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Croisière de rêve

Puisqu’ici il va me falloir désormais travailler le samedi ET le dimanche, je repars en croisière (dans ma tête) pour respirer un peu de ce vent agréable parfumé des senteurs de la liberté. Je remonte sur le pont et m’installe sur ma petite terrasse pour laisser mes pensées se faufiler entre les bijoux de jade…

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La légende de la baie

Allez, quittons les lacs, éloignons-nous un peu de la grande ville à la découverte d’autres grandeurs. La baie d’Along doit être dans l’inconscient collectif de tous, c’est là que je vous emmène pour faire durer cette mini-croisière de vingt-quatre heures que j’ai faite durant le week-end. 

Deux légendes racontent l’origine de cette étrange configuration géologique. Je vous offre ma préférée :

« L’empereur de Jade avait envoyé la mère Dragon et ses petits pour protéger les Vietnamiens des guerres alentour. En descendant sur Terre, le Dragon et sa progéniture avaient semé ci et là de nombreux bijoux de Jade et une multitude de perles dans la mer. En touchant l’eau, ces pierres précieuses se seraient transformées en d’immenses roches encore visibles aujourd’hui, empêchant les envahisseurs venant de la mer d’arriver sur les côtes vietnamiennes. »

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12. Lac Vān Chu’ong

Me voici au bord du lac Vān Chu’ong, le numéro 12 (je sais, vous n’avez pas vu le 11 mais la photo n’était pas terrible). Puisqu’il fait partie désormais de mon paysage, intéressons-nous au « nón lá », le chapeau conique typique des Vietnamiens.

Il existe depuis l’Antiquité, il protège du climat tropical, du soleil comme des fortes pluies de la mousson.

(…) Les chapeaux de forme conique furent longtemps réservés aux hommes, alors que les femmes portaient un chapeau plat comme le Nón Ba Tầm des femmes de Hanoï.

Autrefois, il existait des formes de chapeaux différentes selon la fonction du porteur : le chapeau des brus ; celui des bonzes, fait de feuilles très grossières et doté de très larges bords comme les coiffures de grand deuil ; celui des mandarins qui était laqué et souvent couvert de plumes. Certains chapeaux faits de bambou, au sommet serti dans une petite garniture de métal étaient autrefois l’apanage des soldats (…)

Vu que le casque est obligatoire pour les scooters et les motos, il n’est plus aussi courant qu’autrefois, mais on le voit encore beaucoup dans les rues d’Hanoï. Espérons qu’il ne deviendra pas progressivement un simple article pour touristes. 

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Rivière de deux roues

Ma nouvelle vie ne se résume pas aux promenades lacustres. Grâce à mes expériences népalaises j’ai été tout de suite courageuse pour les déplacements en moto taxi. En réalité je n’avais pas le choix, puisque je dois me rendre deux fois par semaine à l’université pour donner des cours. Comme j’y vais à l’heure de pointe, bien qu’il y ait moins de 9 kilomètres, il me faut environ une heure pour y arriver. Même si j’ai connu le trafic chaotique de Katmandou, je reste à chaque fois stupéfaite devant cette rivière faite de millions de deux-roues qui circulent dans la ville et se faufilent entre les voitures.

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9. Lac Thanh Nhàn

Chaque petit lac semble avoir son art de vivre et ses pêcheurs. Le lac Thanh Nhàn est charmant… Mais le plus grand évènement de la journée explique mon enthousiasme : j’ai vu le ciel bleu au-dessus d’Hanoï… eh oui, c’est possible, je pensais que j’étais condamnée à noyer mon regard dans la grisaille du smog. Ainsi cela prouve que la pluie d’hier a nettoyé les nuages. 

En faisant le tour du lac, j’ai mimé une question à un groupe de pêcheurs qui rigolaient au bord de l’eau, je voulais être sûre que le chemin sur lequel j’étais m’amènerait de l’autre côté du lac. L’un des plus âgés a bougé la tête d’un mouvement qui semblait dire oui. Puis il m’a demandé en russe si je parlais russe. Étonnée qu’on parle cette langue au Vietnam, j’ai répondu avec mes notions élémentaires de russe que je le parlais un petit peu. 

