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Le volcan Poàs

Quelle joyeuse surprise lundi dernier, puisqu’on nous avait placé un jour férié par erreur sur le calendrier de l’Alliance. Une aimable collègue a eu la bonne idée de proposer une excursion. Direction le volcan Poàs à moins d’une heure 30 de route de la capitale. Rassurez-vous (quoiqu’un peu d’animation ne m’aurait pas déplu), le casque n’a amorti aucune chute de pierres expulsée du ventre de la terre. C’est une précaution imposée à tout visiteur depuis la réouverture du parc en 2018 suite à l’éruption de 2017. Chaque volcan est surprenant. Celui-ci l’est par le fait qu’on ne s’attend pas du tout à un tel paysage quand on grimpe la montagne, puisqu’elle ressemble plus au paisible Jura par ses pâturages et ses vaches (sans cloches). 

Heureusement, nous avons été chanceux, nous sommes arrivés avant les nuages pour admirer le panorama et cet impressionnant lac acide au fond du cratère. 

N’imaginez pas y aller pour une journée fatigante ! Même si j’avais pensé y aérer mes chaussures de randonnée, depuis le parking, il suffit d’une petite marche de 10 minutes et on est déjà au bord du cratère. Impossible d’y flâner toute la journée, la couleur du casque nous trahirait. Le temps imparti à chaque visiteur est de 15 minutes, donc les casques verts devaient rentrer avant les casques rouges conformément à l’heure de départ. 

Allez j’irai en voir d’autres, l’important c’était surtout de sortir le nez de nos copies et de s’asseoir un moment dans un bon restaurant avec mes collègues.

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Les mots

Ah comme il me semble lointain le temps où j’avais tout ce temps pour vous raconter quelque singerie. Cette nouvelle mission aura au moins le mérite de me faire comprendre que l’écriture dépend de ma capacité à savoir perdre mon temps. Les mots ne viennent pas sur commande, ils viennent quand l’esprit est à l’écoute et qu’il a le temps de flâner, mais pour l’instant les copies et les plans de cours squattent toute la place. 

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Joyeuses Pâques !

Voici un œuf un peu spécial pour vous souhaiter de Joyeuses fêtes de Pâques ! Promesse d’un demain plus vert je l’espère, parce que ce qui ne nous tombe pas sur la tête peut être le fruit du futur. 

Eh bien non, par ici les lapins en chocolat ne courent pas les rues (ni les supermarchés) et je n’ai personne avec qui faire « croquette » pour la traditionnelle salade aux œufs. De toute façon les usages se perdent me direz-vous ! Tant pis, il nous reste les souvenirs des Pâques d’antan. Les œufs, je les ai roulés, lancés et cachés au fil des années, un jour je recommencerai.

L’œuf – depuis longtemps symbole de renaissance, promesse de vie à venir, régénération du cycle de la vie… alors puissent ceux de cette année contenir la promesse de la fin de tout ce cirque et que la jeunesse ait à nouveau le droit à l’insouciance et aux bêtises dignes de son allégresse !

Ma fille me raconte que samedi il n’y avait plus un seul lapin en chocolat dans les magasins, se demandant si c’étaient les touristes (qui ont envahi le Tessin) qui avaient tout pris. Moi, je m’interroge : sont-ils aller faire un tour à la nage du côté du canal de Suez.

Mon fils, lui, me confirme qu’on peut encore skier à Bosco Gurin pendant une semaine, difficile à imaginer quand on vit sous les Tropiques.

À mes amis français pour qui le mot ski résonne comme un film de science-fiction, je leur dis : « Rassurez-vous, d’ici l’hiver prochain, puisqu’il a enfin compris qu’on est mieux dehors que dedans, votre gouvernement aura aussi réalisé que les sports de glisse peuvent aider dans la lutte contre les microbes ».

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Procession pascale

Me voici de retour dans mon petit chez moi, comme la fraîcheur y est agréable ! J’ai demandé au chauffeur de taxi qui me ramenait du terminal des bus si on pouvait assister à quelque procession pendant ce week-end pascal. « Oui, m’a-t-il répondu, mais virtuel. » Alors il faudra peut-être attendre une année pour voir des traditions plus réelles. 

Vu le nombre de Ticos qui se sont déplacés vers les plages du pays pour profiter de ces quelques jours de congé, j’imagine par conséquent qu’une autre forme de procession se déroulera le long des routes du retour vers la capitale dimanche soir. 

