Dernière virée en Asie centrale – Je suis retournée m’attabler autour de la grande table du petit-déjeuner de Samarcande, là où l’on rencontre toujours quelques voyageurs désireux de partager une aventure. Et comme c’était vers le Tadjikistan que j’avais envie d’aller, me voici partie avec une jeune Allemande pour une excursion vers les 7 lacs de ce pays inconnu.
C’est déjà toute une expédition de traverser la frontière à pied, puisque le guide nous attend de l’autre côté. Je pense avoir montré mon passeport en tout cas 7 fois parce que quand on arrive à l’autre bout de ce long « No mans land », le fonctionnaire ne veut pas nous laisser passer, il nous manque un tampon sur le passeport. Alors retour en arrière jusqu’à l’étape que nous avons loupée.
Un autre fonctionnaire m’interpelle, j’ai eu la mauvaise idée de photographier le bâtiment des douanes qui était en arrière-plan des roses orange. Je dois lui montrer la photo prise. Je lui explique que ce n’était pas le bâtiment officiel que je voulais photographier mais les fleurs que je trouve magnifiques. Hm, montrez-moi, me dit-il en russe. C’est vrai que c’est une jolie photo acquièsce-t-il (mais vous ne la verrez pas, je ne veux pas avoir d’ennuis).
Nous retrouvons notre guide tadjik sans difficultés parmi les nombreux hommes qui attendent et nous montons dans le 4/4 qui va affronter la piste cabossée vers les merveilles lacustres.
Voici la légende de ces 7 lacs tadjiks :
Un forgeron avait 7 filles. La plus jeune était la plus belle. Le gouverneur local passa devant la maison et tomba fou amoureux de la cadette. N’ayant pas vraiment le choix, elle accepta de l’épouser à condition qu’il lui construise un château tout en haut sur le plus haut rocher surplombant le lac. La première nuit après le mariage, elle se précipita depuis la fenêtre du château et mourut dans le lac. Accablées par le chagrin, les 6 sœurs de la cadette pleurèrent tant que leurs larmes formèrent les six autres lacs.
Le premier lac se situe à 1640 mètres d’altitude et le dernier à 2400. Nous longeons le 7ème jusque de l’autre côté pour pique-niquer sur un pont au-dessus d’une rivière asséchée. Deux chèvres nous tiennent compagnie pour admirer un paysage baigné par le silence. Les larmes de ces belles jeunes filles amoureuses donnent une respiration spirituelle que je ne suis pas prête d’oublier.







