Le lac Bay Mau n’est pas non plus dans mon guide, raison probablement pour laquelle je n’y ai croisé aucun occidental. Il a fallu payer 4000 dong (2000 pour les gens du pays) pour entrer dans le parc Thong Nhat (parc de la Réunification) mais l’endroit en vaut la peine pour son côté récréatif, un poumon au milieu de la ville pour y faire du sport, ou s’y promener. En même temps, sachez que 4000 dong équivalent à 16 centimes suisses, ce qui fait que l’on est millionnaire à chaque fois que l’on retire de l’argent.
Chaleur encore plus moite aujourd’hui, eh oui, il faudra bien que je m’y rhabitue… Le lac numéro deux de ma collection n’est pas dans le guide, mais Wikipedia le connaît.
Le lac Halais ou lac Thiền Quang (Hồ Thiền Quang, en vietnamien)…
Moins romantique, moins touristique, j’y ai surtout vu des pêcheurs et un baigneur (qui ne m’a guère donné envie de plonger), il semblait faire équipe avec l’un des pêcheurs et chargé d’une mission que je n’ai pas comprise.
Ce qui commence à m’inquiéter pour les premiers contacts avec les étudiants la semaine prochaine, c’est la mémorisation des prénoms, les voyelles sont décorées de toutes une collection d’accents qui donnent l’intensité de la tonalité…
Des Insectes non identifiés mais pas trop agressifs pour l’instant, de la moiteur, une très forte odeur de jasmin, de la musique, un homme qui s’entraîne au golf avec des volants de badminton au milieu des promeneurs, voici mon paysage à la tombée de la nuit… Je suis à Hanoï au bord du premier des cent-onze lacs de la ville : le lac Hoàn Kiém…
« Selon la légende, le Ciel au milieu du XVème siècle, aurait donné à l’empereur Ly Thai Tô une épée magique qu’il aurait utilisée pour bouter les Chinois hors du Vietnam. Alors qu’il se promenait sur le lac, une fois la paix revenue, une tortue d’or géante sortit de l’eau, s’empara de l’arme et disparut dans les profondeurs. L’animal ayant rendu l’épée à ses propriétaires divins, le lac fut baptisé Hoàn Kieēm (Lac de l’Épée restituée). »
Vous me connaissez, vous savez comme j’aime les histoires, alors j’essaierai de vous raconter toutes les légendes des lacs que je découvrirai. Heureusement le tour à pied n’est pas aussi long que celui du Léman ou du lac Majeur.
Malgré le tourbillon émotif que provoque un tel voyage, la fatigue, le décalage horaire, la collection de « 1ère fois » ou de moments de découragements qu’il faut cumuler avant d’espérer avoir une nouvelle routine, je crois bien que je vais aimer cette ville chaotique capable d’offrir de tels havres de paix…
Ce matin j’essaie de réfléchir à ce qu’il faut mettre dans quel bagage (je prends ? je prendrai ? je laisse en Suisse ?). Et voici que le phare qui a éclairé mon jardin d’Ascona et de Locarno jette son faisceau de lumière dans le jardin qui est mon port d’attache depuis quelque temps.
Alors me vient l’envie de dire MERCI à tous ceux qui m’ont hébergée et fait me sentir à la maison. Merci à ceux qui ont pris un peu de temps pour moi. Merci à ceux qui m’ont accueillie à leur table. Merci à ceux avec qui j’ai partagé un bon repas, une flûte de Champagne, un verre de vin, un thé, un café, une bière ou un verre d’eau. Merci à ceux qui ont marché à mes côtés pour écouter mes babillages. Vendredi j’ai même réussi à organiser un atelier d’écriture dans une charmante maison de San Nazzarro, me rappelant que l’écriture sera toujours mon phare pour avancer vers le cap du futur. J’avais choisi le thème du lac, symbole de l’intemporel, l’œil de la terre… J’avais choisi le lac parce que (si tout se passe comme prévu) mardi je partirai dans une grande ville où il y a parait-il 111 lacs… Mais avant il faut d’abord penser à résoudre la difficile énigme des bagages…
Ma vie ressemble parfois à celle d’un acrobate. L’autre jour j’ai vu une petite tulipe dans le jardin qui fut le mien à Ascona, j’ai été émue autant que le Petit prince avec sa rose. Un autre jour ce sont les fleurs du cerisier dans le jardin de mon ancienne maison à Locarno qui m’ont rappelé d’autres saisons de ma vie. Alors j’ai aussi songé au petit sapin de Noël devenu grand que nous avions planté dans le jardin de l’immeuble de Gordevio. Et ce jour-là mon ancien collègue m’a donné des nouvelles de l’oranger qui parfumait mon balcon du Costa Rica avec ses fleurs. Eh oui, j’ai grandi près de la terre, j’aime semer sur mon passage. Quel rapport me direz-vous entre l’acrobatie et les jardins ? Je ne sais pas vraiment… Peut-être la poésie …la souplesse… ou la capacité d’adaptation.
Je ne suis effectivement pas encore repartie sur les routes du monde mais continue de squatter des territoires bien helvétiques. À ce propos, qui reconnaît ce lieu ?
Il y a quelques jours, quelqu’un a mis cette question qui me tourne dans la tête :
Est-ce parce qu’on est heureux que l’on accepte ce qui se présente ?
Ou parce que l’on accepte ce qui se présente qu’on est heureux ?
Personnellement, aujourd’hui je réponds sans hésiter par la deuxième proposition, c’est parce que l’on accepte ce qui se présente qu’on est heureux… parce que si on ne l’accepte pas on est malheureux non ? Imaginez un peu si j’avais espéré une glace à la pistache dans ce « café très très gourmand », j’aurais pu être très malheureuse, non ? Bah, c’est vrai que mon raisonnement est un peu bête vu que j’étais heureuse d’être en bonne compagnie, c’était aussi normal d’accepter ce qui se présentait dans l’assiette. Alors cette question philosophique risque de tourner encore un moment dans ma tête. Qu’en dites-vous ?
Sympathiques rencontres l’autre jour à Genève ! Si vous aimez l’humour du Chat, allez y faire un tour, ça miaule du côté de la rade, les chats ont envahi le quai Wilson, cinquante tonnes de chats. Allez regarder comment le Chat joue de la flûte à bec… Bravo monsieur Geluck, faire rire est un art, j’aime bien cette jolie folie !