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J’aurais dû…

Aujourd’hui devait être un grand jour. Ce matin à l’aube j’aurais dû partir en trek. J’aurais dû enfiler mes chaussures de marche pour dix jours. Je voulais me rapprocher du géant. J’espérais partager avec vous quelques photos du Toit du Monde… Non, je n’avais pas l’ambition de m’aventurer sur ses sentiers. Non, je ne cherchais pas à me mêler à la foule des conquérants. Je voulais simplement regarder de loin en toute humilité. Alors tant pis, je reste chez moi, me contentant des trois étages de dénivelé et je regarde mes souvenirs pour m’envoler vers un ailleurs. Peut-être aurait-il été indécent de songer au Toit du Monde alors que tout le Monde guerroie contre un ennemi invisible.

Hier, nous avons eu une réunion diplomatique au sommet (de notre terrasse) entre la France, la Chine, le Népal et la Suisse. Les relations internationales sont bonnes. Ma voisine a réussi avec succès son trek jusqu’au centre de ravitaillement. J’ai compris, avec la larme à l’œil, que Scooty devait rester confiné, parce que pour échapper aux barrages de police on ne peut compter que sur Pedipus-Gambus.

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Quatrième jour de confinement

Dites-moi si je me trompe, mais le Népal doit être le seul pays au monde où on a demandé le confinement de la population alors que le Covid 19 n’a pas encore fait une seule victime. Pourtant, depuis le début de la crise, je me demande si on nous dit tout, alors j’obéis, je reste chez moi…

De toute façon, si j’en crois l’aventure d’hier de ma voisine française et mon voisin népalais, il vaut mieux obéir, car je pense que les mesures sont des plus sévères ici. J’ai l’impression qu’ils analysent ce qui se passe dans les autres pays et copient les règles les plus strictes afin d’être sûr que la tragédie royale ne puisse pas s’étaler sur le territoire népalais. Si je dis cela, c’est parce qu’on nous répète toutes les mesures d’hygiène vues partout ailleurs, sauf que… je n’ai vu nulle part l’interdiction de cracher. Si je n’ai jamais pu m’habituer à cette sale habitude des gens qui crachent partout, je trouve cela encore plus intolérable dans une telle situation et m’étonne que personne ne pense à l’interdire. Si quelqu’un a l’occasion de lui demander, j’aimerais bien avoir l’avis du docteur Cymes sur la question.

Revenons à l’aventure de mes deux voisins, partis à moto en ravitaillement, puisque logiquement nous n’avons le droit de sortir que pour aller acheter des produits de première nécessité. Arrivés à 500 mètres de chez nous, près de Durbar Square (la photo*, sans les gens), ils sont arrêtés par la police et plutôt malmenés. Impossible de discuter, on reproche même au Népalais de se balader avec une étrangère. L’agressivité avec laquelle ils sont traités me fait découvrir une facette du pays que je ne connaissais pas. Non, ils ne peuvent pas sortir pour aller faire leurs courses, mais on ne leur explique pas comment nous sommes censés faire. Le policier prend la clé de la moto, leur ordonnant de rentrer à la maison à pied, et qu’il pourra récupérer sa moto à partir de 18 heures. À côté de lui, un autre policier tient un bâton et semble prêt à taper si l’on tente un geste récalcitrant. Je demande pardon à ma voisine si j’ai ri quand ils m’ont raconté leur mésaventure, mais c’était aussi une façon d’exprimer mes émotions et de soulager un climat de tension…

Nous ne sommes qu’au quatrième jour de confinement, j’ai encore de quoi « survivre » pour quelques jours… je sais qu’ici tout finit toujours par s’arranger, restons confiants.

Programme de la journée : je vais peut-être tenter une excursion jusqu’au rez-de-chaussée (je suis au troisième étage) pour aller porter ma poubelle… ce n’est pas le même dénivelé que celui auquel j’aspire, mais il faudra s’en contenter.

