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Le stress

Rien que le mot STRESS (du latin stringere) donne cette impression de serrement, de pression. En le prononçant, on entend tous ces serpents qui sifflent sur nos têtes… Attention à ne pas en abuser !

Pensez un peu si l’on tenait compte du tableau ci-dessous pour mieux comprendre les gens, surtout dans l’éducation ! Ce n’est pas pour rien que je suis une grande admiratrice de Daniel Goleman et de son travail sur l’intelligence émotionnelle. Oui le stress peut accélérer les battements de votre cœur ou vous empêcher de raisonner correctement.

EMOTIONS

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L’humilité

Le mot humilité n’est-il pas trop proche du mot humilié par rapport à la noblesse de ce qu’il représente ? L’humilité ne signifie pas avoir une mauvaise opinion de soi, mais avoir tendance à rabaisser ses propres mérites, savoir se mettre en retrait pour laisser les autres monter sur le podium, tout en conservant l’envie de se battre. Ce que j’aime dans l’humilité c’est l’absence d’arrogance.

Humilité

Français

L’audace

L’audace est un grand courage qui permet parfois de belles surprises. Dans mes moments d’audace, j’envoie des lettres ou des messages à des personnages importants. J’oublie que je suis une anonyme. Il y a quelques jours j’ai reçu une lettre signée par la nouvelle conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, en réponse à une de mes missives quelque peu audacieuses. Oui, je suis toujours agréablement surprise quand on me répond, surtout parce que ni le syndic de ma ville, ni le conseiller d’État tessinois n’ont daigné répondre à la même missive audacieuse.

Audace

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On écrit le présent

Je me revois entrer au salon où mon grand-père regardait la télévision. Nous avions passé l’après-midi sur les pistes de ski et, toute joyeuse, j’avais envie de lui raconter. Lui, qui n’avait jamais pris un téléski, me posa trois questions qui me firent réfléchir malgré mon jeune âge :

  • Vous montez, et puis vous redescendez ?
  • Oui.
  • À la même place ?
  • Oui.
  • Alors, à quoi ça sert ?

Il retourna très vite à son programme télé. Ne sachant que répondre, je me demandais soudain pourquoi j’adorais autant skier. J’y ai repensé il y a quelques jours après avoir crié des « Yeah ! » dans la neige fraîche. La réponse se dessinait dans ma tête au fil des virages. Quand on skie, on écrit le présent, et comme c’est un cadeau, c’est là tout notre bonheur.

SKI2

 

Français, Senza categoria

La pie de Monet

Émerveillée, je déambule parmi les chefs-d’œuvre du Musée d’Orsay, reconnaissant au passage mes toiles préférées. Je passe à côté d’une salle déserte. Une lumière très blanche m’attire, un faisceau éblouissant. Je fais deux pas jusqu’à l’entrée et cherche le projecteur. Quel étonnement quand je comprends d’où sort cette lumière. Il y a sur ma gauche le tableau de Monet, La pie. L’éclat de splendeur provient de là. La neige inonde mes sensations de toute sa blancheur. Hypnotisée devant ce paysage éblouissant, j’observe l’oiseau qui semble posé sur de la musique hivernale. Je sens deux larmes couler sur ma joue gauche. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je regarde autour de moi pour observer si d’autres peintures ont le même effet. Non. Quelques curieux entrent et observent les tableaux, personne ne manifeste d’étonnement particulier devant ce que j’aperçois. Mon peintre préféré réveille quelque chose en moi. La neige devient lumière sur mon chemin, comme si elle m’offrait une nouvelle naissance.

