Chère Comtesse

Escapade au Maroc

Hier, j’ai reçu un doux message de cette Chère Comtesse : la voici en randonnée du côté du Maroc en agréable compagnie. 

Chère Comtesse

Les paroles de la lune

Ce soir, quand je m’installe sur ma petite terrasse du 7ème étage, j’ai la joie de vivre en direct l’éclipse de lune, belle surprise !

Les soirées de pleine lune me ramènent toujours au Népal, j’y revois les bougies à huile allumées autour du stupa, je me souviens de l’énergie. Ce mois, j’y pense encore plus intensément… 

Ces temps, on parle beaucoup du Qatar… Vu que je n’ai jamais regardé un match de foot de ma vie, il ne sert à rien de dire que je boycotterai la manifestation et je ne cherche pas à alimenter la polémique. Par contre, je voudrais que cela génère la compassion du monde entier pour les bâtisseurs des temps modernes qui ont payé de leur vie. Voici pour eux un petit extrait de cette « Chère Comtesse ».

Chère Comtesse

Qu’en pensez-vous ?

Quelle jolie surprise ce matin : des nouvelles de cette Chère Comtesse qui se balade à Paris en agréable compagnie. Elle, qui a vécu dans la ville lumière, j’espère qu’elle appréciera ce voyage au XXIème siècle et qu’elle retrouvera quelques charmants tableaux de son passé. J’aimerais bien savoir ce qu’elle pense de cette grande dame de fer que tant d’artistes annonçaient comme vertigineusement ridicule au moment de sa construction. 

Chère Comtesse

Non, je n’ai pas rêvé !

Merci Claude Durussel pour cette publication sur Caps TV qui me permet de me dire que non je n’ai pas rêvé … Quelle belle émotion de voir partir tous ces gens avec mon livre entre les mains, avec tous ces mots qui occupaient ma tête depuis tant d’années. Cela me donne le courage nécessaire pour me remettre au travail. Je suis de retour à Hanoï où la chaleur est toujours d’actualité. Merci et à bientôt j’espère !

https://www.youtube.com/watch?v=5J5e0hk1jdM

Chère Comtesse

La valise rouge

Me voici de retour dans ma demeure vietnamienne. Déjà assommée par la chaleur de ce lundi matin, j’essaie de me donner du courage en m’asseyant un instant pour vous raconter pourquoi je vous disais dans mon dernier message que la partie « bagages » est ce qui me déplaît le plus dans l’organisation du voyage.

Pourtant cette fois, je me sentais beaucoup plus sereine que lors de mon premier vol vers le Vietnam. La marge de temps était plus que réglementaire, je savais où j’allais, vers quoi je retournais. 

Quand je suis arrivée au guichet d’enregistrement à l’aéroport, après une interminable file d’attente, c’est pour m’entendre dire que mon bagage à mains pesait 5 kilos de trop. Eh oui, je ramenais quelques livres… Que faire de cet excédent ? Le basculer dans la grosse valise ? Spectacle garanti pour tous ceux qui s’ennuient dans la file d’attente. Courage, le public ne me fait plus peur.

Alors je déscotche la grosse valise que j’avais déjà eu des difficultés à fermer. La dame du guichet m’autorise à faire la navette vers elle pour peser jusqu’à ce que j’aie les cinq kilos excédentaires entre les mains. Eh non un livre de cette chère Comtesse ne pèse pas un kilo, ce qui aurait été trop pratique vu que j’en avais cinq. J’ai beau être d’une nature exagérément optimiste, je vois bien qu’il faudrait un miracle pour réussir à tout caler dans la grosse valise, mais j’essaie quand même. En transpirant de grosses gouttes de stress, je me dis que cette règle est nouvelle, je ne me souviens pas qu’on ait pesé mon bagage à mains. 

Si vous avez déjà voyagé, vous connaissez tous ce moment où on pose un genou sur la valise, puis le corps tout entier, pour tenter de relier deux moitiés que l’on voudrait tant voir réunies. Se sentir observé par une foule qui n’a rien d’autre à faire que d’attendre confirme l’expression « se donner en spectacle ». Pourtant je n’ai pas eu le temps de me relever pour voir si quelqu’un avait la délicatesse de m’applaudir. 

