Si je l’ai dit à tous ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer ces derniers temps, je ne crois pas encore avoir annoncé la destination vers laquelle la vie a décidé de m’emmener cette fois.
Me voici de retour à la case natale où je regarde toujours avec joie combien les gardiens de la terre de mes ancêtres savent l’entretenir et la rendre si charmante.
En rentrant d’un essai d’entraînement pour la mythique course des Renards, je me disais que j’étais sacrément chanceuse d’avoir un si joli petit nid pour recharger les batteries dans le magnifique Val Bavona depuis mon retour chez les Helvètes. Ce matin, en arrivant près de la cascade de Foroglio vide de sa horde de touristes, je n’ai pas résisté, j’ai plongé dans cette eau limpide et vivifiante par sa température.
Mon autre chance, c’est d’avoir retrouvé un plaisir de jeunesse grâce au prêt de cette Honda qui m’a déjà bien promenée dans les vallées tessinoises.
Si je disais « essai d’entraînement », c’est parce que j’avais emmené mon appareil photos et chaque point de vue était un bon prétexte pour casser le rythme de ma course matinale…
Eh oui, se déconnecter permet souvent de se reconnecter à soi-même et à la nature.
Demain, je quitterai le pays du lotus Je partirai, car une autre aventure m’attend. J’irai d’abord vers le pays de nos crocus, Près des montagnes pour respirer l’air vivifiant.
Le silence me fera oublier les klaxons.
Je mettrai la boussole sur vacances quelque temps.
De la baguette française, quelques carrés de chocolat au lait suisse et du jus de pommes de je ne sais où, voilà comment j’ai terminé la fête avec ma classe de Loustics préférée hier. Ainsi, j’ai dit aurevoir à Huy, Khan, An, Lada, Ngan, Anh et Miro, des enfants entre 7 et 10 ans qui m’ont rappelé la douceur des goûters de mon enfance. Avant, je disais que je n’aimais pas enseigner aux débutants et que je préférais travailler avec les adolescents ou les adultes. Pourtant, ce groupe de grands débutants que j’ai suivi deux fois par semaine depuis avril 2022 a été mon rayon de soleil, parce qu’ils aimaient chanter et rire autant que moi. Quelle fierté d’imaginer avoir enfilé tous ces mots français dans leur tête et d’écouter cette jolie chorale qui aurait mérité de monter sur scène… Alors on a fait « Santé ! » et on a dansé la farandole autour des tables de la classe.
Dernier envol vers le sommet de la Lotte, histoire de tester la solidité de mes ailes avant le long voyage. Je m’autorise même un petit cocktail « Aviation », pour aller encore plus haut…
Eh oui, le jour du grand voyage approche. Heureusement les souvenirs ne se rangent pas dans une valise, sinon il y a longtemps que je ne voyagerai plus. Pourtant, dans ma tête les idées naviguent dans tous les sens entre l’ici, là-bas, qui se divise aussi en deux, et l’ailleurs. Il y a la lourde tâche de remplir la grosse valise rouge et de se délester une fois de plus de tout ce qui risque d’encombrer le futur, car pour voyager heureux il faut savoir voyager léger.
Hier soir, j’étais au bord du lac de l’ouest pour admirer le coucher de soleil et célébrer l’amitié. Aujourd’hui, je commence mon ultime semaine de travail au Vietnam par mon habituel jour de congé. Dès demain, ce sera la série des « dernier… » Eh oui, le chapitre arrive à sa fin et je suis sûre de ne pas regretter la moiteur de ce pays, mais il est encore un peu tôt pour connaître le refrain que cette aventure laissera en moi.
Quand je vais faire le tour du lac Hoan Kiem, je suis très souvent arrêtée par des jeunes (enfants ou adolescents) qui me demandent si j’ai quelques minutes pour les aider à pratiquer leur anglais. Les questions sont toujours les mêmes :
Where are you from ?
C’est le premier indice qui montre que la question est plus importante que la réponse, car généralement quand je réponds « Suisse » et que j’essaie de savoir s’ils connaissent mon petit pays, ou ses voisines la France, l’Italie ou l’Allemagne… ils ne semblent guère doués en géographie.
La deuxième question est souvent :
How old are you ?
Eh oui, les codes de politesse ne sont pas les mêmes que dans notre culture, ici peu importe que l’on soit femme ou homme, l’âge est important pour savoir quel mot utiliser pour s’adresser à son interlocuteur… enfin c’est ce que j’ai cru comprendre quand j’ai voulu savoir pourquoi c’était si important pour eux de connaître l’âge de la personne. J’avoue que cela m’a fait un choc quand j’ai lu le traducteur Google de la femme de ménage qui s’adressait à moi en disant « Grand-mère ». Bein oui, même si je ne suis pas encore grand-mère, c’est un bon moyen pour me rappeler que je ne suis plus une jeunette…
Puis arrive toujours la question :
Do you like vietnamese food ?
Ou
What is your favorite dish in Vietnam ?
Bien sûr que je réponds toujours que oui, j’aime la nourriture vietnamienne, le contraire n’est même pas envisageable pour eux. Quant à mon plat favori… le nom le plus facile à se souvenir ce sont les rouleaux de printemps… aussi parce que je ne suis pas trop fan de leur plat traditionnel, le pho, vu qu’il fait toujours trop chaud à mon goût pour avoir envie de manger leur soupe de nouilles.
Puis vient le moment où ils me demandent s’ils peuvent faire une photo (s’ils n’ont pas demandé au début pour filmer) et comme généralement je dégouline de sueur, je tente de refuser… et c’est là qu’ils me disent qu’ils ont besoin de la photo pour prouver qu’ils ont fait les interviews. Alors je me dis que cela doit être sacrément fatigant d’être une star et de devoir toujours être prêt à offrir son image !