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Saveurs de voyage

Le voyage passe immanquablement par l’estomac. Et comme ici ce n’est pas moi qui cuisine, l’exploration est une grande joie, surtout quand la cuisinière aime fidéliser sa clientèle avec des plats telle cette mousse à l’avocat sur patates douces, décorée avec le fruit du dragon, des pistaches et des noix de cajou, un vrai régal ! Tout comme hier la salade de fruits mélangés aux légumes et un œuf était aussi surprenante que délicieuse. 

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Phu Quoc

Quand on vit dans un pays qui côtoie autant de plages, on a le choix pour se prélasser sous les cocotiers. Après un mois de juin plus qu’intensif, je reprends mon souffle sur la plus grande île du Vietnam : Phu Quoc, à seulement 15 kilomètres du Cambodge dans le golfe de Thaïllande. 
Ici aussi, l’histoire me rappelle combien les frontières ont été dessinées par certains et qu’elles peuvent être l’objet de désaccord. En effet, je lis que le Cambodge revendique Phu Quoc car elle a été offerte par les Français au Vietnam en 1949 lors de l’annexion du delta du Mékong. 
Allez, je ne suis pas ici pour parler politique, alors partons laisser quelques empreintes éphémères sur la plage. 
C’est vraiment surprenant comme la nature prend possession de ce qu’elle rencontre. Ici une noix de coco retapissée, mais on y voit aussi des bouteilles (en plastique ou en verre) avec la même décoration.

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Une fleur

Lundi matin – Le taux d’humidité à 96 % me suggère de reporter à demain la petite lessive. 

Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours envie de photographier les fleurs d’hibiscus… Peut-être est-ce leur caractère éphémère qui me fascine.

La nature prend tant de temps à fabriquer cette perfection… pour éclore à l’aube et mourir au crépuscule.

Alors j’immortalise l’éclat de l’instant dans ma petite boîte et je partage le sourire de cette joie.

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Unifier

Quelle chance j’ai d’habiter si près du poumon vert de Hanoï, le parc Thông Nhât, ce qui signifie Réunification
Ce lieu est né de la volonté d’unifier le Vietnam, il a été aménagé à partir de 1958 et inauguré en 1960 pour exprimer l’espoir de réunifier le peuple vietnamien. Depuis que l’accès y est gratuit, c’est mon lieu de promenade favori. 
Ici, un groupe qui apprend une danse qui ressemble au tcha tcha tcha sur la piste des auto-tamponneuses. Quelle fierté de comprendre ce qu’ils disent, puisque j’ai enfin appris à compter jusqu’à 10… même si le prof de danse s’arrête toujours à 8. 
Sur l’immense terrain de basket, une troupe d’une centaine de soldats (ou policiers ?) pratique un art martial avec une grande précision géométrique. 
Plus loin, une équipe dispute une partie de dá câu (plumfoot), un sport surprenant qui se joue avec un volant de badminton en utilisant toutes les parties du corps, sauf les bras. 
Près du lac, les hanches des couples se balancent sur la chanson Guantanamera dans un style très latino qui me ramène en Colombie. 
Sous un immense arbre, je vois souvent ce monsieur qui joue de la batterie, accompagné par la sono d’un orchestre fictif et je me demande s’il est là à cause de voisins peu tolérants ou simplement pour jouir de cette scène privilégiée face au lac.
Près des colonnes turquoise, c’est le lieu de rendez-vous de ceux qui pratiquent un art martial avec une épée ou un sabre… mon manque de culture dans ce domaine ne saurait vous dire son nom.
Deux cent mètres après, c’est Lasciatemi cantare de Toto Cotugno qui me donne envie de chanter. 
On voit aussi des gens qui méditent ou font du yoga, seuls ou en groupe. 
Sur les rives du lac, des pêcheurs patientent au bout de leur canne à pêche. Il y a même quelques courageux nageurs. Courageux non pas à cause de la température mais vu que les eaux sont plutôt troubles et que de nombreux poissons morts flottent à la surface. 
Certains préfèrent le romantisme de ces grands cygnes travestis en pédalos pour déambuler sur les flots et aller faire le tour de la petite île. 
Les gens courent, marchent, jouent au badminton, se rafraichissent dans les buvettes, chantent au karaoké… pendant que les jardiniers nettoient, taillent, arrachent, plantent, arrosent et bichonnent les plates-bandes. 
Le week-end, un train circule autour du parc, le long duquel on a construit des gares miniatures avec le nom des grandes villes du pays, symbole de cette réunification réussie.

