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4. Le matérialisme

Le matérialisme a prétendu se substituer aux religions, mais aujourd’hui la matière est devenue aussi mystérieuse que les dieux qu’elle devait remplacer.

Aphorismes du temps présent – Gustave Le Bon

oznorTO

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SOS catapulte

Pour continuer le thème “les animaux de Katmandou”, je me disais que j’allais peut-être vous proposer une semaine de singeries… Mais là, mon élan se voit freiner par une petite aventure avec cet animal, pas vraiment sympathique quand il vit trop près de nous.

Alors que nous papotions au soleil entre voisines pour profiter de notre samedi, tout à coup un singe a passé à côté de nous et perturbé notre tranquillité. Heureusement il était solitaire, mais comme les Népalais nous ont avertis d’être sur nos gardes, la séance relax a été quelque peu gâchée. Sachant qu’il y a quelque temps un groupe de ces animaux irrespectueux avait déjà mis le bazar par chez nous (entrant même dans la maison et enlevant les pinces à linge, juste pour le plaisir de voir toute la lessive traîner par terre), nous n’étions pas trop rassurées. Il est passé sur le toit des voisins, et quelques minutes plus tard, alors que mes deux voisines se sont réfugiées chez elles, mon envie de retourner lire au soleil m’a poussée à affronter le risque. Imaginant qu’il allait peut-être repasser par le même chemin au retour, j’ai réfléchi à comment me défendre. On nous a dit que le mieux c’était d’avoir une catapulte… mais je n’ai pas tenu un tel engin dans mes mains depuis ma tendre enfance. Alors j’ai rempli une petite bouteille d’eau (croyant me souvenir qu’ils détestent cet élément) et me suis installée sur la terrasse pour surveiller ma lessive pas tout à fait sèche. Comme il ne me restait plus que quelques pages à lire d’un roman de George Sand, j’étais plongée avec grand intérêt dans le dénouement final, jusqu’à en oublier le danger simiesque. Tout à coup, il était là à mes côtés, en haut des escaliers, me regardant… Sans trop réfléchir, j’attrape ma bouteille d’eau et l’asperge. Dans son regard – On m’a pourtant dit qu’il ne fallait pas les regarder, mais on oublie tout dans ces moments – Dans son regard, disais-je, je comprends que ce n’était pas une bonne idée de me défendre avec de l’eau. Je vois soudain qu’il a aussi des dents… Moment de suspension où je vois défiler à une vitesse très rapide le scénario d’attaque possible. Il se remet en mouvement (peut-être qu’il ne s’est jamais arrêté) passe devant moi (tellement près que j’aurais pu le toucher) et grimpe sur le mur vers une autre terrasse. Ouffffff. 

oznorTO

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Les yeux du Buddha

Tout là-haut, les yeux du Buddha observent. Il y a de nombreux moines dans leur robe qui me font toujours autant pensé au film 7 ans au Tibet. Quelques touristes commencent à se joindre au mouvement de l’univers autour du stupa. Combien de kilomètres aura parcouru ce vieil homme qui marche en s’appuyant sur son bâton ? Le flux des pèlerins ne cesse jamais. Certains font tourner les moulins à prières. Beaucoup égrainent leur mâlâ (sorte de chapelet bouddhiste composé de 108 perles). Combien de tours font-ils ? Comment peut-on vouloir la guerre à un peuple aussi pacifique ?

 

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Taty au Tibet

Non, je ne me suis pas perdue cette fois… je m’améliore… et ai enfin pu découvrir cet endroit envoûtant : le stupa de Bodnath. C’est un des rares endroits du monde où la culture tibétaine peut s’exprimer sans restriction. Autrefois, c’était le lieu où les marchands tibétains s’arrêtaient pour prier en repartant de Katmandou, avant de se remettre en route avec les yacks vers les hauts cols de l’Himalaya en direction de Lhasa. Aujourd’hui, la plupart des habitants de Bodnath sont des réfugiés tibétains qui ont fui leur pays envahi par la Chine en 1959. Ce n’était pas Tintin au Tibet mais Taty (c’est le surnom qu’on me donne ici) au Tibet. J’ai fait comme les centaines de pèlerins, j’ai tourné, tourné (toujours dans le sens des aiguilles d’une montre), ne me lassant jamais de cet esprit de paix qui règne à cet endroit, et m’inventant une histoire avec le visage de chaque pèlerin.

Bodnath5

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Le groupe est la valeur supérieure

En écoutant Jean-Pierre Raffarin qui parlait de son livre sur la Chine dans l’émission C à vous (mon émission d’informations préférée), j’ai eu l’impression de mieux comprendre la grande différence qu’il y a entre les civilisations. Il parlait de la société de surveillance en Chine, qui fait froid dans le dos puisqu’on y compte pas moins de 200 millions de caméras de surveillance, auxquelles chaque Chinois est relié grâce à un numéro d’identité. Celles-ci permettent de gérer un système qui note les individus en fonction de leur comportement. Il semblerait que les citoyens ne désapprouvent pas ces pratiques, affirmant que cela permet une sécurité totale. Jean-Pierre Raffarin a commenté en disant que pour nous, Occidentaux, qui faisons de l’individu, de la personne, la valeur supérieure, on ne peut pas accepter ça. Par contre pour eux, dont le groupe est la valeur supérieure, ce sont des gens qui ont été élevés dans cette culture-là. Eux ils ont cette surveillance sur la politique, ironisait le politicien, mais en Occident c’est le marché qui a les informations. Si le Népal est encore loin de tout cela, j’y reconnais cependant une part de vérité sur la valeur supérieure du groupe.

Rouleaux

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La ronde des saisons

Alors qu’à travers la lucarne virtuelle j’aperçois les paysages hivernaux en Europe, ici la saison ressemble plus au printemps. Pourtant, j’ai vu hier près de l’école qu’on récoltait les avocats et ce matin la brume ressemblait au matin d’automne que je connais. Deux heures plus tard le soleil annonce une autre journée de ciel bleu. On me promet le début du froid pour décembre… tout est encore à découvrir sur la ronde des saisons népalaises.

ptr