyant un instant pour vous raconter pourquoi je vous disais dans mon dernier message que la partie « bagages » est ce qui me déplaît le plus dans l’organisation du voyage.

Pourtant cette fois, je me sentais beaucoup plus sereine que lors de mon premier vol vers le Vietnam. La marge de temps était plus que réglementaire, je savais où j’allais, vers quoi je retournais. 

Quand je suis arrivée au guichet d’enregistrement à l’aéroport, après une interminable file d’attente, c’est pour m’entendre dire que mon bagage à mains pesait 5 kilos de trop. Eh oui, je ramenais quelques livres… Que faire de cet excédent ? Le basculer dans la grosse valise ? Spectacle garanti pour tous ceux qui s’ennuient dans la file d’attente. Courage, le public ne me fait plus peur.

Alors je déscotche la grosse valise que j’avais déjà eu des difficultés à fermer. La dame du guichet m’autorise à faire la navette vers elle pour peser jusqu’à ce que j’aie les cinq kilos excédentaires entre les mains. Eh non un livre de cette chère Comtesse ne pèse pas un kilo, ce qui aurait été trop pratique vu que j’en avais cinq. J’ai beau être d’une nature exagérément optimiste, je vois bien qu’il faudrait un miracle pour réussir à tout caler dans la grosse valise, mais j’essaie quand même. En transpirant de grosses gouttes de stress, je me dis que cette règle est nouvelle, je ne me souviens pas qu’on ait pesé mon bagage à mains. 

Si vous avez déjà voyagé, vous connaissez tous ce moment où on pose un genou sur la valise, puis le corps tout entier, pour tenter de relier deux moitiés que l’on voudrait tant voir réunies. Se sentir observé par une foule qui n’a rien d’autre à faire que d’attendre confirme l’expression « se donner en spectacle ». Pourtant je n’ai pas eu le temps de me relever pour voir si quelqu’un avait la délicatesse de m’applaudir. 

Mes tentatives ont duré jusqu’au moment où la fermeture éclair s’est cassée. Inutile de tenter avec celle qui partait à l’autre extrémité, le temps pressait, l’optimisme était dans le brouillard, il fallait agir vite. C’est-à-dire trouver une autre valise ou m’asseoir sur celle-ci et pleurer. 

Il n’y a pas de problème sans solution. La dame du guichet me confirme que « oui » je peux aller acheter une valise « non » je ne peux pas laisser mes bagages près du guichet. Alors départ avec ma valise béante, le sac plastique où j’ai remis les 5 kilos excédentaires, mon sac à mains et le bagage avion… Le temps presse. 

Un aimable vendeur m’accueille avec le sourire en me disant qu’il voit où est mon problème. Je n’ai pas le choix, il ne vend que des valises de qualité, ça m’apprendra à avoir remis le problème à plus tard. Déjà lors de mon premier voyage vers le Vietnam, ma valise avait montré des signes de fatigue. C’est depuis là que j’ai pris l’habitude de la scotcher en me disant à chaque fois qu’il faudrait songer à la changer. 

Ainsi j’achète la Rolls Royce des valises, rouge, on la verra mieux sur le tapis à l’arrivée. Je suis tellement stressée que je parle toutes les langues avec ce cher vendeur, allemand, anglais, italien, espagnol, il finit par me demander d’où je viens et me prouve qu’il parle aussi très bien le français. Ah la Suisse ! Quel paradis linguistique ! 

Quand j’ai fini de tout transvaser, il songe à me montrer où insérer le code, je n’ai pas le temps de le changer, j’essaierai de comprendre toute seule quand je serai arrivée. 

L’heure tourne, il faut payer et retourner à l’enregistrement – « Oui » j’ai bien contrôlé que j’avais tout pris (même si pendant tout le voyage je me suis demandé si j’avais transvasé aussi la clé USB noir). Je retourne au guichet du check-in, c’est la première fois que je suis la dernière… Est-ce pour cela que je me suis retrouvée en business-class sur le vol Zurich-Doha ? Peut-être, à moins que la dame du guichet ait eu pitié de mon marathon de stress. Malgré cela c’est au jeune couple juste devant moi dans la file d’attente que je pensais, je ne sais pas où ils allaient mais la dame ne voulait pas les laisser partir parce qu’ils n’avaient pas fait le test PCR. J’espère que leur histoire a aussi bien fini que la mienne.

À peine arrivée, je veux débarrasser ma nouvelle Rolls de son contenu. Si le vendeur m’a expliqué comment faire pour changer le code, il ne m’a pas montré comment l’ouvrir. Mince – je n’arrive pas à comprendre comment ça marche ! C’est vraiment trop bête, ça me rappelle mon arrivée au Népal, quand j’avais fini par devoir faire sauter la serrure pour un autre problème (dont je n’étais pas responsable cette fois-là). 

