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Quelle créativité !

Comment ne pas s’étonner devant les créations de dame Nature dans ce pays ? Si j’avais vu cette fleur chez un fleuriste, j’aurais pensé qu’on y avait ajouté quelque élément chimique pour un tel résultat… Pourtant, j’ai vu l’arbre capable de produire de telles merveilles dans le jardin botanique de Lankaster. On ne peut dire que « Wow ! » 

Chapeau aussi à ce monsieur Lankaster, un Britanique passionné d’orchidées, qui a créé ces jardins. Merci à lui de les avoir cédés à l’université du Costa Rica pour nous permettre d’admirer cette extraordinaire créativité. 

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Plongeon

Et hop ! on saute sur la case du mois de mai. Trois mois aujourd’hui que je suis dans mon nouveau pays. Hier on célébrait la fête du travail, sans muguet, mais youpie ! j’ai eu « le droit » de travailler pour mieux fêter.

Pour relancer l’économie touristique du pays, le gouvernement a décidé d’instaurer un lundi de congé quand le jour férié tombe pendant le week-end. Par conséquent, pas de cours demain. Certes j’aurais pu partir en exploration, mais vu cette stratégie qui pousse les gens à quitter la ville, nombreux sont ceux qui sont partis en vadrouille. J’ai déjà testé deux fois les longues heures d’embouteillages du retour de week-end, je préfère ne pas trop m’éloigner ou m’asseoir pendant de longues heures dans un bus. 

Alors partons en voyage souvenir pour un plongeon du côté du Pacifique… 

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Volcan Irazu

Parc National d’Irazu, le plus haut point du Costa Rica, à 3432 mètres dans la Cordillère centrale, voilà ma destination pour aujourd’hui. Je m’installe un instant sur les flancs du volcan en espérant que cette marée de nuages s’en ira pour que je puisse voir le cratère. Peut-être que j’ai eu trop de chance à l’autre volcan, ce n’est pas toujours le paysage carte postale, surtout à la saison des pluies (qui est en avance parait-il). 

Il y a une chose que je n’aime pas beaucoup dans ce pays, c’est leur besoin d’arriver avec leur gros 4/4 jusqu’au point de vue. C’est un peu comme s’il y avait une route jusqu’au sommet de nos montagnes. La marche d’approche donne plus de goût au paysage je trouve, mais les Costariciens ne sont pas randonneurs dans l’âme. Peut-être que pour eux la frustration de ne rien voir est moins grande que la mienne qui suis partie à sept heures de chez moi. Allez, il faut donner le temps au temps. Là où je suis, les grosses Harley Davidson ne peuvent pas arriver. Quel calme… J’aimerais bien une petite explosion… un bâillement sonore du volcan, mais je n’entends que les bourdonnements d’un insecte qui me tourne autour. De temps en temps m’arrive une bouffée d’air dans laquelle je crois percevoir l’odeur caractéristique des fumerolles qui s’échappe du ventre de la terre…

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Le volcan Poàs

Quelle joyeuse surprise lundi dernier, puisqu’on nous avait placé un jour férié par erreur sur le calendrier de l’Alliance. Une aimable collègue a eu la bonne idée de proposer une excursion. Direction le volcan Poàs à moins d’une heure 30 de route de la capitale. Rassurez-vous (quoiqu’un peu d’animation ne m’aurait pas déplu), le casque n’a amorti aucune chute de pierres expulsée du ventre de la terre. C’est une précaution imposée à tout visiteur depuis la réouverture du parc en 2018 suite à l’éruption de 2017. Chaque volcan est surprenant. Celui-ci l’est par le fait qu’on ne s’attend pas du tout à un tel paysage quand on grimpe la montagne, puisqu’elle ressemble plus au paisible Jura par ses pâturages et ses vaches (sans cloches). 

Heureusement, nous avons été chanceux, nous sommes arrivés avant les nuages pour admirer le panorama et cet impressionnant lac acide au fond du cratère. 

