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Lundi 28 octobre Gai Tihar

Lundi 28 octobre Gai Tihar – Le troisième jour célèbre Gai Tihar et Laxmi Puja. Lors de cette journée, on dédie des prières et on offre de la nourriture à la vache (Gai), symbole de Laxmi. On prie également la déesse à laquelle on offre une Puja (offrande) sophistiquée le soir. Chacun trace devant sa maison un chemin avec des poudres de couleurs, pour que Laxmi trouve l’entrée du foyer. Les portes et les fenêtres restent ouvertes pour elle. Et pour mieux attirer son attention, on place des rangées de lampes le long des fenêtres et des portes.

Voilà trois mois aujourd’hui que j’ai atterri dans ce pays si différent du mien. Pour marquer ce passage, je me suis retirée quelques jours dans ce monastère bouddhiste. Je respire et me ressource dans cette nature qui me rappelle que je la vénère plus que n’importe quelle religion.

Alors que s’installe déjà une certaine routine monastique, rythmée par les repas et la prière de l’après-midi, je prends le temps pour une réflexion sur ce premier trimestre. Heureusement, aujourd’hui je n’ai plus ces crises de découragement qui, au début, me donnaient envie de quitter le pays. Mes expériences passées m’ont aidée à m’adapter à toutes les situations, cela va mieux aujourd’hui, surtout depuis que j’ai les ailes de Scooty. Je m’étonne cependant, alors que j’ai toujours eu comme priorité d’apprendre la langue du lieu où je résidais, de n’avoir pas réussi à apprendre plus de trois mots de népalais (et encore le Namaste je le savais déjà avant de partir). Il faut dire que c’est compliqué. J’enseigne le français dans une école indienne où la langue de communication devrait être l’anglais (un anglais que je ne comprends pas toujours tant l’accent de certains est prononcé), de plus je ne suis pas capable de reconnaître si mes collègues (ou les élèves) parlent le hindi ou le népalais entre eux. Dans ce monastère, les prières sont dites en tibétain, mais je ne sais pas dans quelle langue les moines communiquent entre eux. Dans le quartier où j’habite ils parlent le newari et je sais seulement dire bonjour avec un mot qui sonne comme Jojo Lapin. Je dirais que pour apprendre une langue le facteur le plus important est celui de la motivation, l’envie de communiquer. En observant la vie de ces moines, qui jamais ne cherchent à communiquer avec nous, je me rends compte que c’est aussi pour cela que je ne suis pas motivée à apprendre la langue. Dans ce pays, je rencontre très peu de gens curieux de l’autre, je me sens rarement accueillie quelque part, beaucoup observée, mais sans jamais savoir ce que pensent vraiment les gens. Même dans le petit supermarché où je fais mes courses, on ne nous dit ni bonjour ni au revoir. On ne peut leur en vouloir pour cette nonchalance, c’est ainsi partout. Même le merci n’est pas un mot que l’on prononce beaucoup. Par exemple, quand un élève a son anniversaire (il a le droit de venir à l’école sans être vêtu de l’uniforme) il apporte généralement un sac rempli de douceurs (bonbons, biscuits ou chocolats) qu’il distribue (même aux professeurs) et bien figurez-vous que j’ai beau tendre l’oreille je n’entends pas les merci. Les codes ne sont pas les mêmes, il faut du temps pour les apprendre et les comprendre.

Allez, la brume se lève, je vais bouger un peu…

rhdr

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