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Tout est calme

Ici tout est calme, plus d’avions sur notre tête, presque plus de coups de klaxon dans la rue. Je ne pensais par que les Népalais seraient aussi disciplinés. C’est vrai qu’ils ont traversé des périodes bien plus inquiétantes que le Covid 19, puisque de 1996 à 2006 il y a eu une guerre civile, et en 2015 un terrible tremblement de terre, dont on voit encore les dégâts. Je me demande tout de même comment survivent les plus démunis…

Dans notre petit immeuble, la vie s’organise entre les thés sur la terrasse, les repas, la lecture (en espérant qu’il y en aura assez pour la durée du confinement), l’écriture, l’émission C à vous (qu’heureusement je trouve sur YouTube) ou quelque film. Je me moque gentiment de ma voisine quand elle fait sa Française (elle râle), et on rit de nos différences. On voit de moins en moins notre voisin chinois. Je crois qu’il a peur d’être contaminé (quel paradoxe tout de même). Il cherche un petit coin de terrasse pour sauter à la corde ou pour faire du jogging sur quatre mètres carrés. Il y a aussi le chien de notre voisine du premier, partie en France pour une courte visite au moment où la France se confinait, restée bloquée là-bas depuis. Son ami népalais est depuis notre nouveau voisin et le gardien de son chien.

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Serrer des mains

Bien que le temps patine, bien que les aiguilles s’arrêtent sur le cadran de la vie, dehors les oiseaux chantent, le printemps inonde le paysage et l’être humain comprend qu’il n’est maître de rien… Naissance ne rime pas avec mort… comme départ ne rime pas avec arrivée… pourtant c’est le même chemin. L’attente sera-t-elle la gagnante ? Pendant que des soldats en blouses blanches luttent contre cet ennemi invisible, je voudrais être sur le champ de bataille, montrer combien je suis brave au combat… mais mes ressources ne sont que des mots pour tenter d’apaiser les maux de ceux qui prennent congé de leur proche dans le silence et la solitude. Même si la toile virtuelle s’étend aux quatre coins de la planète, je sais qu’il y a des moments dans la vie où une poignée de main transmet plus de réconfort qu’une multitude de messages désincarnés… Je voudrais pouvoir serrer des mains de tous ces endeuillés du silence…

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Le tic-tac pour ne pas devenir toc-toc

Hier je vous racontais l’histoire du temps qui s’était arrêté sur le cadran de ma montre. J’ai alors pensé que je pourrais réapprendre à lire les heures dans le ciel, comme quand j’étais enfant et que j’attendais impatiemment l’heure du thé quand nous travaillions dans les champs.

Quelques heures plus tard, j’ai voulu ranger ma montre au fond du tiroir, oublier le passage du temps. J’ai alors surpris la course de la grande aiguille… Le mécanisme s’était remis en marche. Après le choc, ma montre aussi avait eu besoin d’une pause, elle avait laissé le temps se débrouiller sans elle, le temps avait filé trois heures en avant, mais elle se remettait dans la course sans rien changer à ses habitudes, suivant toujours son rythme saccadé, sans même essayer d’accélérer le pas. Alors, j’ai actionné la tige du remontoir et l’ai aidée à rattraper le temps perdu.

Ici à Katmandou, nous sommes désormais censés rester chez nous depuis ce matin six heures. Une jeune Népalaise est rentrée au pays depuis la France et a ramené dans ses bagages le virus au nom de bière. Elle est désormais à l’hôpital et sa famille en quarantaine… on recherche tous ceux qui ont eu un contact avec elle. Sachant le nombre de rapatriements qu’il y a eu ces derniers jours dans tous les sens sur les routes du monde (surtout les avions), c’est certain que ce royal désastre se sera encore plus propagé aux quatre coins de la planète.

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Quand le temps s’arrête

Ce matin, mon premier geste a été de provoquer la chute de ma montre… Et le temps s’est arrêté sur le cadran. Zut alors ! Non ce n’était pas prémédité. Même les grands horlogers suisses ont arrêté leur production. Me voilà condamnée à faire comme tout le monde, regarder l’heure sur mon téléphone… Mais n’est-ce pas cela cette crise mondiale, suspendre le temps ? Attendre la vague et la regarder s’éloigner… Je parle bien sûr de gens comme moi qui n’ont pas un métier qui leur permettent d’agir sur le champ de bataille… Attendons, échangeons et prenons la vie avec philosophie.

