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Serrer des mains

Bien que le temps patine, bien que les aiguilles s’arrêtent sur le cadran de la vie, dehors les oiseaux chantent, le printemps inonde le paysage et l’être humain comprend qu’il n’est maître de rien… Naissance ne rime pas avec mort… comme départ ne rime pas avec arrivée… pourtant c’est le même chemin. L’attente sera-t-elle la gagnante ? Pendant que des soldats en blouses blanches luttent contre cet ennemi invisible, je voudrais être sur le champ de bataille, montrer combien je suis brave au combat… mais mes ressources ne sont que des mots pour tenter d’apaiser les maux de ceux qui prennent congé de leur proche dans le silence et la solitude. Même si la toile virtuelle s’étend aux quatre coins de la planète, je sais qu’il y a des moments dans la vie où une poignée de main transmet plus de réconfort qu’une multitude de messages désincarnés… Je voudrais pouvoir serrer des mains de tous ces endeuillés du silence…

rhdr

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Le tic-tac pour ne pas devenir toc-toc

Hier je vous racontais l’histoire du temps qui s’était arrêté sur le cadran de ma montre. J’ai alors pensé que je pourrais réapprendre à lire les heures dans le ciel, comme quand j’étais enfant et que j’attendais impatiemment l’heure du thé quand nous travaillions dans les champs.

Quelques heures plus tard, j’ai voulu ranger ma montre au fond du tiroir, oublier le passage du temps. J’ai alors surpris la course de la grande aiguille… Le mécanisme s’était remis en marche. Après le choc, ma montre aussi avait eu besoin d’une pause, elle avait laissé le temps se débrouiller sans elle, le temps avait filé trois heures en avant, mais elle se remettait dans la course sans rien changer à ses habitudes, suivant toujours son rythme saccadé, sans même essayer d’accélérer le pas. Alors, j’ai actionné la tige du remontoir et l’ai aidée à rattraper le temps perdu.

Ici à Katmandou, nous sommes désormais censés rester chez nous depuis ce matin six heures. Une jeune Népalaise est rentrée au pays depuis la France et a ramené dans ses bagages le virus au nom de bière. Elle est désormais à l’hôpital et sa famille en quarantaine… on recherche tous ceux qui ont eu un contact avec elle. Sachant le nombre de rapatriements qu’il y a eu ces derniers jours dans tous les sens sur les routes du monde (surtout les avions), c’est certain que ce royal désastre se sera encore plus propagé aux quatre coins de la planète.

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Quand le temps s’arrête

Ce matin, mon premier geste a été de provoquer la chute de ma montre… Et le temps s’est arrêté sur le cadran. Zut alors ! Non ce n’était pas prémédité. Même les grands horlogers suisses ont arrêté leur production. Me voilà condamnée à faire comme tout le monde, regarder l’heure sur mon téléphone… Mais n’est-ce pas cela cette crise mondiale, suspendre le temps ? Attendre la vague et la regarder s’éloigner… Je parle bien sûr de gens comme moi qui n’ont pas un métier qui leur permettent d’agir sur le champ de bataille… Attendons, échangeons et prenons la vie avec philosophie.

Depuis aujourd’hui, les avions ne passent plus au-dessus de chez nous, nous ne devrons plus interrompre nos discussions sur la terrasse. Je garde dans mon cœur l’image de l’avion ci-dessous, parce que c’est l’avion dans lequel étaient assis ma fille et son compagnon quand ils sont repartis du Népal en janvier…

Dans la rue, les voitures et les motos continuent de klaxonner, les gens continuent de se racler la gorge avant de cracher par terre (même s’ils ont appris à se laver les mains toutes les heures). Hier, j’ai vu de nombreuses personnes le long de la route principale. Ils attendaient avec leurs bagages, tous prêts à faire un long voyage pour rejoindre leur village, pour s’éloigner de la capitale. Alors que les regroupements de plus de vingt-cinq personnes sont interdits, j’ose espérer que le virus n’est pas lui aussi monté dans ces bus qui dépassaient de loin le nombre autorisé.

avion

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Dernières nouvelles de Katmandou

Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit.

Marguerite Duras

Me voici plus que jamais au chômage technique. Toutes les écoles sont maintenant fermées ici et l’on s’organise pour mettre sur pied des cours en ligne. Impossible d’arriver ou de quitter le Népal depuis demain. On continue à nous dire que pour l’instant le Coronavirus n’est pas dans le pays, mais le gouvernement préfère prendre des mesures de précaution, sachant que le système sanitaire ne résisterait pas à une crise telle que celle qui sévit en ce moment en Europe. À l’entrée des magasins ou des banques, un employé nous asperge désormais du gel désinfectant, mais les bus sont toujours bondés. Espérons que ces mesures seront efficaces. Mes projets de trek sont annulés, alors je voyagerai dans le monde imaginaire…

