Sympathiques rencontres l’autre jour à Genève ! Si vous aimez l’humour du Chat, allez y faire un tour, ça miaule du côté de la rade, les chats ont envahi le quai Wilson, cinquante tonnes de chats. Allez regarder comment le Chat joue de la flûte à bec… Bravo monsieur Geluck, faire rire est un art, j’aime bien cette jolie folie !
En me faufilant dans cet étrange brouillard du mois de mars, je pense à ces promesses du futur qui éclatent sous les bombes pas très loin de la tranquillité helvétique. Mon interrogation face à la folie humaine est toujours aussi grande, mais malheureusement la compassion qui se déverse sur l’Ukraine n’arrête pas la violence ni la soif du pouvoir.
On voudrait hurler le nom de cet homme, en prononçant à la française, avec un -u- qui n’est pas un -ou- et un -in- qui sonne avec une voyelle nasale, on voudrai lui crier d’arrêter ce carnage ! Mais les insultes ne servent à rien, elles pourraient même lui donner l’excuse de la riposte. La diplomatie paraît inefficace, pourtant personne ne souhaite que l’Europe s’enflamme pour montrer sa colère.
Aujourd’hui le brouillard semble poser un voile sur demain, une réflexion de ce devenir incertain. Puisse la confiance guider les égarés vers moins de souffrance et la flamme de l’espoir ramener les plus fous sur le chemin de la raison.
Je me souviens quand j’étais enfant, j’avais toujours peur au début de la saison d’hiver de ne plus savoir skier. Alors vu que je n’avais pas chaussé les skis depuis trois ans, la crainte s’est réveillée. Quelle chance de me faire inviter du côté des 4 vallées pour relever le défi. Eh oui, c’est comme le vélo cela ne s’oublie pas… Quel bonheur de retrouver de tels paysages et de partager les joies de cette fin d’hiver en bonne compagnie !
Comme j’aime me promener avec les yeux d’une étrangère venue d’ailleurs, c’est toujours un brin étrange quand on découvre sa région avec un regard de touriste. Malheureusement, je découvre ce musée trop tard sur les rives de l’Orbe puisqu’il a été fermé, le propriétaire désirant créer des appartements dans ce bâtiment historique. C’était le temps où l’énergie était un problème local, on savait placer les moulins au bord des rivières (ou là où il y avait beaucoup de vent) afin d’utiliser une énergie gratuite tout en laissant l’eau (ou l’air) continuer sa course après qu’elle (ou il) ait actionné quelques mécaniques. Dommage, je ne saurai pas ce que cache ce pont de bois couvert, alors je lui imagine quelques jours de gloire, je lui invente une légende digne du célèbre pont de bois de Lucerne, avec une touche plus industrielle qu’aristocratique.
C’était une journée bien vaudoise… un petit apéro au vin blanc avec des flûtes, du papet au poireau avec de la saucisse aux choux et des tartelettes au citron. Et pour digérer tout ça, une petite grimpette en bonne compagnie jusqu’au sommet du Suchet, allez, plus c’est haut plus c’est beau, j’adore les sommets, ceux du Jura sont plus faciles à atteindre que ceux de l’Himalaya… et ce n’est pas la neige qui nous arrêtera, même si on rentrera avec les pieds mouillés, on monte gaillardement jusqu’à la pic.
En photographiant l’horizon depuis mon petit village natal, je repense à la forte émotion qui nous envahissait quand la chaîne de l’Himalaya se laissait photographier depuis les terrasses de Katmandou. Certes, les Alpes ne sont pas aussi hautes, le Mont Blanc n’atteint « que » 4’808 mètres d’altitude, mais la magie est la même, peut-être bien qu’elle est encore plus grande quand on prend conscience de la chance d’un tel paysage.
Je monte vers l’hiver : Bosco Gurin 1506 mètres, le village le plus élevé du Tessin, mais malheureusement cette année les skieurs des vacances de carnaval n’y trouveront pas beaucoup de pistes de ski d’ouvertes, par manque de neige. Ainsi l’envie de dévaler les pistes n’est pas trop grande. Alors nous montons à pied jusqu’à la cabane Grossalp (1907 mètres) et profitons de l’air frais sans trop nous enfoncer dans la neige.