Senza categoria

Vive les Bretons !

Je suis à Portsall en Bretagne pour un atelier d’écriture « écrire un récit d’aventure ». En observant le rythme des marées toujours aussi fascinant et les magnifiques couchers de soleil, je me souviens de mon dernier passage en Bretagne et de ses bienfaits puisqu’il fait même partie de mon récit « les vagues de l’échec »…

Parmi des dizaines de touristes, je guette le moment idéal pour immortaliser la disparition de l’astre sacré. J’observe les visages émerveillés, les couples enlacés, le bonheur simple illuminé par cette chaude lumière… Comment expliquer autant de fascination devant les couchers de soleil ? J’y vois aujourd’hui la fin de quelque chose et la promesse d’un renouveau.

Pourquoi ai-je autant besoin d’une victoire ? On ne suscite aucune admiration suite à un échec. Au contraire, on a envie de se cacher. Que se passe-t-il quand on ne réussit pas, quand on n’obtient pas le succès escompté au sein d’une société où tout repose sur la réussite ? À l’école, on met les mauvais élèves sur des voies de garage. On les laisse se débrouiller seuls pour récupérer la valise d’auto-estime perdue dans le wagon qui continue sans eux.

Ici la marée va et vient. Il vaut mieux connaître les horaires pour ne pas se laisser encercler par les eaux. À marée haute, le Grand Bé redevient île. Dans son tombeau, selon ses désirs, Chateaubriand se retrouve seul face à la mer. Lui, qui se décrivait comme un homme lucide assis sur les débris d’un naufrage, peut-être qu’il pourrait m’inspirer par son travail littéraire autour de ses échecs personnels et politique.

Demain, j’embarquerai vers les îles de la reconstruction. J’aime ce moment qui précède le départ, où l’horizon s’ouvre et suggère quelque promesse...

Laisser un commentaire