N’imaginez pas y aller pour une journée fatigante ! Même si j’avais pensé y aérer mes chaussures de randonnée, depuis le parking, il suffit d’une petite marche de 10 minutes et on est déjà au bord du cratère. Impossible d’y flâner toute la journée, la couleur du casque nous trahirait. Le temps imparti à chaque visiteur est de 15 minutes, donc les casques verts devaient rentrer avant les casques rouges conformément à l’heure de départ. 

Allez j’irai en voir d’autres, l’important c’était surtout de sortir le nez de nos copies et de s’asseoir un moment dans un bon restaurant avec mes collègues.

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Les mots

Ah comme il me semble lointain le temps où j’avais tout ce temps pour vous raconter quelque singerie. Cette nouvelle mission aura au moins le mérite de me faire comprendre que l’écriture dépend de ma capacité à savoir perdre mon temps. Les mots ne viennent pas sur commande, ils viennent quand l’esprit est à l’écoute et qu’il a le temps de flâner, mais pour l’instant les copies et les plans de cours squattent toute la place. 

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Joyeuses Pâques !

Voici un œuf un peu spécial pour vous souhaiter de Joyeuses fêtes de Pâques ! Promesse d’un demain plus vert je l’espère, parce que ce qui ne nous tombe pas sur la tête peut être le fruit du futur. 

Eh bien non, par ici les lapins en chocolat ne courent pas les rues (ni les supermarchés) et je n’ai personne avec qui faire « croquette » pour la traditionnelle salade aux œufs. De toute façon les usages se perdent me direz-vous ! Tant pis, il nous reste les souvenirs des Pâques d’antan. Les œufs, je les ai roulés, lancés et cachés au fil des années, un jour je recommencerai.

L’œuf – depuis longtemps symbole de renaissance, promesse de vie à venir, régénération du cycle de la vie… alors puissent ceux de cette année contenir la promesse de la fin de tout ce cirque et que la jeunesse ait à nouveau le droit à l’insouciance et aux bêtises dignes de son allégresse !

Ma fille me raconte que samedi il n’y avait plus un seul lapin en chocolat dans les magasins, se demandant si c’étaient les touristes (qui ont envahi le Tessin) qui avaient tout pris. Moi, je m’interroge : sont-ils aller faire un tour à la nage du côté du canal de Suez.

Mon fils, lui, me confirme qu’on peut encore skier à Bosco Gurin pendant une semaine, difficile à imaginer quand on vit sous les Tropiques.

À mes amis français pour qui le mot ski résonne comme un film de science-fiction, je leur dis : « Rassurez-vous, d’ici l’hiver prochain, puisqu’il a enfin compris qu’on est mieux dehors que dedans, votre gouvernement aura aussi réalisé que les sports de glisse peuvent aider dans la lutte contre les microbes ».

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Procession pascale

Me voici de retour dans mon petit chez moi, comme la fraîcheur y est agréable ! J’ai demandé au chauffeur de taxi qui me ramenait du terminal des bus si on pouvait assister à quelque procession pendant ce week-end pascal. « Oui, m’a-t-il répondu, mais virtuel. » Alors il faudra peut-être attendre une année pour voir des traditions plus réelles. 

Vu le nombre de Ticos qui se sont déplacés vers les plages du pays pour profiter de ces quelques jours de congé, j’imagine par conséquent qu’une autre forme de procession se déroulera le long des routes du retour vers la capitale dimanche soir. 

Pendant ces quelques jours, je crois avoir mieux compris un peu de l’esprit du « pura vida » local : arriver avec sa voiture pleine d’amis ou sa famille jusque sur le bord de la plage, beaucoup de musique, de la bière fraîche, des grillades qui vous mettent en appétit à n’importe quelle heure, des ribambelles d’enfants inondés de sourires, des éclats de rires quand la marée monte et inonde son voisin, des sauts de joie dans les vagues et le bonheur infini de contempler le coucher de soleil tous ensemble. Si la musique du voisin ne plaît pas, on augmente le volume de la sienne, sans craindre la cacophonie pour celui qui se trouve au milieu. J’ai bien aimé me faire chahuter par les vagues, essorer même parfois quand on ne voit pas venir leur violence, ensabler aussi, car la tranquillité n’est que dans le nom du Pacifique, ses courants sont puissants, poussent vers le rivage puis aspirent vers le large.