Ah voilà que c’est de nouveau lundi… et pas congé. Eh oui, la routine a toujours eu cet effet sur moi. Peu importe que j’aime ou pas ce que j’ai à faire, c’est comme si on éteignait la lumière dans mon cerveau.

Ah voilà que c’est de nouveau lundi… et pas congé. Eh oui, la routine a toujours eu cet effet sur moi. Peu importe que j’aime ou pas ce que j’ai à faire, c’est comme si on éteignait la lumière dans mon cerveau.

Ce n’est pas encore cette année que je vais rouler les œufs dans les Pâquerettes en collerette, ni croquer une délicieuse salade aux dents-de-lion après avoir fait croquette. Je n’ai pas vu la moindre ombre d’oreilles de lapins en chocolat sur le territoire ouzbek, alors je vous promène encore un peu à Khiva, où j’ai croqué au passage quelques scènes de famille, et je vous souhaite de JOYEUSES FÊTES DE PÂQUES !

Ce ne sont pas les 120 hautes marches en colimaçon du minaret Islam Khodja qui vont me décourager. Allez ce sera bon pour l’entraînement ! Surtout que je vais en avoir besoin, même si je ne le sais pas encore. Pourquoi ? Parce que quand je rentrerai à Tachkent, je serai sans ascenseur pendant 3 jours pour monter (et descendre bien sûr) les 280 marches qui vont jusqu’à mon 12ème étage. Mais restons encore un peu à Khiva. Un minaret comme celui-ci peut avoir trois fonctions : religieux (c’est d’ici que le muezzin appelle à la prière), militaire (c’est un excellent point d’observation pour prévenir les attaques) et un repère que l’on aperçoit au loin pour ne pas se perdre dans le désert.
Et c’est vrai que la vue en vaut l’effort…

Beaucoup m’avaient parlé des citadelles fortifiées dans le désert à visiter depuis Khiva. On est dans la région de Khorzem. Au nord il y a le Karakalpakstan, à l’est la région de Boukhara, au sud et à l’ouest le Turkménistan. Ici le mot « école » ne s’écrit pas « Maktab » (en ouzbek) mais « Mekteb ». Eh eh ! je fais ma maline puisque c’est un des seuls mots d’ouzbek que je connais. Maktab = là où ils écrivent…
L’avantage du voyage en solitaire est qu’on est toujours plus
ouvert aux rencontres. À la table du petit-déjeuner de la charmante Guest-house
où je loge, une Anglaise me propose de partager un taxi vers la découverte.
Alors, me voici partie avec cette aimable compagne vers le désert pour visiter
trois citadelles.
Ma préférée est Toprak-Kala pour tout le passé qu’évoquent
ses ruines. Située sur une colline fortifiée, elle est considérée par les
historiens comme l’ancienne capitale du Khorzem. Les premiers vestiges
dateraient du 1er siècle avant J.C. Entre 1945 et 1950, les fouilles du
chercheur russe soviétique Sergueï Tolstoï ont révélé les ruines d’un palais de
150 salles qui aurait servi de lieu de résidence aux rois des 2ème et 3ème
siècles. De nombreux tableaux y ont été découverts, mais il faut aller jusqu’à
Saint Pétersbourg pour les voir, puisqu’ils sont exposés au musée de
l’Ermitage.
J’aurais bien aimé y arriver à cheval, ou à dos de
dromadaire, car le désert alentour invite au déplacement dans la lenteur pour
mieux s’imprégner des siècles passés…

kala.htmhttps://www.advantour.com/fr/ouzbekistan/karakalpakstan/toprak-kala.htm
Sur la grande place de Khiva, on comprend facilement à quoi servent ces étranges constructions. En effet, durant toute la journée on y voit des femmes qui cuisent le pain. Ces grands fours d’argile sont appelés « tandyr ». Le pain (lepyochka) est une nourriture sacrée pour les Ouzbeks, chaque région a sa spécialité et le prépare avec un levain différent. Si j’en crois les rumeurs, le meilleur est celui de Samarcande.
À Khiva, la fabrication de ces pains ronds est une véritable animation et je ne sais comment vous décrire l’agréable fumet qui envahit la place à chaque fournée.





Comme toujours, rien de tel pour recharger les batteries qu’une petite escapade vers l’inconnu. C’est donc avec joie que j’accueille ce long week-end pour Navrouz le 21 mars. Cette fête païenne d’origine persane, célèbre la renaissance de la nature et le début du printemps / – No = nouveau – Rouz = jour. / C’est l’occasion de faire le grand ménage dans les maisons, les cours, les rues et les écoles. Tout doit être propre. Étant donné que c’était déjà propre chez moi, je suis partie explorer Khiva, la troisième destination incontournable de l’Ouzbékistan. À l’intérieur d’une haute muraille, la ville dégage une atmosphère magique et très tranquille où il fait bon flâner. Je n’ai pas vraiment vu comment les Ouzbeks fêtaient Navrouz, c’est surtout un jour de festin dans les familles, et comme il pleuvait le 21 mars, aucune fête n’était organisée dans les rues de Khiva.


