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Vous avez un moment ?

Quand je vais faire le tour du lac Hoan Kiem, je suis très souvent arrêtée par des jeunes (enfants ou adolescents) qui me demandent si j’ai quelques minutes pour les aider à pratiquer leur anglais. Les questions sont toujours les mêmes :

  • Where are you from ?

C’est le premier indice qui montre que la question est plus importante que la réponse, car généralement quand je réponds « Suisse » et que j’essaie de savoir s’ils connaissent mon petit pays, ou ses voisines la France, l’Italie ou l’Allemagne… ils ne semblent guère doués en géographie.

La deuxième question est souvent :

  • How old are you ?

Eh oui, les codes de politesse ne sont pas les mêmes que dans notre culture, ici peu importe que l’on soit femme ou homme, l’âge est important pour savoir quel mot utiliser pour s’adresser à son interlocuteur… enfin c’est ce que j’ai cru comprendre quand j’ai voulu savoir pourquoi c’était si important pour eux de connaître l’âge de la personne. J’avoue que cela m’a fait un choc quand j’ai lu le traducteur Google de la femme de ménage qui s’adressait à moi en disant « Grand-mère ». Bein oui, même si je ne suis pas encore grand-mère, c’est un bon moyen pour me rappeler que je ne suis plus une jeunette…

Puis arrive toujours la question :

  • Do you like vietnamese food ? 

Ou

  • What is your favorite dish in Vietnam ?

Bien sûr que je réponds toujours que oui, j’aime la nourriture vietnamienne, le contraire n’est même pas envisageable pour eux. Quant à mon plat favori… le nom le plus facile à se souvenir ce sont les rouleaux de printemps… aussi parce que je ne suis pas trop fan de leur plat traditionnel, le pho, vu qu’il fait toujours trop chaud à mon goût pour avoir envie de manger leur soupe de nouilles.

Puis vient le moment où ils me demandent s’ils peuvent faire une photo (s’ils n’ont pas demandé au début pour filmer) et comme généralement je dégouline de sueur, je tente de refuser… et c’est là qu’ils me disent qu’ils ont besoin de la photo pour prouver qu’ils ont fait les interviews. Alors je me dis que cela doit être sacrément fatigant d’être une star et de devoir toujours être prêt à offrir son image !

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Pagode Ho Quoc

De retour dans la fournaise d’Hanoï, rien ne m’empêche de retourner en pensée sur l’île de Phu Quoc pour vous parler de la magnifique pagode Ho Quoc. Située sur une colline verdoyante, elle surplombe la mer et c’est un lieu empreint d’une grande sérénité. Je suis toujours étonnée de la jeunesse des sites religieux dans ce pays, puisqu’elle ne date que de 2012 et qu’elle est encore en construction. 

Le Buddha de jade – Symbole de paix universelle
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Saveurs de voyage

Le voyage passe immanquablement par l’estomac. Et comme ici ce n’est pas moi qui cuisine, l’exploration est une grande joie, surtout quand la cuisinière aime fidéliser sa clientèle avec des plats telle cette mousse à l’avocat sur patates douces, décorée avec le fruit du dragon, des pistaches et des noix de cajou, un vrai régal ! Tout comme hier la salade de fruits mélangés aux légumes et un œuf était aussi surprenante que délicieuse. 

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Phu Quoc

Quand on vit dans un pays qui côtoie autant de plages, on a le choix pour se prélasser sous les cocotiers. Après un mois de juin plus qu’intensif, je reprends mon souffle sur la plus grande île du Vietnam : Phu Quoc, à seulement 15 kilomètres du Cambodge dans le golfe de Thaïllande. 
Ici aussi, l’histoire me rappelle combien les frontières ont été dessinées par certains et qu’elles peuvent être l’objet de désaccord. En effet, je lis que le Cambodge revendique Phu Quoc car elle a été offerte par les Français au Vietnam en 1949 lors de l’annexion du delta du Mékong. 
Allez, je ne suis pas ici pour parler politique, alors partons laisser quelques empreintes éphémères sur la plage. 
C’est vraiment surprenant comme la nature prend possession de ce qu’elle rencontre. Ici une noix de coco retapissée, mais on y voit aussi des bouteilles (en plastique ou en verre) avec la même décoration.

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Une fleur

Lundi matin – Le taux d’humidité à 96 % me suggère de reporter à demain la petite lessive. 

Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours envie de photographier les fleurs d’hibiscus… Peut-être est-ce leur caractère éphémère qui me fascine.

La nature prend tant de temps à fabriquer cette perfection… pour éclore à l’aube et mourir au crépuscule.

Alors j’immortalise l’éclat de l’instant dans ma petite boîte et je partage le sourire de cette joie.

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Unifier

Quelle chance j’ai d’habiter si près du poumon vert de Hanoï, le parc Thông Nhât, ce qui signifie Réunification
Ce lieu est né de la volonté d’unifier le Vietnam, il a été aménagé à partir de 1958 et inauguré en 1960 pour exprimer l’espoir de réunifier le peuple vietnamien. Depuis que l’accès y est gratuit, c’est mon lieu de promenade favori. 
Ici, un groupe qui apprend une danse qui ressemble au tcha tcha tcha sur la piste des auto-tamponneuses. Quelle fierté de comprendre ce qu’ils disent, puisque j’ai enfin appris à compter jusqu’à 10… même si le prof de danse s’arrête toujours à 8. 
Sur l’immense terrain de basket, une troupe d’une centaine de soldats (ou policiers ?) pratique un art martial avec une grande précision géométrique. 
Plus loin, une équipe dispute une partie de dá câu (plumfoot), un sport surprenant qui se joue avec un volant de badminton en utilisant toutes les parties du corps, sauf les bras. 
Près du lac, les hanches des couples se balancent sur la chanson Guantanamera dans un style très latino qui me ramène en Colombie. 
Sous un immense arbre, je vois souvent ce monsieur qui joue de la batterie, accompagné par la sono d’un orchestre fictif et je me demande s’il est là à cause de voisins peu tolérants ou simplement pour jouir de cette scène privilégiée face au lac.
Près des colonnes turquoise, c’est le lieu de rendez-vous de ceux qui pratiquent un art martial avec une épée ou un sabre… mon manque de culture dans ce domaine ne saurait vous dire son nom.
Deux cent mètres après, c’est Lasciatemi cantare de Toto Cotugno qui me donne envie de chanter. 
On voit aussi des gens qui méditent ou font du yoga, seuls ou en groupe. 
Sur les rives du lac, des pêcheurs patientent au bout de leur canne à pêche. Il y a même quelques courageux nageurs. Courageux non pas à cause de la température mais vu que les eaux sont plutôt troubles et que de nombreux poissons morts flottent à la surface. 
Certains préfèrent le romantisme de ces grands cygnes travestis en pédalos pour déambuler sur les flots et aller faire le tour de la petite île. 
Les gens courent, marchent, jouent au badminton, se rafraichissent dans les buvettes, chantent au karaoké… pendant que les jardiniers nettoient, taillent, arrachent, plantent, arrosent et bichonnent les plates-bandes. 
Le week-end, un train circule autour du parc, le long duquel on a construit des gares miniatures avec le nom des grandes villes du pays, symbole de cette réunification réussie.