S’accrocher à ses rêves conduit rarement sur une autoroute bien droite… N’est-ce pas ce que nous dit la souplesse de l’écureuil ? Son habileté à vivre sa vie avec panache l’emmène sur les sentiers de la liberté. Le vide ne lui fait pas peur, il récolte les glands et certains deviendront des chênes, la force est dans la persévérance.
Tout n’est-il pas qu’une simple question de regard ? Un point de vue ou un angle particulier ? J’aime la photographie, mais je n’aime pas les Selfie, le regard est toujours le même…
Le Costa Rica s’apprête à élire un nouveau président et ce ne sont pas moins de 25 candidatures qui tapissent le paysage politique du pays. Ce week-end, les klaxons étaient encore plus nombreux dans les rues et les couleurs des drapeaux des différents partis (ou candidats) flottaient aux fenêtres de longs cortèges de voitures. On prépare le premier tour électoral du week-end prochain. Impossible pour moi de connaître le point de vue de chaque candidat, je n’aime pas assez la politique pour cela, mais cela m’intrigue, pourquoi autant de personnes pensent avoir la solution idéale pour son pays ? N’est-ce pas aussi un peu comme cela du côté de chez les Gaulois ? Quand j’aperçois le drapeau bleu et rouge, c’est au Tessin que je pense, mais ici il représente un parti politique, j’ignore la couleur de leurs idées…
Les cartes gagnantes du Costa Rica sont sans aucun doute sa faune et sa flore. C’est probablement pour cela que je me sens mieux et plus en harmonie avec moi-même dès que je m’éloigne de la capitale.
Nous sommes si petits devant la grandeur et la force de la nature que je comprends pourquoi l’être humain a eu besoin d’inventer la ville pour se sentir plus fort…
J’irai au bout du monde assise dans un kayak. Bon c’est vrai que quand on connaît des gens dans tous les coins du monde, le bout du monde n’existe plus. Toutes ces expressions ne sont-elles pas un peu ridicules puisque qu’il n’y a ni extrémité ni coin dans cette grande boule ?
Cela n’empêche que l’aventure m’attire quand je peux pagayer, comme si elle réveillait mon cœur de Pocahontas. Surprendre un oiseau sur sa branche, se laisser glisser sous les arbres, explorer jusqu’à ce que la végétation stoppe la frêle embarcation, écouter une nature intacte, oser aller là où personne ne va, se laisser bercer par le calme des lieux… J’adore.
Et quand nous revenons à la base navale, je me laisse surprendre d’autant de différences entre les êtres humains, puisque le plaisir d’autres est de partir assis sur un scooter des mers (même si nous sommes sur un lac) en écoutant de la musique à fond et la puissance du moteur, sans oublier d’emmener quelques bières pour que le moment ressemble à un vrai moment de bonheur.
Guidés par notre passion pour le chocolat, nous voici immergés dans une ferme où on en produit de manière artisanale. Nous commençons par visiter la finca de Don Juan, le premier à avoir cultivé le cacao sur les terres volcaniques de l’Arenal. C’est toujours intéressant d’écouter les gens passionnés par ce qu’ils font. Le guide réussit même à nous faire aimer les moustiques, acteurs de la pollinisation de certaines plantes. Il nous montre à quoi ressemble l’arbre sur lequel on trouve la vanille (le fruit d’une orchidée) et nous fait comprendre sa valeur ; il gratte un peu la tige d’une plante pour nous aider à reconnaître l’odeur de la cannelle ; il ouvre devant nous le fruit du cacao et nous donne à sucer quelques fèves. Je regarde ma fille pour voir si cela éveille en elle un lointain souvenir, puisqu’elle aimait sucer ce genre de bonbon quand elle était petite et que nous vivions en Colombie. Non, les souvenirs sont trop lointains.
Nous écoutons avec attention toutes les explications et admirons la plantation qui ressemble plus à un immense jardin qu’à un champ. Je suis sous le charme des nombreux colibris qui profitent de cette diversité abondante.
Puis vient enfin l’atelier chocolat où nous allons fabriquer nos propres chocolats. Que se passe-t-il quand trois petits Suisses se mettent à fabriquer du chocolat au Costa Rica ? Disons que je préfère faire confiance aux spécialistes. Si ma fille était assez contente du sien, le mien était tellement amer que je ne l’ai pas encore tout mangé. C’est probablement une question de dosage, mais celui au fruit de la passion que j’ai acheté dans la boutique n’avait aucun point de comparaison avec ma petite cuisine.
Pourquoi la nature a-t-elle donné de telles cornes à cette vache ? Pour se défendre contre un prédateur que je ne vois pas ? Pour se gratter ou faire fuir les mouches ? Pour élire la reine parmi ses semblables comme dans mon lointain pays ?
Celle-ci m’a donné l’impression que c’était pour dessiner le paysage du volcan Arenal dans l’autre sens.
L’avantage quand on voyage avec des jeunes, c’est qu’on a une bonne excuse pour faire des activités teintées d’un délicieux goût d’aventure. Quoi de mieux que de se laisser glisser sur un fil au-dessus des arbres pour admirer le royaume des singes et tenter de les imiter ?
J’avais déjà passé plusieurs fois sur ce pont, mais ce jour-là j’ai compris pourquoi il y avait souvent des embouteillages à cet endroit et pourquoi les gens s’y arrêtaient. Ce que je n’ai pas compris par contre c’est comment ils faisaient pour qu’il y ait toujours autant de crocodiles juste en-dessous du pont. Est-ce qu’on y lance de temps en temps quelques touristes trop agressifs pour nourrir ces grosses bêtes ?
Ma vie est un long voyage… Ça tombe bien j’aime les voyages, alors ne soyons pas égoïstes, partageons puisque j’ai dans mes bagages quelques images qui permettront de le prolonger. Celui que je viens de faire avec ma fille et son compagnon m’a fait comprendre que ce que j’aime dans ce pays c’est la nature, la culture n’offrant guère de trésors à découvrir (à moins qu’ils soient bien cachés et encore inaccessibles à mes yeux). Il y eut la rencontre avec ce cheval blanc qui semblait admirer le coucher de soleil, je l’ai vu comme un symbole de mon appétit de liberté. Il y eut aussi des plages où l’horizon me rappelait les vers de Baudelaire
La mer est ton miroir. Tu contemples ton âme dans le déroulement infini de la lame.