On se calme. On s’occupe d’autre chose. Si jamais j’appellerai ma joyeuse voisine du Népal, je suis sûre qu’elle aussi a une de ces Rolls, tant pis si elle se moque un peu de moi.

Et la magie opère… Je comprends. La valise s’ouvre. 

À la fin tout finit toujours par s’arranger. Et c’est la fin de l’histoire de la valise rouge… Heureusement, car il va falloir recommencer à se concentrer pour renfiler mon tablier de prof de français.

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Merci à tous !

Voilà, c’est de nouveau l’heure de penser aux bagages, la tâche que j’aime le moins dans l’organisation du voyage. 

Avant-hier mes filles m’ont emmenée sur les hauteurs d’Ascona pour escalader un rocher. Au milieu de la paroi m’est venue l’envie d’abandonner et de redescendre, mais j’ai réussi à atteindre le sommet, grâce aux encouragements de celles qui croyaient en moi. J’ai pu ainsi contempler un moment le lac Majeur dans toute sa splendeur avant de redescendre joyeusement en rappel.

L’écriture c’est un peu cela, on a souvent envie d’abandonner et même si on accède au sommet de la gloire grâce à la publication, il faut redescendre et se remettre dans la vie de tous les jours… Demain, je repartirai vers le Vietnam, je repars vers mon autre vie. Je sais que ce ne sera pas facile, mais si la facilité était ma compagne, je sais aussi que je n’aurais jamais écrit ce roman. 

Vu que de nombreux lecteurs ont désormais mon livre entre les mains, comme me l’a dit mon fils « Tu ne pourras plus dire que personne ne lit ce que tu écris ». Alors, bien que j’aie compris que sur le plan financier il vaut mieux continuer à pratiquer mon métier d’enseignante, la richesse des rencontres faites autour de cette Chère Comtesse m’a enrichi le cœur de beaux moments. 

Hier soir encore l’ascenseur émotionnel était en action, depuis le trac qui paralyse jusqu’à ce plaisir extrême provoqué par les applaudissements. Toutes mes vies tessinoises étaient réunies : le val Maggia, Ascona, Locarno, les compagnons d’aviron, des participants d’ateliers d’écriture, une ancienne collègue du lycée de Mendrisio et naturellement mes enfants bien accompagnés, qui m’ont aidée à vendre les livres et servir l’apéritif avec un délicieux rosé du manoir de Valeyres pendant que je m’exerçais à l’art de la dédicace. La salle de la bibliothèque de San Nazzarro n’est pas un lieu aussi historique que le manoir de Valeyres, mais la soirée était très chaleureuse et je suis sûre que la comtesse aurait été enchantée de cette magnifique vue sur le lac Majeur depuis la terrasse. 

Merci à tous !

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Retour vers le Tessin

Chère Comtesse,

Dans quelques heures je quitterai Valeyres. Je me mettrai en voyage vers le Tessin, ce canton que vous chérissiez vous aussi. J’emmène dans mes valises des livres pour faire connaître votre histoire aux francophones et francophiles de la Suisse italienne, j’espère qu’elle les intéressera. 

Mon voyage vers le sud ne ressemblera en rien à celui que vous avez fait avec votre Bande du Jura en 1857, puisqu’aujourd’hui on traverse le massif du Gothard avec le train en vingt minutes, par le plus long tunnel du monde, soit 57 kilomètres. 

J’ignore quel sera le destin de mon roman « Chère Comtesse – De Katmandou à Valleyres » mais je vous confie que c’est à chaque fois une belle émotion de voir les gens repartir avec cette promesse que vous allez voyager dans leur tête et resusciter toute votre famille ou vos proches sur la rivière du passé.

Hier, j’ai reçu un beau cadeau : le témoignage d’une amie qui vous a emmenée au bord du lac de Morat avec elle, une Française comme votre cher Comte, qui a vécu dans votre manoir et qui n’a plus jamais quitté ce joli village de Valeyres. La photo de sa lecture sur une table de camping m’a fait comprendre que je peux désormais vous laisser naviguer seule, ma promesse est tenue, je vous ai sortie de la tombe de l’oubli.

Bon voyage chère Comtesse !

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L’esprit de la grenouille

En buvant un café ce matin au bord de l’étang de mon frère, je repensais à toutes les grenouilles photographiées au Costa Rica. Celle-ci mérite bien un saut sur ma page, même si ses teintes sont moins éclatantes.