Claude_Monet_-_The_Magpie_-_Google_Art_Project

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Première neige

Quand je rendis ma feuille à la maîtresse, j’étais fière de ma composition. Le thème m’avait inspirée, j’adorais la neige. L’enseignante n’avait pas beaucoup d’imagination, c’était le même sujet que l’année précédente : première neige. Enfant, j’aimais quand mes parents racontaient la rocambolesque aventure de mon arrivée en ce monde. Il avait beaucoup neigé et soufflé les jours avant ma naissance, toutes les routes étaient fermées. Quand ma mère sentit les premières douleurs, mon père pensa descendre à l’hôpital avec le tracteur de la ferme. Elle était inquiète, c’était sa troisième grossesse, tout pouvait arriver très vite. Heureusement, il y eut une accalmie, on dégagea les routes. Ils partirent dans leur WW coccinelle noire. La voiture suivit le chasse-neige et se faufila entre les hautes murailles blanches. Je naquis peu de temps après leur arrivée à la maternité. Ma composition ne racontait pas cette histoire, j’avais dix ou onze ans, j’ignorais comment montrer de telles images sur un morceau de papier quadrillé. Par contre, je me souvenais des commentaires de la maîtresse l’année précédente. Elle avait lu devant la classe la composition de son élève préférée. Elle avait porté aux nues les talents de sa chouchou, Line Pavel, en relevant l’expression madame la neige, comme quelque chose de très poétique. Cette personnification de la matière m’avait séduite. Alors, sans même craindre d’être accusée de plagiat, je repris cette figure de style en couvant l’espoir d’être applaudie. Je me souviens du plaisir de l’écriture, de la joie d’inventer une histoire pour la projeter vers l’esprit d’un futur lecteur. J’avais besoin d’être admirée par la maîtresse, car toutes mes tentatives avaient échoué jusqu’alors. J’adorais l’école, j’étais curieuse, j’aimais apprendre. Mon caractère pétillant avait toujours été bien accueilli par les enseignants. Le jour où je débarquai au collège de la ville, je pensai conquérir le cœur des professeurs, j’espérai qu’un jour la maîtresse de français verrait, elle aussi, que j’avais du talent. Entre le temps de la rédaction et le moment où elle me rendit ma copie, j’avais la conviction d’avoir écrit quelque chose d’exceptionnel. J’attendais l’évaluation avec impatience. J’étais agitée, mais j’avais confiance en moi. Cette fois, elle allait reconnaître que j’avais de l’imagination, elle lirait peut-être devant la classe une de mes inventions et mes efforts seraient récompensés. Oh là ! Combien j’étais loin de me douter de ce qui m’attendait. Le jour arriva où elle tenait entre ses mains la pile de nos copies. La première n’était pas la mienne et étant donné qu’elle avait pour habitude de commencer par les meilleurs, je compris que je n’avais pas produit le coup d’éclat espéré. Elle parla d’abord de l’excellence de son cher Pascal Müller, son chouchou masculin, lui adressant ses louanges habituelles. Line Pavel eut aussi sa part d’éloges, puis suivirent les commentaires aux autres. Voyant que ma copie n’apparaissait pas au sommet de la pile, je commençai à allumer la lanterne des doutes. Quand mon tour arriva, elle se dressa à mes côtés en brandissant ma feuille rougie par les critiques de son stylo. Elle fit quelques observations sur un ton moqueur, avant de lancer la feuille sur mon pupitre. La seule chose qui m’intéressait était de repérer une remarque positive à côté de l’expression Madame la neige. Quand je vis les trois mots, porteurs de tout mon espoir, entourés d’un grand cercle rouge, je suivis la flèche tracée en direction de la marge et je lus la brève annotation qui décida de mon renoncement à toute prétention littéraire. À ce moment-là, cette enseignante devint soudain ma prof. Le dédain s’intensifia, je la nommai la Pelet, en expulsant le P comme si je le crachais. Je perdis tout espoir de conquête et me mis à détester le français, je me tournai vers une autre passion : les mathématiques. Je rejetai tout ce qui avait rapport aux lettres, y compris les langues étrangères. Je devins une matheuse. Depuis le jour de l’humiliation, je sentis combien la Pelet avait mauvaise haleine. À chaque fois qu’elle s’attardait derrière ma chaise et contrôlait par-dessus mon épaule ce que j’écrivais, je me bloquais et retenais ma respiration. Du coup, j’écrivais des sottises. Alors, elle jubilait et exposait à toute la classe, d’une manière sarcastique, l’exemple parfait des erreurs à ne pas commettre.

Encore aujourd’hui, je revois cette longue flèche rouge qui mène à son commentaire dans la marge. Elle avait écrit le mot Enfantin et l’avait ponctué de trois points d’exclamation qui, par leur hauteur, semblaient indiquer un mouvement d’agacement.

Neige 3

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Partir c’est mourir un peu

Rondel de l’adieu.

Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C’est toujours le deuil d’un vœu,
Le dernier vers d’un poème ;
Partir, c’est mourir un peu,
C’est mourir à ce qu’on aime.

Et l’on part, et c’est un jeu,
Et jusqu’à l’adieu suprême
C’est son âme que l’on sème,
Que l’on sème à chaque adieu :
Partir, c’est mourir un peu…

Edmond Haraucourt

Neige 2

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L’insomnie

L’insomnie ne tient pas compagnie à n’importe qui, l’insomnie est réservée aux rêveurs.

Voilà une phrase consolatrice quand les yeux refusent de se fermer à cause des idées qui passent en boucle du côté du cerveau. Elles font tellement de bruit qu’on en oublie que c’est la nuit. On se calfeutre au milieu des plumes, rêvant de voir arriver Sommeildeplomb.

INSOMNIE