Depuis aujourd’hui, les avions ne passent plus au-dessus de chez nous, nous ne devrons plus interrompre nos discussions sur la terrasse. Je garde dans mon cœur l’image de l’avion ci-dessous, parce que c’est l’avion dans lequel étaient assis ma fille et son compagnon quand ils sont repartis du Népal en janvier…

Dans la rue, les voitures et les motos continuent de klaxonner, les gens continuent de se racler la gorge avant de cracher par terre (même s’ils ont appris à se laver les mains toutes les heures). Hier, j’ai vu de nombreuses personnes le long de la route principale. Ils attendaient avec leurs bagages, tous prêts à faire un long voyage pour rejoindre leur village, pour s’éloigner de la capitale. Alors que les regroupements de plus de vingt-cinq personnes sont interdits, j’ose espérer que le virus n’est pas lui aussi monté dans ces bus qui dépassaient de loin le nombre autorisé.

avion

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Dernières nouvelles de Katmandou

Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit.

Marguerite Duras

Me voici plus que jamais au chômage technique. Toutes les écoles sont maintenant fermées ici et l’on s’organise pour mettre sur pied des cours en ligne. Impossible d’arriver ou de quitter le Népal depuis demain. On continue à nous dire que pour l’instant le Coronavirus n’est pas dans le pays, mais le gouvernement préfère prendre des mesures de précaution, sachant que le système sanitaire ne résisterait pas à une crise telle que celle qui sévit en ce moment en Europe. À l’entrée des magasins ou des banques, un employé nous asperge désormais du gel désinfectant, mais les bus sont toujours bondés. Espérons que ces mesures seront efficaces. Mes projets de trek sont annulés, alors je voyagerai dans le monde imaginaire…

Si vous êtes confinés (ou pas), vous me feriez un véritable plaisir en répondant à ma publication du 19 mars, laissez venir les mots avec les lettres de votre prénom… Courage, nous sommes tous les potiers de cette crise. Merci d’avance !

poterie

 

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Quand l’imagination s’envole

Kiosque à musique silencieux

Amitié virtuelle réconfortante

Tranquillité inhabituelle

Mouvement de foule fantomatique

Allons Enfants de la patrie

N’oublions pas ce monde merveilleux

Dans notre imaginaire libre d’aller

Oublions nos peines passagères

Unissons la force de notre imaginaire

 

Petit exercice de style : écrivez un acrostiche avec votre prénom (avec le prénom de votre père pour ceux qui fêtent la Saint Joseph ou avec le message que vous voulez faire passer) et postez-le ci-dessous.

Kat.2

 

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J’ai cueilli cette fleur pour toi

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.

(…)

Victor Hugo

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Des scènes de folie

J’observe à distance ce qui se passe en Europe et cela m’inquiète un peu. Je ne veux pas parler de la maladie mais du fait que l’on demande aux biens portants de rester confiné chez eux. Je vois bien que même si certains font preuve de bon sens, on a tôt fait de les faire se sentir coupables de ne pas penser aux plus faibles. Oui, il va y avoir des malades, mais il fut un temps où c’était la solidarité qui faisait que les gens ne craignaient pas d’être contaminés à leur tour pour tenter de soigner les malades. Pardonnez-moi, mais je ne crois pas que cela empêchera au virus de circuler, et même si cela devait, imaginez qu’on vous demande de répéter ces scènes de folies à chaque menace. Je m’interroge sur nos sociétés aseptisées où tout est un droit, où tout est un dû, où tout est basé sur l’individualisme. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours constaté que c’est le grand air (l’activité sportive ou le travail) qui nous permet de rester en bonne santé. Une de mes étudiantes m’a dit l’autre jour que le virus ne s’attaquait qu’aux pays riches. Je ne sais pas si le Népal est épargné, au début, quand cela a commencé chez nos voisins chinois, on nous a parlé d’un cas et depuis plus rien. Personnellement je pense qu’on ne nous dit pas tout, mais je constate que la société ici, qui fonctionne avec l’esprit de la collectivité, continue de rire, continue de cracher par terre, continue de marcher dans la foule, continue de vivre… et ne fait pas de réserves de papier de toilettes (pour ceux qui en utilisent). Qu’on pense qu’on va protéger les gens en fermant les stations de ski, les salles de sport, etc. et qu’on leur demande de rester chez eux devant leurs écrans à surveiller le compte des morts par pays… êtes-vous prêts à tout cela ? Alors bon courage, et si vous vous ennuyez, relisez le Hussard sur le toit de Jean Giono !

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