Si vous êtes confinés (ou pas), vous me feriez un véritable plaisir en répondant à ma publication du 19 mars, laissez venir les mots avec les lettres de votre prénom… Courage, nous sommes tous les potiers de cette crise. Merci d’avance !

poterie

 

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Quand l’imagination s’envole

Kiosque à musique silencieux

Amitié virtuelle réconfortante

Tranquillité inhabituelle

Mouvement de foule fantomatique

Allons Enfants de la patrie

N’oublions pas ce monde merveilleux

Dans notre imaginaire libre d’aller

Oublions nos peines passagères

Unissons la force de notre imaginaire

 

Petit exercice de style : écrivez un acrostiche avec votre prénom (avec le prénom de votre père pour ceux qui fêtent la Saint Joseph ou avec le message que vous voulez faire passer) et postez-le ci-dessous.

Kat.2

 

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J’ai cueilli cette fleur pour toi

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.

(…)

Victor Hugo

nor

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Des scènes de folie

J’observe à distance ce qui se passe en Europe et cela m’inquiète un peu. Je ne veux pas parler de la maladie mais du fait que l’on demande aux biens portants de rester confiné chez eux. Je vois bien que même si certains font preuve de bon sens, on a tôt fait de les faire se sentir coupables de ne pas penser aux plus faibles. Oui, il va y avoir des malades, mais il fut un temps où c’était la solidarité qui faisait que les gens ne craignaient pas d’être contaminés à leur tour pour tenter de soigner les malades. Pardonnez-moi, mais je ne crois pas que cela empêchera au virus de circuler, et même si cela devait, imaginez qu’on vous demande de répéter ces scènes de folies à chaque menace. Je m’interroge sur nos sociétés aseptisées où tout est un droit, où tout est un dû, où tout est basé sur l’individualisme. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours constaté que c’est le grand air (l’activité sportive ou le travail) qui nous permet de rester en bonne santé. Une de mes étudiantes m’a dit l’autre jour que le virus ne s’attaquait qu’aux pays riches. Je ne sais pas si le Népal est épargné, au début, quand cela a commencé chez nos voisins chinois, on nous a parlé d’un cas et depuis plus rien. Personnellement je pense qu’on ne nous dit pas tout, mais je constate que la société ici, qui fonctionne avec l’esprit de la collectivité, continue de rire, continue de cracher par terre, continue de marcher dans la foule, continue de vivre… et ne fait pas de réserves de papier de toilettes (pour ceux qui en utilisent). Qu’on pense qu’on va protéger les gens en fermant les stations de ski, les salles de sport, etc. et qu’on leur demande de rester chez eux devant leurs écrans à surveiller le compte des morts par pays… êtes-vous prêts à tout cela ? Alors bon courage, et si vous vous ennuyez, relisez le Hussard sur le toit de Jean Giono !

rhdr

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Souriez !

L’homme se fait secourir par l’effroi; il demande aide à sa crainte; l’anxiété, c’est un conseil d’agenouillement.

Victor Hugo

Ici ça sent bon le printemps… alors je me suis arrêtée un instant pour le partager avec vous. Dans la majorité des écoles, on arrive (si on n’y est pas déjà) en période d’examen, car l’année scolaire se termine tout bientôt. Ce matin en montant les escaliers, j’étais immergée dans la rivière d’élèves en uniformes bleu foncé, je me disais que toute cette jeunesse était décidément mieux à l’école qu’à la maison où dans les rues. Même si certains portent le masque, ils sont comme le printemps ils ont l’énergie et les couleurs de la nature. Et je m’interroge un peu naïvement : la maladie n’est-elle pas comme la moto (ou le ski), on tombe quand on a peur ? Alors souriez, la crainte du danger est plus terrifiante que le danger lui-même. Éteignez la radio, la télévision, etc… et regardez l’explosion de la nature.

qrf

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Les ailes de la liberté

Demain sera la journée internationale des femmes. Avec la multiplication des journées internationales, on banalise chaque évènement. Saviez-vous par exemple que le 11 mars est celle de la plomberie ? et celle du 14 celle de pi (=3,1415926…). Franchement, vous ne trouvez pas tout cela à la limite de l’absurdité ? À quoi peut alors ressembler la journée des droits de la femme ?

Pourtant, je n’oublie pas que quand je suis née, les femmes de mon pays n’avaient pas encore le droit de vote. Je n’oublie pas non plus que j’ai quitté mon pays parce que là-bas le monde professionnel valorise plus la jeunesse (qui coûte moins cher) que l’expérience. Mais je sais que je viens d’un pays où les femmes sont libres. Je n’oublie pas que c’est en Russie en 1921 que le 8 mars a été décrété “Journée Internationale des femmes”. Quand j’observe les femmes de mon âge dans le pays où je vis, je me dis que j’ai de la chance, je sais jusqu’où l’on peut voler avec les ailes de la liberté. 

rhdr