
Volcan Arenal


Vous voulez savoir ce qu’est la vie d’un prof en ligne ? Alors nous nous sommes amusés entre collègues pour tenter de vous le raconter. C’était lors d’un atelier spécial podcast où l’on a enfin pu laisser notre créativité s’exprimer loin de la rigidité de la didactique. L’union fait la force, heureusement que la responsabilité de la technologie ne reposait pas sur mes épaules. J’aime composer avec les mots pour raconter, mais c’est sympa quand les mots deviennent des sons. Une troupe de joyeux acteurs, de bons techniciens ou créateurs, et voilà le résultat : « Ma vie de prof ».
Vous savez combien j’aime le langage poétique, donc toute ressemblance avec le célèbre poème de Jacques Prévert n’est pas fortuite, mais volontaire.
https://soundcloud.com/anne-lise-ravey/ma-vie-de-prof

Un bal masqué un vendredi midi, sympa non ? Certes les masques manquent de fantaisie depuis de longs mois. J’aurais préféré la lumière des sourires et je me demande si les gens oseront un jour s’afficher à visage découvert. Quel plaisir de réunir enfin toute l’équipe de l’Alliance Française du Costa Rica pour dire au-revoir à notre directrice.
Qu’est-ce que ça fait du bien de socialiser et de pouvoir tomber le masque pour déguster lentement un bon repas.

Il n’y a pas que la force de l’océan pour retrouver son énergie, je crois aussi aux bains de forêt. Peu importe si c’est la saison des pluies, me voici déguisée en sorcière près de l’arbre hanté (el arbol embrujado) du parc national la Prusia situé sur les flancs du volcan Irazu.

En montagne, on sort de sa couchette avant l’aube et on marche pendant des heures pour le voir se lever, alors qu’au bord de la mer c’est la cérémonie du coucher que l’on admire et qui donne un instant festif à chaque fois où il disparaît au fond de l’eau. C’est étrange non ? puisque c’est toujours du soleil dont on parle…Je me souviens de la petite histoire qu’on nous racontait pour mieux assimiler les leçons de géographie. « Est » se lève avec le soleil et se promène toute la journée dans le ciel pour aller de l’autre côté… mais en chemin il rencontre « Ou » et ils deviennent des amis inséparables, ainsi le soir c’est « Ouest » qui se couche avec le soleil. Là où j’ai grandi, j’ai ainsi appris que les Alpes étaient à l’Est et le Jura à l’Ouest. Alors quand on est au bord du Pacifique n’importe où sur les Amériques, on est sûr d’avoir quelques beaux couchers de soleil et la magie de l’instant présent. Même si ce cérémonial s’installe dans la répétition, celui que l’on surnomme Jean Rosset* dans le pays de Vaud d’où je viens mérite bien quelques acclamations.
*Au fait, quelqu’un saurait-il me dire pourquoi on le surnomme ainsi ?

La première fois que j’ai vu cela sur la plage, j’ai pensé naïvement qu’un artiste talentueux avait peint ce joli dessin de fleur et fait des trous sur cette pierre ronde. Puis j’ai vu la même réplique sur le comptoir à la réception de l’hôtel. L’aimable réceptionniste m’a expliqué qu’il s’agissait d’une « galleta de mar » (le biscuit de mer) ou le « sand dollar » (le dollar du sable). L’artiste de ce chef d’œuvre ? La mer… Wow !
Alors je suis retournée me promener à marée basse pour vous montrer cette splendeur.
Le nom scientifique : mellita quinquiesperforata… C’est une espèce d’oursins qui vivent enterrés dans le sable ou la vase qu’ils filtrent pour en retirer leur nourriture. Avant d’être blanchie par le soleil après sa mort, son corps est recouvert d’un fin duvet de poils (les piquants des oursins plus connus). N’est-ce pas incroyable ce dont la nature est capable ?

La faune est étonnante dans la mangrove. Nous avons entendu, puis vu des singes tout là-haut sur les arbres, quelques crocodiles à l’air nonchalant et des dizaines d’oiseaux. Il y en a de nombreuses espèces, du tout petit colibri au grand héron, mais je n’ai toujours pas aperçu mon préféré : le toucan. Malheureusement ils ne sont pas très faciles à photographier. Celui-ci a été plus collaboratif puisque c’est un nocturne. Le guide nous a dit son nom mais ma mémoire est sélective elle l’a déjà éliminé.

Les palétuviers sont impressionnants mais surtout fort utiles. Ces arbres sont les seuls capables de pousser avec les pieds dans l’eau salée et de s’adapter à la fluctuation des marées. Ils font partie d’un écosystème particulier appelé la mangrove, un genre de végétation que je n’avais jamais visité. C’est une véritable forêt amphibie dans laquelle on ne peut se déplacer qu’en bateau. Cela forme une barrière naturelle entre la terre et la mer qui permet de limiter les dégâts en cas de tempêtes, d’ouragans voire même de tsunami, une vraie richesse écologique quoi ! Sur les racines de ces arbres on peut y voir un ballet constant de crabes aux couleurs éclatantes.

La Playa Grande fait partie du parc national Las Baulas, c’est un site important pour la nidification des tortues (las baulas = tortues luth qui sont en voie de disparition). Comme ce n’était pas la saison pour observer la ponte, escorté par les gardes du parc, je suis allée voir la mangrove en bateau. Attention cependant aux imprudents qui pourraient être tentés par la baignade dans l’estuaire, la petite ville de Tamarindo étant tellement proche à marée basse. Il vaut mieux prendre le bateau parce que des imprudents ou des surfeurs attaqués il y en a déjà eu suffisamment m’a-t-on dit. Ce bébé crocodile n’a qu’une année et pourtant il vit déjà tout seul. J’en suis encore à me demander comment notre guide l’a repéré en passant sur l’une des multiples voies navigables de l’estuaire.

Patineur de la vague
Artiste de l’instant présent
Chevalier de la mer
Infatigable dessinateur
Fier combattant de la lame
Irrésistible beauté sur l’écume
Qui que tu sois, à toi
Un grand MERCI pour cette
Éternelle gaieté à l’horizon