(…) L’esprit de grenouille emprunt de mystère

La facilite a passer de l’eau à la terre est une caractéristique de la grenouille. Ceux qui se sentent proches de cet animal totem pourraient naturellement avoir de la facilité à naviguer entre les différents plans d’existence, qu’ils soient physiques, spirituels ou émotionnels, et aimer jouer avec la magie de la vie et de la nature.

Notez que cet animal est actif la nuit et est souvent considéré comme l’animal favori de ceux qui s’adonnent à la sorcellerie et aux arts de la magie. Par analogie, cet animal totem est également associé aux mystères de la vie et à l’inconnu. (…)

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Ils méritent notre confiance

Ne juge aucun homme avant d’avoir marché avec ses mocassins durant deux lunes.

Proverbe amérindien

C’est à ce proverbe que je pensais hier en récoltant les patates douces chez mon frère, un travail pénible que je ne connaissais pas puisque c’est une nouvelle culture en Suisse depuis quelques années. La récolte se fait encore manuellement à cause de la délicatesse du produit, ce qui me rend admirative envers ceux qui font ce travail plus longtemps que ma journée d’exploration. 

Et si avant de glisser le bulletin de vote dans les urnes pour cette nouvelle initiative les gens prenaient le temps de discuter avec ceux qui travaillent dans le domaine agricole ?

Oui, m’a répondu mon frère, c’est « grâce » au réchauffement climatique que ce genre de culture a son avenir en Suisse. L’être humain n’a jamais cessé de chercher des solutions pour tenter de s’adapter aux évolutions (positives ou négatives). On ne devient pas agriculteur sans passer par de longues réflexions, des études et la pratique du métier pendant des années, ils méritent qu’on leur fasse confiance. 

D’autre part, je vis à l’étranger depuis quelques années, je vois bien que par rapport à la Suisse la conscience écologique pour la production agricole n’est pas aussi exigeante dans de nombreux pays et que ce serait risquer de devoir importer encore plus de produits dont la qualité n’est pas garantie. 

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Le pouvoir des livres

Quand je suis à Valeyres, mes promenades ne m’emmènent pas autour des lacs mais près des vignobles, le long des champs, dans les bois et sur les collines. 

Hier, l’émotion m’a mis les larmes aux yeux quand j’ai vu les deux belles roses qui ont été déposées sur les pierres tombales du Comte et de la Comtesse de Gasparin. 

Soudain, ce petit cimetière privé m’est apparu comme moins austère. Aussi loin que remontent mes souvenirs, jamais je n’y avais vu une fleur sur une tombe. Alors je suis descendue un instant saluer la mémoire de ces deux grands personnages. 

Je me suis assise sur le petit banc de pierre autour duquel s’épanouissaient de jolies fleurs de cyclamens sauvages. 

Et si les livres avaient un pouvoir ?

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De douces joies

Si on ne perd pas l’habileté et les gestes du sécateur, les quelques courbatures de ce matin me font comprendre que je suis désormais une citadine… Quelle chance que la promotion de mon livre (ma récolte à moi) coïncide avec une saison précoce pour la vendange. J’ai toujours adoré cette période de l’année, depuis le premier coup de sécateur jusqu’à la raclette finale, en passant par tous les petits plaisirs qui éveillent chaque sens. Le fromage des dix heures, le verre de blanc bien frais qui descend dans le gosier, le gâteau aux pruneaux et au chocolat d’hier m’ont rappelé ces douces joies. 

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Merci !

Merci à tous pour vos sourires, votre intérêt et vos commentaires ! J’ai aimé partagé avec vous la passion qui m’anime en ces lieux historiques ! Merci à ma famille, mes amis, aux gens de Valeyres ou des alentours. Oui, Valeyres s’écrivait autrefois avec deux -L-, ce n’est pas une erreur de l’imprimeur. Merci aussi aux descendants de Madame Valérie de Gasparin-Boissier d’avoir pris le temps de se déplacer pour saluer la publication de cette Chère Comtesse.

Hier, j’ai aussi découvert un charmant endroit que je vous invite à visiter si vous ne le connaissez pas : la librairie PADI à Orbe, un lieu où l’on sent rôder la passion pour les livres.

Je repense à cette dame qui m’a demandé si je vendais des crayons de couleur, je lui ai répondu que je ne vendais qu’un livre, alors nous avons commencé une sympathique discussion et la dame est repartie avec deux livres de cette « Chère Comtesse », sans oublier ses crayons de couleur. J’espère qu’avec ce roman je réussirai à vous transporter sur les ailes du passé de mon petit village et à vous emmener découvrir quelques sagesses récoltées au pays du Buddha.