Je vole à travers la ville, comme un pigeon en mission, enfilant au passage quelques mots français dans la tête de mes étudiants, sans oublier de me poser l’éternelle question d’Aragon : Qu’ont-ils appris qu’ils n’auront désappris ?

Je vole à travers la ville, comme un pigeon en mission, enfilant au passage quelques mots français dans la tête de mes étudiants, sans oublier de me poser l’éternelle question d’Aragon : Qu’ont-ils appris qu’ils n’auront désappris ?

Je galope d’un rendez-vous à l’autre sur mon beau cheval rouge au milieu de la jungle urbaine, préférant respirer les gaz noirs des pires pollueurs que l’air vicié (et menaçant) des bus surchargés. Déjà dans une autre vie je devais préférer la liberté des chevauchées aux voitures hippomobiles…

Il y a quelque temps que j’évite de vous parler de la routine pour faire durer le voyage le plus longtemps possible. Pourtant ma vie népalaise est faite de petits voyages, puisque désormais je butine des heures de cours dans quatre coins de la ville, avant de rentrer vers ma ruche avec la tête pleine de prénoms que je n’arrive pas à retenir…

On ne peut le saisir : le bonheur a des ailes.
Damoclès Vieux

C’est quoi exactement l’hypersensibilité ? Un illustrateur nous l’explique :
Une personne sur 5 serait hypersensible

Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contre-poids au droit de l’homme le droit de la femme.
Victor Hugo

Savez-vous que, même si c’est désormais interdit, dans certains villages reculés du Népal, une femme qui a ses menstruations ne peut même pas rester dans sa maison et qu’elle doit se retirer dans une cabane pendant la durée de son cycle.
Je suis très fière qu’une de mes étudiantes aient oser aborder ce sujet dans le journal de l’école où j’enseigne. Grâce à son autorisation, voici son article ci-dessous. Je crois que tout changement ne peut venir que de l’intérieur, raison pour laquelle j’estime très important le fait qu’une jeune adolescente ose dire qu’il est temps que les choses changent.

Traduction :
Stigmatisation des menstruations
De nombreux changements inhabituels et importants se produisent dans la vie des adolescentes, en particulier ce que l’on appelle les menstruations. Les menstruations ne sont pas seulement douloureuses, mais elles entraînent de nombreux changements et luttent contre elles.
Dans notre pays comme le Népal, les femmes sont isolées pendant leurs règles, les femmes deviennent intouchables, elles sont restreintes à certains endroits comme les temples, la cuisine ou tout autre lieu saint parce qu’elles sont considérées comme impures.
Dans le pire des cas, en particulier dans les régions éloignées, les femmes ne peuvent pas rester chez elles, elles sont envoyées dans une cabane appelée « goths » où elles risquent d’être mordues par des serpents et où les mauvaises conditions météorologiques peuvent entraîner la mort de certaines personnes. Cette pratique du « chhaupadi » est une tradition suivie par beaucoup, qui pensent que Dieu devient malheureux si elles restent dans leur propre maison.
Mais aujourd’hui, il est temps de changer, interdire aux filles d’entrer dans leur maison, les éloigner de leur famille et les laisser dormir dans un endroit peu hygiénique est une chose inhumaine.
Afin de faire un pas en avant, nous devons sensibiliser les gens aux effets du « chhaupadi » sur les adolescentes ou aux conséquences que les femmes doivent subir pendant leurs menstruations. En conclusion, les menstruations ne devraient pas définir les endroits où il est interdit à une femme d’aller, de faire ou de rester, après tout, nous sommes tous des êtres humains égaux.
Sandra
Pardon Mesdames si je parle de vous, mais c’est quelque chose que je ne comprends pas dans ce pays, comme dans d’autres pays d’Asie. Pourquoi voit-on autant de femmes sur les chantiers qui font des travaux aussi pénibles que de porter des pierres ou du sable dans des hottes ? Je doute que ce soit un choix de vie comme l’on choisit d’être coiffeuse, avocate, vendeuse ou diplomate. Cela me fait mal de voir le peu de considération que les gens ont pour elles.

Le voyage m’a nourri, tout comme la découverte de ce pays, si différent par sa culture de là d’où je viens, mais vous savez aussi combien le voyage de l’écriture occupe de place dans mon esprit. Voilà pourquoi, une lueur d’espoir brille aussi à l’horizon, en espérant pouvoir faire découvrir un atelier d’écriture à quelques aventuriers vivant à Katmandou. Je dis aventuriers, parce que je sais combien ce n’est pas toujours facile d’oser se lancer dans quelque chose de nouveau sans vraiment savoir de quoi il s’agit :
Durée de l’atelier : 3 heures
Vous n’avez aucune idée de ce qu’est un atelier d’écriture créative et souhaitez le découvrir avant de décider si cela vous intéresse. Dans cet atelier vous aurez la possibilité d’expérimenter d’une manière active toutes les étapes :
Prochain atelier : dimanche 9 février 2020 de 10 heures à 13 heures
à l’Alliance Française de Katmandou
Ward 4 – Dhalko Bato – Pulchowk – Lalitpur 44600
Prix de l’atelier : 550 roupies népalaises
Contactez la réception de l’Alliance Française pour vous inscrire :
cours.afk@gmail.com
01-5009221 / 9808418422
Pourquoi écrire ? Parce que :
L’écriture me donne le sentiment d’ajouter des jours à ma vie.
M. G. Le Clézio
Le tremblement d’un pétale quand une goutte de pluie le heurte : c’est cette vibration que je cherche dans l’écriture, l’imperceptible inquiétude de l’âme en paix.
Christian Bobin
Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie.
Blaise Cendrars
Ou simplement parce que :
L’écriture est la peinture de la voix.
Voltaire
et que vous avez envie de voir la peinture de votre voix…

Ah les Tuk tuk ! Je ferais le tour du monde en Tuk tuk… C’est la fin du voyage… enfin presque, puisqu’il faudra encore quelques heures de bus (et non les tuk tuk ne vont pas jusqu’à Katmandou) pour regagner la capitale.
