Hier, je suis partie à 8 h. 09 avec le petit bus de la colline. J’ai changé pour un plus grand bus dans un village dont j’ai déjà oublié le nom en direction de l’Alpe di Neggia. Direction le sommet pour voir l’étendue du lac Majeur. Une fois à la croix, je vois la cabane du Gambarogno. J’y monte pour un Schorle et admire encore plus loin vers l’Italie. Si vous cherchez un balcon qui se mérite, montez-y sans hésiter ! Vu que sur le chemin, j’ai vu un écriteau qui indiquait « Gerra », mon petit village, en trois heures de marche, je change le mode de transport pour le retour (l’avantage de ne pas avoir de voiture stationnée à l’Alpe di Neggia) – Pedibus Gambus. Heureusement, quelques points d’eau me permettent de remplir ma bouteille dans la longue descente. Arrivée devant l’Alpe Cedullo, je me retrouve devant un choix à faire : à gauche Dirinella, à droite San Nazzaro. J’hésite car Gerra est justement au milieu des deux. Pas de connexion ni âme dans les environs pour me renseigner… de toute façon j’aime bien avancer à l’instinct.
Le sentier choisi me ramène en face du barrage de la Verzasca, je comprends donc vite que j’ai choisi la mauvaise direction, en tout cas la plus longue. Quand je vois un panneau « Hôtel-Restaurant » au milieu de nulle part, c’est comme une oasis dans le désert… parce que oui c’est bien d’être spontané et de décider son programme à la minute, mais à part ma bouteille d’eau je n’avais rien dans mon sac pour me restaurer. Peu avant 14 heures, me voici donc installée sur une charmante terrasse à Sass da Grüm (= rocher de la colline), où je déguste une surprenante soupe froide de melon citronnelle qui a elle seule valait bien le détour, tout comme le sorbet myrtille lavande. En bavardant avec la serveuse, je découvre que mon erreur m’a conduite tout droit dans cet endroit que j’évoquais récemment, un lieu dégageant une énergie positive, sur les hauts de Vairano. Pas étonnant donc que ce soit d’ici que parte le sentier du yoga. Les hôtes arrivent à pied jusqu’ici. Apercevant des valises à roulettes dans le hall de l’hôtel, alors qu’il n’y a pas de route, je suis surprise… En continuant ma descente bien restaurée, je ne vois ni sherpa, ni mule, ni âne chargé de bagages, mais je passe sous un fil qui se met à faire du bruit… avant qu’une lourde caisse soit hissée vers le sommet sous mes yeux… chargée probablement de valises à roulettes.

