Eh oui, le jour du grand voyage approche. Heureusement les souvenirs ne se rangent pas dans une valise, sinon il y a longtemps que je ne voyagerai plus. Pourtant, dans ma tête les idées naviguent dans tous les sens entre l’ici, là-bas, qui se divise aussi en deux, et l’ailleurs. Il y a la lourde tâche de remplir la grosse valise rouge et de se délester une fois de plus de tout ce qui risque d’encombrer le futur, car pour voyager heureux il faut savoir voyager léger.
Hier soir, j’étais au bord du lac de l’ouest pour admirer le coucher de soleil et célébrer l’amitié. Aujourd’hui, je commence mon ultime semaine de travail au Vietnam par mon habituel jour de congé. Dès demain, ce sera la série des « dernier… » Eh oui, le chapitre arrive à sa fin et je suis sûre de ne pas regretter la moiteur de ce pays, mais il est encore un peu tôt pour connaître le refrain que cette aventure laissera en moi.
Quand je vais faire le tour du lac Hoan Kiem, je suis très souvent arrêtée par des jeunes (enfants ou adolescents) qui me demandent si j’ai quelques minutes pour les aider à pratiquer leur anglais. Les questions sont toujours les mêmes :
Where are you from ?
C’est le premier indice qui montre que la question est plus importante que la réponse, car généralement quand je réponds « Suisse » et que j’essaie de savoir s’ils connaissent mon petit pays, ou ses voisines la France, l’Italie ou l’Allemagne… ils ne semblent guère doués en géographie.
La deuxième question est souvent :
How old are you ?
Eh oui, les codes de politesse ne sont pas les mêmes que dans notre culture, ici peu importe que l’on soit femme ou homme, l’âge est important pour savoir quel mot utiliser pour s’adresser à son interlocuteur… enfin c’est ce que j’ai cru comprendre quand j’ai voulu savoir pourquoi c’était si important pour eux de connaître l’âge de la personne. J’avoue que cela m’a fait un choc quand j’ai lu le traducteur Google de la femme de ménage qui s’adressait à moi en disant « Grand-mère ». Bein oui, même si je ne suis pas encore grand-mère, c’est un bon moyen pour me rappeler que je ne suis plus une jeunette…
Puis arrive toujours la question :
Do you like vietnamese food ?
Ou
What is your favorite dish in Vietnam ?
Bien sûr que je réponds toujours que oui, j’aime la nourriture vietnamienne, le contraire n’est même pas envisageable pour eux. Quant à mon plat favori… le nom le plus facile à se souvenir ce sont les rouleaux de printemps… aussi parce que je ne suis pas trop fan de leur plat traditionnel, le pho, vu qu’il fait toujours trop chaud à mon goût pour avoir envie de manger leur soupe de nouilles.
Puis vient le moment où ils me demandent s’ils peuvent faire une photo (s’ils n’ont pas demandé au début pour filmer) et comme généralement je dégouline de sueur, je tente de refuser… et c’est là qu’ils me disent qu’ils ont besoin de la photo pour prouver qu’ils ont fait les interviews. Alors je me dis que cela doit être sacrément fatigant d’être une star et de devoir toujours être prêt à offrir son image !
De retour dans la fournaise d’Hanoï, rien ne m’empêche de retourner en pensée sur l’île de Phu Quoc pour vous parler de la magnifique pagode Ho Quoc. Située sur une colline verdoyante, elle surplombe la mer et c’est un lieu empreint d’une grande sérénité. Je suis toujours étonnée de la jeunesse des sites religieux dans ce pays, puisqu’elle ne date que de 2012 et qu’elle est encore en construction.
J’aime bien le petit temple de Dinh Cau à Duong Hong. Dédié à la déesse de la mer Thien Hau, il protège les sorties en mer des nombreux pêcheurs qu’on voit défiler le long des rochers qui l’encerclent. C’est une charmante association avec ce phare qui orientaient autrefois les marins pendant les nuits de tempêtes.
Le voyage passe immanquablement par l’estomac. Et comme ici ce n’est pas moi qui cuisine, l’exploration est une grande joie, surtout quand la cuisinière aime fidéliser sa clientèle avec des plats telle cette mousse à l’avocat sur patates douces, décorée avec le fruit du dragon, des pistaches et des noix de cajou, un vrai régal ! Tout comme hier la salade de fruits mélangés aux légumes et un œuf était aussi surprenante que délicieuse.
Quand on vit dans un pays qui côtoie autant de plages, on a le choix pour se prélasser sous les cocotiers. Après un mois de juin plus qu’intensif, je reprends mon souffle sur la plus grande île du Vietnam : Phu Quoc, à seulement 15 kilomètres du Cambodge dans le golfe de Thaïllande. Ici aussi, l’histoire me rappelle combien les frontières ont été dessinées par certains et qu’elles peuvent être l’objet de désaccord. En effet, je lis que le Cambodge revendique Phu Quoc car elle a été offerte par les Français au Vietnam en 1949 lors de l’annexion du delta du Mékong. Allez, je ne suis pas ici pour parler politique, alors partons laisser quelques empreintes éphémères sur la plage. C’est vraiment surprenant comme la nature prend possession de ce qu’elle rencontre. Ici une noix de coco retapissée, mais on y voit aussi des bouteilles (en plastique ou en verre) avec la même décoration.