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Un esprit sain dans un corps sain

Mens sana in corpore sano

Juvénal (entre 90 et 127 ap. J.-C.)

Voici ce que l’on retient à notre époque de Juvénal, une citation écrite il y a presque 2000 ans. Pourtant, si l’on creuse un peu en profondeur, on s’apercevra que ce poète latin a écrit ses Satires pour dénoncer les mœurs corrompues de Rome. De plus il vaudrait la peine de reprendre ce qu’il a écrit de manière plus complète, la citation exacte était :

Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano

soit : Il faut prier afin d’obtenir un esprit sain dans un corps sain.

Aujourd’hui, l’idée populaire est de croire qu’il faut faire du sport pour que l’esprit soit en bonne santé. Mais n’y a-t-il pas un risque à vouloir trop privilégier la compétitivité ou l’apparence physique et à se concentrer uniquement sur l’aspect corporel de la vie ? L’épanouissement ne passe-t-il pas aussi par l’esprit ?

Cette semaine, je parlerai donc du sport et de l’équilibre qu’il apporte. Pourtant, je ne veux pas parler de sport extrême, ni du sport professionnel (parfois alimenté par des investissements obscènes qui injurient la pauvreté dans le monde) et encore moins du problème du dopage (qui dévoile un monde de tricheurs et d’hypocrites). Je resterai simple : un sport par langue. Même si un jour on m’a mis l’étiquette de dingue de ski et que j’ai skié dans toutes les langues, je ne parlerai pas de ce sport, il aura peut-être un jour son chapitre rien qu’à lui.

Le premier sport que j’ai pratiqué en français, dans le cadre d’une société, était la gymnastique. Une passion héréditaire qui s’est transmise dans la génétique familiale. Je me souviens de ma première soirée de gymnastique, le spectacle annuel dans mon petit village, je devais avoir à peine quatre ans, je portais une jolie robe bleu ciel, on m’avait installée sur une balançoire dans un coin de la scène, je n’avais rien d’autre à faire que de me balancer (un garçon me poussait) pendant que les gymnastes se produisaient en musique derrière moi. Quelques années plus tard, je devins une pupillette (mot qui qualifiait autrefois, dans ma région, les pupilles filles, soit les jeunes gymnastes) ; lors d’une autre soirée, je me retrouvai au centre pour montrer les exercices aux plus jeunes pendant la production. Je me souviens encore de la sensation de responsabilité que j’avais au milieu de ce cercle. Aujourd’hui, je ne fais plus le grand écart avec la même souplesse de mes jeunes années, mais je tente d’utiliser la souplesse de l’esprit pour résister à n’importe quel imprévu.

GYM RANCES

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