Une course de char prémonitoire ? Mais où est donc Obélix ? Amis Gaulois, faites appel à Panoramix, il trouvera peut-être la potion magique !

Une course de char prémonitoire ? Mais où est donc Obélix ? Amis Gaulois, faites appel à Panoramix, il trouvera peut-être la potion magique !

L’homme se fait secourir par l’effroi; il demande aide à sa crainte; l’anxiété, c’est un conseil d’agenouillement.
Victor Hugo
Ici ça sent bon le printemps… alors je me suis arrêtée un instant pour le partager avec vous. Dans la majorité des écoles, on arrive (si on n’y est pas déjà) en période d’examen, car l’année scolaire se termine tout bientôt. Ce matin en montant les escaliers, j’étais immergée dans la rivière d’élèves en uniformes bleu foncé, je me disais que toute cette jeunesse était décidément mieux à l’école qu’à la maison où dans les rues. Même si certains portent le masque, ils sont comme le printemps ils ont l’énergie et les couleurs de la nature. Et je m’interroge un peu naïvement : la maladie n’est-elle pas comme la moto (ou le ski), on tombe quand on a peur ? Alors souriez, la crainte du danger est plus terrifiante que le danger lui-même. Éteignez la radio, la télévision, etc… et regardez l’explosion de la nature.

Demain sera la journée internationale des femmes. Avec la multiplication des journées internationales, on banalise chaque évènement. Saviez-vous par exemple que le 11 mars est celle de la plomberie ? et celle du 14 celle de pi (=3,1415926…). Franchement, vous ne trouvez pas tout cela à la limite de l’absurdité ? À quoi peut alors ressembler la journée des droits de la femme ?
Pourtant, je n’oublie pas que quand je suis née, les femmes de mon pays n’avaient pas encore le droit de vote. Je n’oublie pas non plus que j’ai quitté mon pays parce que là-bas le monde professionnel valorise plus la jeunesse (qui coûte moins cher) que l’expérience. Mais je sais que je viens d’un pays où les femmes sont libres. Je n’oublie pas que c’est en Russie en 1921 que le 8 mars a été décrété “Journée Internationale des femmes”. Quand j’observe les femmes de mon âge dans le pays où je vis, je me dis que j’ai de la chance, je sais jusqu’où l’on peut voler avec les ailes de la liberté.

Avez-vous déjà entendu parler de la Kumari ? Étrange tradition qui peut surprendre notre esprit d’Occidentaux. La Kumari est une déesse vivante. Cette tradition date du XVIIème siècle. Des petites filles sont choisies dès l’âge de trois ans parmi des milliers de candidates. Dans un palais de Durbar Square à Katmandou, vit une jeune fille, isolée de sa famille. Elle est adorée comme la Kumari Royale, jusque vers l’âge de la puberté, jusqu’au moment où elle redeviendra mortelle et sera remplacée par une autre fillette. Si vous visitez Katmandou, il y a un livre qu’il faut lire c’est From Goddess to Mortal,

qui est l’histoire d’une ancienne Royal Kumari racontée par elle-même. Le point de vue est intéressant, parce qu’il fait réaliser le fossé culturel qui nous sépare quand on n’est pas d’ici.
Voici le palais où elle vit, mais je ne l’ai pas aperçue à sa fenêtre, et de toute façon il est absolument interdit de la photographier.

Oups, hier je me suis trompée de photo pour illustrer les prairies de Katmandou, confondant le repos avec les activités de lèche-vitrines de cet animal sacré. À propos, savez-vous pourquoi la vache est sacrée au Népal comme en Inde ? Elles sont vénérées par les hindous. La vache symbolise la fécondité, la maternité, la charité et la pitié. La croyance dit que la vache est l’animal qui permet au défunt de traverser le fleuve qui le sépare du paradis. Si l’on offre une vache au prêtre lors des funérailles, le défunt pourrait ainsi s’accrocher à la queue et traverser le fleuve vers la félicité. Les Népalais ne mangent pas sa chair, mais se nourrissent de viande de buffle d’eau. Les gens de haute caste se contentent, eux, de poulet ou de chèvre, quand ils ne sont pas simplement végétariens.

Même si les prairies urbaines de Katmandou représentent une véritable utopie, dans l’air poussiéreux on sent le printemps. Les touristes arrivent… Certes ils ne sont pas aussi nombreux que l’espéraient les Népalais, à cause de ce vilain coquin qui a pris le nom d’une bière. L’effet contreproductif, pour la bière, comme pour le tourisme, risque d’être désastreux, mais ici la phobie semble moins grave, pourtant nous sommes voisins de la Chine. Avec cette manie de tout vouloir contrôler, la peur s’avère bien plus dangereuse, pour ne pas dire ridicule. Des fois je me demande si la vraie catastrophe ne serait pas que le virus se transmette par les réseaux sociaux. Imaginez un peu que les gens soient condamnés à acheter un journal pour s’informer…

Étant donné qu’elle a fait pas mal polémique, ceux qui l’ignorent encore, essayez de deviner ce que représente la mascotte choisie pour promouvoir Visit Nepal 2020.

« L’homme de sagesse se tient au centre de lui-même, comme l’Indien au centre de son tipi. C’est en lui qu’il voit tournoyer les étoiles, se lever et se coucher le soleil, dans un même mouvement d’amour et d’adoration. Il est l’éternel recommencement des choses. »
Proverbe amérindien
Vous l’aurez compris j’aime bien m’inonder l’esprit avec quelque sagesse pour initier la journée.
Mais où sont donc passées les montagnes ? Voici la vue que l’on peut avoir depuis notre rooftop, quand le ciel est dégagé. Nous sommes dans la grisaille depuis trop longtemps, alors je cherche le lever et le coucher du soleil au centre de mon tipi… Pour ceux qui connaissent le smog qui règne certains jours du côté de Milan, ça y ressemble.

Je me faufile dans la poussière de Katmandou, comme le renard du désert, évitant (pas toujours) les nids de poule, sans même casser des oeufs, me dirigeant vers chaque destination avec le flux du trafic. Je suis le road runner au milieu des bib-bip incessants.

Je lambine (parfois) dans le trafic au pas de tortue, rêvant de vertes prairies, mais sans préoccupations, puisqu’ici non plus ce ne sont pas les lièvres qui gagnent la course dans les embouteillages.