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Le modèle matrilinéaire des Edè

La maison des Edè est ma préférée. Celle-ci est longue de 42,5 mètres, mais autrefois elles pouvaient avoir jusqu’à 200 mètres de long.

Je m’installe un instant sur le long banc à l’intérieur. Je m’y sens bien. Elle symbolise une famille matrilinéaire puissante. 

« Depuis la nuit des temps, dans la famille Ede, c’est la femme qui détient le pouvoir suprême. C’est d’ailleurs son nom que portent les enfants. Les femmes Ede ont le pouvoir de décision même dans le choix de leur époux. Lorsqu’une fille Ede tombe amoureuse, elle n’a qu’à dire à ses parents qu’elle veut épouser tel ou tel garçon. Et son vœu sera exaucé. L’heureux élu viendra ensuite vivre chez sa femme, et ses enfants prendront le nom de cette dernière. Si par malheur, son épouse décède, la famille de celle-ci lui choisira une autre femme.»

J’aime bien l’idée que l’héritage se transmette de mère à fille, non pas pour le côté matériel mais pour l’interrogation vers laquelle m’emmène ce modèle social : 

  • Y aurait-il autant de guerres dans le monde si les sociétés étaient toutes bâties sur un modèle matriarcal ?

Modèle social des Edè https://vovworld.vn/fr-CH/les-54-ethnies-en-couleurs/le-regime-matriarcal-des-ede-203691.vov

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La maison communale de Bahnar

La construction la plus impressionnante du musée d’ethnographie est la maison communale des Bahnar. Pour y accéder, il vaut mieux ne pas avoir le vertige car elle est bâtie sur de hauts pilotis à trois mètres du sol et est haute de dix-neuf mètres. Ce n’est pas une maison d’habitation, c’est la grande-salle du village (modèle du village de Kon Rbang sur les hauts plateaux du centre du Vietnam). C’est le lieu des activités sociales et rituelles des hommes. Les anciens y transmettent leur savoir-faire et y traitent les affaires du village. Autrefois, les jeunes gens s’y préparaient pour la guerre. Les femmes n’ont pas l’habitude d’y entrer, précise le panneau explicatif. Pas l’habitude ? ou pas l’autorisation ?

Alors je profite de la tranquillité des lieux pour méditer sur le sujet… 

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Musée d’ethnographie du Vietnam

En Suisse, nous avons Ballenberg, à Hanoï il y a le musée d’ethnographie du Vietnam qui permet d’observer de plus près l’habitat des différentes ethnies sans avoir à parcourir les 335’000 kilomètres carrés du pays. 

Alors partons pour une petite visite :

J’aime bien la maison des Tay, peut-être parce qu’elle me rappelle le trek fait dans le nord, puisque nous avons dormi dans une maison similaire… ou mon escapade du côté de Mai Chau. 

La maison est construite sur pilotis, son toit est couvert de 6000 feuilles de palmier. Les parois, y compris le plancher, sont tressées de lamelles de bambous. Donc n’y allez pas avec des talons aiguille ! De toute façon, comme dans la majorité des maisons au Vietnam, on laisse ses chaussures à l’extérieur. Cela donne beaucoup de légèreté à l’architecture des lieux et de la douceur grâce aux rais de lumière qui s’infiltrent à travers le tissage.