À peine rentrée à la maison, il m’a suffi d’une question sur le moteur de recherche pour découvrir pourquoi certains vieux parlaient le russe au Vietnam. 

(…) 

Les troupes soviétiques ont joué un rôle important dans la défaite la plus amère que les États-Unis aient subi au cours de leur histoire.

L’intervention américaine en Indochine ne pouvait pas laisser l’Union soviétique indifférente. Un mois seulement après le lancement en mars 1965 de l’opération Rolling Thunder, des bombardements réguliers du Nord-Vietnam, les premiers systèmes de missiles sol-air soviétiques et les spécialistes militaires qui les desservaient ont commencé à arriver dans le pays à la demande du gouvernement de la République démocratique du Vietnam.

Pendant toute la guerre, Moscou a livré à Hanoï 95 systèmes de missiles sol-air guidés S-75, plus de 500 avions, 120 hélicoptères, plus de 5 000 canons antiaériens et 2 000 chars. Plus de 10 000 spécialistes militaires soviétiques ont été envoyés dans le pays pour fournir une assistance internationale efficace : balisticiens, pilotes et agents des transmissions, membres d’équipages de chars et médecins.(…)

Sachant ce qui s’est passé de terrible dans ce pays pendant vingt ans, mon seul vœu  est qu’un jour une telle atmosphère de quiétude puisse régner en Ukraine.

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8. Lac Truc Bac

Une étroite bande de terre recouverte d’une route sépare le Lac Truc Bach du lac de l’Ouest. C’est le lac des cygnes… non pas les oiseaux, ni les danseurs mais des pédalos qui valsent sur le lac et lui donnent un air très romantique… Au XVIIIème siècle, les seigneurs Trinh y construisirent un palais au bord de l’eau. Plus tard, le palais fut transformé en maison de correction pour les concubines impériales ayant trahi leur maître. Elles étaient condamnées à tisser une soie blanche très fine.

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7. Lac de l’Ouest

Le lac de l’Ouest a trois noms : le premier certainement parce qu’il est à l’ouest de la ville, le deuxième – le Grand Lac – parce que c’est le plus grand lac d’Hanoï – et le Lac des Brumes. C’est ce nom-là que je choisirais pour expliquer combien il est difficile de le photographier tant l’horizon y semble gris. 

Mes pieds peuvent témoigner de sa grandeur, j’en ai fait le tour hier, quatorze kilomètres de circonférence sur un sentier parfois encombré par les deux roues qui le confonde avec un parking (comme dans le reste de la ville). C’est sur ses rives que choisissent de s’installer de nombreux expatriés dans des quartiers plus luxueux que là où j’ai trouvé mon appartement. C’est vrai que la zone a du potentiel pour ressembler à la rade de Genève ou aux quais d’Ouchy et de Montreux.

Quand on arrive dans un nouveau lieu, ce n’est pas toujours évident de retrouver son chemin. Finalement, grâce aux lacs, dont j’oublie très vite le nom mais que je numérote dans ma tête, je m’oriente chaque jour un peu mieux dans cette ville gigantesque. Je me dis aussi que j’ai bien fait de faire le plein de ciel bleu pendant mon séjour en Suisse, parce que je ne sais pas si un jour je verrai un ciel bleu au-dessus de cette immense capitale plongée dans un éternel nuage de smog. Et j’avoue que tous les beaux discours écologiques que l’on a en Europe me semblent un pet dans l’eau quand on voit la situation sur les autres continents. On ne peut leur en vouloir puisqu’ils accèdent au développement en suivant notre modèle économique. Ainsi les millions de vélos qui circulaient autrefois dans les rues se sont transformés en scooters ou en motos. Tout cela se traduit par un sacré chaos aux heures de pointe, une rivière de deux roues qui risque d’être encore plus impressionnante quand la saison des grandes pluies arrivera…