Pendant ces quelques jours, je crois avoir mieux compris un peu de l’esprit du « pura vida » local : arriver avec sa voiture pleine d’amis ou sa famille jusque sur le bord de la plage, beaucoup de musique, de la bière fraîche, des grillades qui vous mettent en appétit à n’importe quelle heure, des ribambelles d’enfants inondés de sourires, des éclats de rires quand la marée monte et inonde son voisin, des sauts de joie dans les vagues et le bonheur infini de contempler le coucher de soleil tous ensemble. Si la musique du voisin ne plaît pas, on augmente le volume de la sienne, sans craindre la cacophonie pour celui qui se trouve au milieu. J’ai bien aimé me faire chahuter par les vagues, essorer même parfois quand on ne voit pas venir leur violence, ensabler aussi, car la tranquillité n’est que dans le nom du Pacifique, ses courants sont puissants, poussent vers le rivage puis aspirent vers le large. 

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Parc national de Manuel Antonio

Je suis à Manuel Antonio à côté du parc national du même nom. Hier, j’ai visité ce dernier dès 7 heures (on vit au rythme du soleil sous ces latitudes), afin de profiter du calme avant l’arrivée de la horde de touristes. La promenade y est agréable et les plages pour s’y tremper nombreuses. Je ne dis pas pour s’y rafraîchir parce qu’on peut y rester une heure, on ne ressent toujours pas le moindre frisson tant l’eau est chaude. L’air chargé d’humidité me rappelle que je suis bien dans un pays tropical, mais ces grosses gouttes de sueur valaient la peine pour les quelques rencontres animalières au milieu de cette végétation luxuriante.

Je viens de discuter avec la femme de ménage qui me disait qu’elle avait peur de faire le vaccin parce qu’elle ne voulait pas mourir. Elle m’a bien fait rire en disant que vu que le plus vieux du pays (qui a 120 ans) vient de recevoir sa deuxième dose, s’il ne meurt pas, ce sera la preuve que ce n’est pas dangereux et elle le fera. J’ai eu beau lui dire qu’il pourrait mourir d’autre chose à son âge, je ne crois pas l’avoir convaincue… 

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Les as de la vague

Ce soir, peu avant le coucher de soleil la marée était très haute, la baignade dans le Pacifique était réservée aux plus courageux. J’adore admirer ces champions de la vague qui surfent sur l’eau comme nous le faisons sur la neige. Pour un instant de bonheur ils n’ont pas peur de se faire chahuter dans la violence de cette force marine. 

Oui, c’est auprès de cet indomptable océan que je suis venue me ressourcer. La nature y est abondante, la température chaude et humide. Même si on porte le masque pour aller au supermarché, on en oublie presque que tout là-bas ils parlent toujours de confinement et de troisième vague… peut-être parce qu’ici les vagues ne s’arrêtent jamais…

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V comme …

Voilà ! Enfin des vacances ! L’hôtel et le taxi sont réservés… il ne me reste plus que l’étape la plus importante : trouver une place dans un bus qui devrait m’emmener vers la découverte. Rien n’est simple, puisque chaque destination part d’un autre terminal, mais je sais qu’à la fin tout finit toujours par s’arranger sinon c’est que… 

Heureusement, mes étudiants m’ont laissé une cinquantaine de copies à corriger, moins lourdes sur l’ordinateur que si je devais les emmener dans mon sac à dos. Eh oui, vous l’aurez compris, au Costa Rica (en tout cas ce que j’en vois dans la capitale), on aime le travail et j’ai la chance d’aimer le mien, ce qui ne m’empêche pas d’être heureuse d’avoir une semaine pour reprendre mon souffle. 

J’ai l’impression d’être comme le Petit Prince, mon seul souci est de laisser ma plante seule sur le balcon.

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Cher ami,

Si je vous ai fait quelque infidélité dimanche dernier, c’est qu’il m’est venu une lubie : aller saluer mon copain le Pacifique, histoire de ne plus penser au travail pendant une journée. Même si je n’étais pas sûre de réussir cette mission du premier coup, je me suis dit qu’il était temps de savoir comment prendre le bus pour sortir de la ville.

Bingo, j’ai mon ticket de bus cinq minutes avant l’heure du départ. À peine plus de deux heures plus tard, je contemplais les rouleaux de ce vieil ami et lui adressais ce petit message :

« Ah mon cher ami Pacifique,

Je t’ai enfin retrouvé ! Que tu sois canadien, américain, mexicain, péruvien, colombien ou costaricien, quel bonheur de respirer ce souffle de liberté. Certes ma visite ne durera que quelques heures, pourtant je ne regrette en rien cette décision impulsive et je sais désormais comment arriver jusqu’à toi. Ton eau est si chaude qu’on se croirait dans une baignoire, mais l’écume sur tes eaux pas du tout pacifiques ramène vite à la réalité de ta puissance… »

Si je n’y suis pas retournée ce week-end, malgré la tentation, c’est parce que tant de gens avaient eu la même idée que moi et le retour a duré plus de quatre heures, alors on attendra les vacances.