Mes tentatives ont duré jusqu’au moment où la fermeture éclair s’est cassée. Inutile de tenter avec celle qui partait à l’autre extrémité, le temps pressait, l’optimisme était dans le brouillard, il fallait agir vite. C’est-à-dire trouver une autre valise ou m’asseoir sur celle-ci et pleurer. 

Il n’y a pas de problème sans solution. La dame du guichet me confirme que « oui » je peux aller acheter une valise « non » je ne peux pas laisser mes bagages près du guichet. Alors départ avec ma valise béante, le sac plastique où j’ai remis les 5 kilos excédentaires, mon sac à mains et le bagage avion… Le temps presse. 

Un aimable vendeur m’accueille avec le sourire en me disant qu’il voit où est mon problème. Je n’ai pas le choix, il ne vend que des valises de qualité, ça m’apprendra à avoir remis le problème à plus tard. Déjà lors de mon premier voyage vers le Vietnam, ma valise avait montré des signes de fatigue. C’est depuis là que j’ai pris l’habitude de la scotcher en me disant à chaque fois qu’il faudrait songer à la changer. 

Ainsi j’achète la Rolls Royce des valises, rouge, on la verra mieux sur le tapis à l’arrivée. Je suis tellement stressée que je parle toutes les langues avec ce cher vendeur, allemand, anglais, italien, espagnol, il finit par me demander d’où je viens et me prouve qu’il parle aussi très bien le français. Ah la Suisse ! Quel paradis linguistique ! 

Quand j’ai fini de tout transvaser, il songe à me montrer où insérer le code, je n’ai pas le temps de le changer, j’essaierai de comprendre toute seule quand je serai arrivée. 

L’heure tourne, il faut payer et retourner à l’enregistrement – « Oui » j’ai bien contrôlé que j’avais tout pris (même si pendant tout le voyage je me suis demandé si j’avais transvasé aussi la clé USB noir). Je retourne au guichet du check-in, c’est la première fois que je suis la dernière… Est-ce pour cela que je me suis retrouvée en business-class sur le vol Zurich-Doha ? Peut-être, à moins que la dame du guichet ait eu pitié de mon marathon de stress. Malgré cela c’est au jeune couple juste devant moi dans la file d’attente que je pensais, je ne sais pas où ils allaient mais la dame ne voulait pas les laisser partir parce qu’ils n’avaient pas fait le test PCR. J’espère que leur histoire a aussi bien fini que la mienne.

À peine arrivée, je veux débarrasser ma nouvelle Rolls de son contenu. Si le vendeur m’a expliqué comment faire pour changer le code, il ne m’a pas montré comment l’ouvrir. Mince – je n’arrive pas à comprendre comment ça marche ! C’est vraiment trop bête, ça me rappelle mon arrivée au Népal, quand j’avais fini par devoir faire sauter la serrure pour un autre problème (dont je n’étais pas responsable cette fois-là). 

On se calme. On s’occupe d’autre chose. Si jamais j’appellerai ma joyeuse voisine du Népal, je suis sûre qu’elle aussi a une de ces Rolls, tant pis si elle se moque un peu de moi.

Et la magie opère… Je comprends. La valise s’ouvre. 

À la fin tout finit toujours par s’arranger. Et c’est la fin de l’histoire de la valise rouge… Heureusement, car il va falloir recommencer à se concentrer pour renfiler mon tablier de prof de français.

Chère Comtesse

Merci à tous !

Voilà, c’est de nouveau l’heure de penser aux bagages, la tâche que j’aime le moins dans l’organisation du voyage. 

Avant-hier mes filles m’ont emmenée sur les hauteurs d’Ascona pour escalader un rocher. Au milieu de la paroi m’est venue l’envie d’abandonner et de redescendre, mais j’ai réussi à atteindre le sommet, grâce aux encouragements de celles qui croyaient en moi. J’ai pu ainsi contempler un moment le lac Majeur dans toute sa splendeur avant de redescendre joyeusement en rappel.

