En 1988, Charles Aznavour fut sacré « Entertainer of the Century« suite à un sondage de la télévision CNN et du magazine TIME. Il s’était imposé devant Elvis Presley et Bob Dylan. Alors soyons romantiques aujourd’hui…
Catégorie : Français
Pour son amour des mots
Le grand Charles mérite que je lui consacre une semaine. Comme le disait Flaubert, tout le talent d’écrire ne consiste que dans le choix des mots. La première chanson que je choisis sera bien sûr la Bohème. Pourquoi ? 1. Parce que c’est celle que je chantais inlassablement quand je prenais des cours de chant. 2. Parce qu’elle me rappelle combien les lycéens la chantaient volontiers (même en dehors des heures de cours) quand nous la travaillions en cours de français. 3. Parce qu’elle est intemporelle. 4. Parce que je rêve secrètement que quelque bistrot me prenne un jour un livre contre un bon repas chaud.
Qui d’autre que le jeune Kendji Girac pourrait mieux rendre hommage à ce talentueux maître des mots ?
Prendre le risque de ne pas réussir.
On pourrait croire que l’ennemi de la motivation c’est le découragement. Pourtant, je pense que c’est plus une respiration de la motivation, un genou que l’on met à terre, quelque chose qui retient notre élan. Prenons l’exemple de cette activité que j’essaie de développer. Mon objectif est de créer une vie qui me fait vraiment envie, en organisant des ateliers d’écriture. Je me bats au quotidien pour avancer sur ce chemin. À chaque fois que je dois annuler un atelier, je me laisse envahir par le découragement. Il vaut mieux se relever, continuer et prendre le risque de ne pas réussir. Au moins j’aurais la satisfaction d’avoir essayé. Celui qui n’est jamais découragé, c’est parce qu’il n’avance pas et qu’il n’a pas d’objectif. C’est normal que ce soit difficile. Le découragement c’est la peur de ne pas réussir. Aujourd’hui, je me retourne et regarde le chemin parcouru, je respire et reprends mon souffle avant de repartir au combat. Le découragement est dangereux seulement quand on lui octroie la victoire.

Quand la motivation disparaît
J’ai participé plusieurs fois à la course Morat – Fribourg. À chaque édition, j’ai eu un moment où je me demandais pourquoi je me contraignais à de telles souffrances au milieu de la foule. Dans ces moments-là, j’avais vraiment envie d’abandonner. Pourquoi suis-je toujours allée jusqu’au bout ? L’orgueil ? L’énergie transmise par les spectateurs qui rechargeait la batterie de la motivation ? Ou tout simplement parce que je me disais qu’il faudrait de toute façon arriver à Fribourg où m’attendaient mes affaires ? L’important c’est de se souvenir que quand la motivation disparaît, elle peut revenir, puisqu’à chaque fois je me réinscrivais pour l’année suivante, comme si j’étais amnésique de la souffrance.

Un motif pour aller à Sion
C’est quoi la motivation ? Un motif pour aller à Sion ? Une colline à escalader ? Un mot cheveu censé nous tirer un avant ? C’est important de le définir parce que quand on la perd, il faudrait savoir où la chercher…

7. Le cinéma
Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière.
Jean Cocteau
Terminons cette semaine avec l’art qui peut mettre en scène tous les arts sans en effacer aucun. Le cinéma est celui qui me fait le plus rêver, non seulement pour ce qui se passe sur l’écran, mais aussi grâce à la magie qui s’installe et plonge des centaines de spectateurs dans un silence commun.
5. La littérature
Écrire, c’est transformer à l’aide de la grammaire un chagrin en bonheur.
Jean d’Ormesson
L’océan de la littérature est vaste, il vaut mieux rester sur l’acte d’écriture. Je repense au dernier week-end de formation à Paris. Je devais décrire l’atelier dans lequel j’écris. Voilà à quoi cela ressemble :
Je ferme les yeux. Derrière les paupières j’ai un jardin merveilleux. C’est là que j’écris. Chaque graine pousse à son rythme et s’épanouit grâce à la lumière. Il faut parfois des années de terre en jachère avant que le texte n’éclose. Il y a une allée où je me blesse souvent, des chardons et des cactus peu hospitaliers. Quand des fleurs sortent de ces broussailles, je me laisse gagner par l’étonnement. Anémones, coquelicots, pivoines, j’aime à m’asseoir sous un arbre pour les contempler. Le jardin est toujours ouvert. Quelque part on entend la source qui coule sur les pierres rugueuse. Une grotte m’accueille durant les jours de grande chaleur. Les lys ondulent le long de la vallée. La modeste pâquerette salue et sourit. Le pissenlit n’a point de honte, il soulève son chapeau à chaque passage. Les bleuets harmonisent la toile pleine de mes impressions. Voilà où je suis quand j’écris. Calme et poésie, charme et harmonie, sont les éléments de mon équilibre. L’écriture c’est mon jardin intérieur. Les personnages l’habitent et s’y promènent. C’est là où je vais quand je ne suis pas là. Mettre des mots sur des lignes pour en faire des phrases, c’est comme l’architecture, c’est bâtir quelque chose. J’identifie, je classifie, j’herborise, je jardine dans mes plates-bandes. Je restaure, j’arrose ou j’assèche. Je tire mes flèches, j’allège ou j’enrichis. Parfois mes larmes tombent sur la terre sèche et laissent éclore une fleur inconnue. C’est le jardin des sens, c’est le palais de mes émotions.

3. Les arts visuels
Ce que je ferai, ce sera l’impression de ce que j’aurai ressenti.
Claude Monet
Souvenir d’une visite à Paris – Je déambule parmi les chefs-d’œuvre du Musée d’Orsay. Attirée par une lumière très blanche, je fais deux pas jusqu’à l’entrée de la salle et cherche le projecteur qui diffuse une telle intensité. Quel étonnement quand je comprends enfin d’où sort cette lumière. Je reste hypnotisée devant le tableau de Monet, La pie.

1. Quel est le premier des 7 arts ?

Ainsi, durant les six mille premières années du monde, l’architecture a été la grande écriture du genre humain.
Victor Hugo
Cette semaine, je vous propose une semaine artistique. Tout le monde saura répondre si je pose la question : quel est le 7ème art ? Mais lequel mettriez-vous à la première position ? La classification populaire indique comme premier art l’architecture. Eh oui, les architectes sont des artistes qui ont écrit l’histoire du monde avant les écrivains. Leur rôle est d’imaginer quelque chose qui n’existe pas encore et de le projeter dans un espace déterminé.

Vaincre
Des fois je me demande si ce serait plus facile si le mot convaincre commençait par une autre syllabe. Qu’en pensez-vous ? C’est vrai, il faut vaincre quelqu’un ou quelque chose. Franchement ne serait-ce pas mieux si on disait beauvaincre ?
Comment pourrais-je encourager les francophones à oser l’atelier d’écriture ? En leur promettant un beau voyage peut-être…