Petite fête à l’Ambassade de France hier soir à l’occasion de la journée internationale de la francophonie du 20 mars. Pour mettre en lumière cette langue qui me permet de tant voyager (physiquement ou mentalement) c’est à nouveau du « Petit Prince » de St Exupéry dont j’ai envie de vous parler. Où que je sois, j’aime mettre ce texte à l’honneur. Pour exercer la lecture à voix haute, nous sommes en train de le lire avec une classe de huitième. Nous en étions au chapitre IX hier. Comme il y a beaucoup d’élèves qui aiment dessiner, j’ai proposé à trois adolescentes de reproduire le texte au tableau pendant que d’autres le lisaient.
En les écoutant lire, je repensais à ce que j’ai entendu l’autre jour :
Ah bon, voilà donc le mystère ! Alors écoutons la fin du chapitre :
Et elle montrait naïvement ses quatre épines. Puis elle ajouta :
« Ne traîne pas comme ça, c’est agaçant. Tu as décidé́ de partir. Va-t’en. »
Car elle ne voulait pas qu’il la vît pleurer. C’était une fleur tellement orgueilleuse.
Si j’aime les mots, je suis restée bloquée au niveau de mes 7 ans pour mes talents de dessinatrice. C’est la raison pour laquelle je suis toujours fascinée par ceux qui savent reproduire la forme physique d’un mot avec une image. Pour fêter la francophonie je partage avec vous le résultat de nos trois artistes.
Bravo à Nino, Arina et Nigora !



Tempête de neige ce matin… Et bien non, le printemps n’est pas encore au rendez-vous. Vu la chaleur du mois d’août, j’avais de la peine à les croire quand ils me disaient que l’hiver serait froid. Voir aussi souvent neiger dans cette capitale située à moins de 500 mètres d’altitude, c’est aussi une surprise, surtout parce qu’on est plus à la latitude d’Athènes que de celle de Genève…

Comme je n’ai pas toujours le nez plongé dans le calendrier, je n’avais pas vu que le 8 mars était un jour férié en Ouzbékistan. Agréable surprise de voir que l’on fête les femmes dans ce pays. Eh oui, on n’a pas gardé le 1er mai férié du régime soviétique, mais l’honneur aux femmes est resté.
Si beaucoup offrent des fleurs, la tradition n’est pas d’offrir un brin de mimosa. J’ai été gâtée hier et j’ai des réserves de chocolat, de thé ou de café pour jusqu’à la fin de mon séjour dans ce pays.
Pourquoi était-ce une surprise que l’on fête les femmes ici ? C’est parce que ce que je vois dans le système éducatif ouzbek n’est pas toujours en accord avec ce auquel je crois : la laïcité.
Le sujet est délicat, mais je ne sais pas être autrement que sincère. Oui, cela me met mal à l’aise d’enseigner dans des classes où il y a des filles qui portent le hijab. Puisqu’avec l’ancien président de l’Ouzbékistan ce n’était pas autorisé, j’en déduis que c’est un choix délibéré du président actuel. C’est étonnant venant de quelqu’un qui prétend vouloir moderniser l’enseignement.
Ce matin en écoutant Iannis Roder parler de la laïcité sur « C à vous », j’ai mieux compris ma position. L’enseignant étayait ses propos avec la question qu’il pose à ses élèves :
– Quand tu arrives à l’école, pourquoi tu es croyant ou non croyant ?
– Bein, c’est mes parents.
– Très bien. Alors l’école va te proposer autre chose, et c’est à toi de te faire ta propre opinion. Tu vas te construire ta capacité à penser par toi-même, et profiter, ou pas, de la possibilité de l’émancipation. Il n’y a pas d’obligation. L’école de la république ne demande pas l’adhésion, elle propose.
Oui, l’école c’est un temps pour construire la citoyenneté, un temps pour apprendre à penser. Voilà pourquoi cela me dérange de voir une petite fille voilée dans une salle de classe car j’ai l’impression qu’on ne lui donne pas cette chance de penser par elle-même.
Quand le débat sur la laïcité a commencé, l’opposition ne venait pas du monde musulman mais des églises chrétiennes Alors en ce 8 mars, n’oublions pas que ce n’est pas la journée de la femme aujourd’hui mais la journée internationale des DROITS des FEMMES.
Je sais par mon âge le chemin parcouru par beaucoup pour défendre ces droits et c’est le bien le plus précieux : la liberté de penser. Le seul fait de savoir que dans un pays pas très lointain les filles n’ont plus accès à l’éducation devrait stimuler cette volonté de promouvoir une école laïque. Tout comme il ne faut pas oublier le combat d’une femme comme Narges Mahammadi, prix Nobel de la paix, cette Iranienne emprisonnée dans des conditions inhumaines qui lutte en faveurs des droits humains dans son pays.
Alors je réécoute la magnifique chanson de Grand Corps Malade : « Mesdames ». Puis je me dis qu’il faut y croire et apprendre à mieux expliquer ce qu’est la laïcité. Les professeurs sont là pour ouvrir des portes, mais les élèves doivent entrer par eux-mêmes.