L’écriture c’est un peu cela, on a souvent envie d’abandonner et même si on accède au sommet de la gloire grâce à la publication, il faut redescendre et se remettre dans la vie de tous les jours… Demain, je repartirai vers le Vietnam, je repars vers mon autre vie. Je sais que ce ne sera pas facile, mais si la facilité était ma compagne, je sais aussi que je n’aurais jamais écrit ce roman. 

Vu que de nombreux lecteurs ont désormais mon livre entre les mains, comme me l’a dit mon fils « Tu ne pourras plus dire que personne ne lit ce que tu écris ». Alors, bien que j’aie compris que sur le plan financier il vaut mieux continuer à pratiquer mon métier d’enseignante, la richesse des rencontres faites autour de cette Chère Comtesse m’a enrichi le cœur de beaux moments. 

Hier soir encore l’ascenseur émotionnel était en action, depuis le trac qui paralyse jusqu’à ce plaisir extrême provoqué par les applaudissements. Toutes mes vies tessinoises étaient réunies : le val Maggia, Ascona, Locarno, les compagnons d’aviron, des participants d’ateliers d’écriture, une ancienne collègue du lycée de Mendrisio et naturellement mes enfants bien accompagnés, qui m’ont aidée à vendre les livres et servir l’apéritif avec un délicieux rosé du manoir de Valeyres pendant que je m’exerçais à l’art de la dédicace. La salle de la bibliothèque de San Nazzarro n’est pas un lieu aussi historique que le manoir de Valeyres, mais la soirée était très chaleureuse et je suis sûre que la comtesse aurait été enchantée de cette magnifique vue sur le lac Majeur depuis la terrasse. 

Merci à tous !

Chère Comtesse

Retour vers le Tessin

Chère Comtesse,

Dans quelques heures je quitterai Valeyres. Je me mettrai en voyage vers le Tessin, ce canton que vous chérissiez vous aussi. J’emmène dans mes valises des livres pour faire connaître votre histoire aux francophones et francophiles de la Suisse italienne, j’espère qu’elle les intéressera. 

Mon voyage vers le sud ne ressemblera en rien à celui que vous avez fait avec votre Bande du Jura en 1857, puisqu’aujourd’hui on traverse le massif du Gothard avec le train en vingt minutes, par le plus long tunnel du monde, soit 57 kilomètres. 

J’ignore quel sera le destin de mon roman « Chère Comtesse – De Katmandou à Valleyres » mais je vous confie que c’est à chaque fois une belle émotion de voir les gens repartir avec cette promesse que vous allez voyager dans leur tête et resusciter toute votre famille ou vos proches sur la rivière du passé.

Hier, j’ai reçu un beau cadeau : le témoignage d’une amie qui vous a emmenée au bord du lac de Morat avec elle, une Française comme votre cher Comte, qui a vécu dans votre manoir et qui n’a plus jamais quitté ce joli village de Valeyres. La photo de sa lecture sur une table de camping m’a fait comprendre que je peux désormais vous laisser naviguer seule, ma promesse est tenue, je vous ai sortie de la tombe de l’oubli.

Bon voyage chère Comtesse !

Chère Comtesse

Le pouvoir des livres

Quand je suis à Valeyres, mes promenades ne m’emmènent pas autour des lacs mais près des vignobles, le long des champs, dans les bois et sur les collines. 

Hier, l’émotion m’a mis les larmes aux yeux quand j’ai vu les deux belles roses qui ont été déposées sur les pierres tombales du Comte et de la Comtesse de Gasparin. 

Soudain, ce petit cimetière privé m’est apparu comme moins austère. Aussi loin que remontent mes souvenirs, jamais je n’y avais vu une fleur sur une tombe. Alors je suis descendue un instant saluer la mémoire de ces deux grands personnages. 

Je me suis assise sur le petit banc de pierre autour duquel s’épanouissaient de jolies fleurs de cyclamens sauvages. 

Et si les livres avaient un pouvoir ?