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Dernières nouvelles de Katmandou

Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit.

Marguerite Duras

Me voici plus que jamais au chômage technique. Toutes les écoles sont maintenant fermées ici et l’on s’organise pour mettre sur pied des cours en ligne. Impossible d’arriver ou de quitter le Népal depuis demain. On continue à nous dire que pour l’instant le Coronavirus n’est pas dans le pays, mais le gouvernement préfère prendre des mesures de précaution, sachant que le système sanitaire ne résisterait pas à une crise telle que celle qui sévit en ce moment en Europe. À l’entrée des magasins ou des banques, un employé nous asperge désormais du gel désinfectant, mais les bus sont toujours bondés. Espérons que ces mesures seront efficaces. Mes projets de trek sont annulés, alors je voyagerai dans le monde imaginaire…

Si vous êtes confinés (ou pas), vous me feriez un véritable plaisir en répondant à ma publication du 19 mars, laissez venir les mots avec les lettres de votre prénom… Courage, nous sommes tous les potiers de cette crise. Merci d’avance !

poterie

 

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Quand l’imagination s’envole

Kiosque à musique silencieux

Amitié virtuelle réconfortante

Tranquillité inhabituelle

Mouvement de foule fantomatique

Allons Enfants de la patrie

N’oublions pas ce monde merveilleux

Dans notre imaginaire libre d’aller

Oublions nos peines passagères

Unissons la force de notre imaginaire

 

Petit exercice de style : écrivez un acrostiche avec votre prénom (avec le prénom de votre père pour ceux qui fêtent la Saint Joseph ou avec le message que vous voulez faire passer) et postez-le ci-dessous.

Kat.2

 

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J’ai cueilli cette fleur pour toi

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.

(…)

Victor Hugo

nor

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Des scènes de folie

J’observe à distance ce qui se passe en Europe et cela m’inquiète un peu. Je ne veux pas parler de la maladie mais du fait que l’on demande aux biens portants de rester confiné chez eux. Je vois bien que même si certains font preuve de bon sens, on a tôt fait de les faire se sentir coupables de ne pas penser aux plus faibles. Oui, il va y avoir des malades, mais il fut un temps où c’était la solidarité qui faisait que les gens ne craignaient pas d’être contaminés à leur tour pour tenter de soigner les malades. Pardonnez-moi, mais je ne crois pas que cela empêchera au virus de circuler, et même si cela devait, imaginez qu’on vous demande de répéter ces scènes de folies à chaque menace. Je m’interroge sur nos sociétés aseptisées où tout est un droit, où tout est un dû, où tout est basé sur l’individualisme. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours constaté que c’est le grand air (l’activité sportive ou le travail) qui nous permet de rester en bonne santé. Une de mes étudiantes m’a dit l’autre jour que le virus ne s’attaquait qu’aux pays riches. Je ne sais pas si le Népal est épargné, au début, quand cela a commencé chez nos voisins chinois, on nous a parlé d’un cas et depuis plus rien. Personnellement je pense qu’on ne nous dit pas tout, mais je constate que la société ici, qui fonctionne avec l’esprit de la collectivité, continue de rire, continue de cracher par terre, continue de marcher dans la foule, continue de vivre… et ne fait pas de réserves de papier de toilettes (pour ceux qui en utilisent). Qu’on pense qu’on va protéger les gens en fermant les stations de ski, les salles de sport, etc. et qu’on leur demande de rester chez eux devant leurs écrans à surveiller le compte des morts par pays… êtes-vous prêts à tout cela ? Alors bon courage, et si vous vous ennuyez, relisez le Hussard sur le toit de Jean Giono !

rhdr

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Souriez !

L’homme se fait secourir par l’effroi; il demande aide à sa crainte; l’anxiété, c’est un conseil d’agenouillement.

Victor Hugo

Ici ça sent bon le printemps… alors je me suis arrêtée un instant pour le partager avec vous. Dans la majorité des écoles, on arrive (si on n’y est pas déjà) en période d’examen, car l’année scolaire se termine tout bientôt. Ce matin en montant les escaliers, j’étais immergée dans la rivière d’élèves en uniformes bleu foncé, je me disais que toute cette jeunesse était décidément mieux à l’école qu’à la maison où dans les rues. Même si certains portent le masque, ils sont comme le printemps ils ont l’énergie et les couleurs de la nature. Et je m’interroge un peu naïvement : la maladie n’est-elle pas comme la moto (ou le ski), on tombe quand on a peur ? Alors souriez, la crainte du danger est plus terrifiante que le danger lui-même. Éteignez la radio, la télévision, etc… et regardez l’explosion de la nature.

qrf

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Les ailes de la liberté

Demain sera la journée internationale des femmes. Avec la multiplication des journées internationales, on banalise chaque évènement. Saviez-vous par exemple que le 11 mars est celle de la plomberie ? et celle du 14 celle de pi (=3,1415926…). Franchement, vous ne trouvez pas tout cela à la limite de l’absurdité ? À quoi peut alors ressembler la journée des droits de la femme ?

Pourtant, je n’oublie pas que quand je suis née, les femmes de mon pays n’avaient pas encore le droit de vote. Je n’oublie pas non plus que j’ai quitté mon pays parce que là-bas le monde professionnel valorise plus la jeunesse (qui coûte moins cher) que l’expérience. Mais je sais que je viens d’un pays où les femmes sont libres. Je n’oublie pas que c’est en Russie en 1921 que le 8 mars a été décrété “Journée Internationale des femmes”. Quand j’observe les femmes de mon âge dans le pays où je vis, je me dis que j’ai de la chance, je sais jusqu’où l’on peut voler avec les ailes de la liberté. 

rhdr

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Le palais de la Kumari

Avez-vous déjà entendu parler de la Kumari ? Étrange tradition qui peut surprendre notre esprit d’Occidentaux. La Kumari est une déesse vivante. Cette tradition date du XVIIème siècle. Des petites filles sont choisies dès l’âge de trois ans parmi des milliers de candidates. Dans un palais de Durbar Square à Katmandou, vit une jeune fille, isolée de sa famille. Elle est adorée comme la Kumari Royale, jusque vers l’âge de la puberté, jusqu’au moment où elle redeviendra mortelle et sera remplacée par une autre fillette. Si vous visitez Katmandou, il y a un livre qu’il faut lire c’est From Goddess to Mortal,

Kumari

 


qui est l’histoire d’une ancienne Royal Kumari racontée par elle-même. Le point de vue est intéressant, parce qu’il fait réaliser le fossé culturel qui nous sépare quand on n’est pas d’ici.

Voici le palais où elle vit, mais je ne l’ai pas aperçue à sa fenêtre, et de toute façon il est absolument interdit de la photographier.

Kumari

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L’animal sacré

Oups, hier je me suis trompée de photo pour illustrer les prairies de Katmandou, confondant le repos avec les activités de lèche-vitrines de cet animal sacré. À propos, savez-vous pourquoi la vache est sacrée au Népal comme en Inde ? Elles sont vénérées par les hindous. La vache symbolise la fécondité, la maternité, la charité et la pitié. La croyance dit que la vache est l’animal qui permet au défunt de traverser le fleuve qui le sépare du paradis. Si l’on offre une vache au prêtre lors des funérailles, le défunt pourrait ainsi s’accrocher à la queue et traverser le fleuve vers la félicité. Les Népalais ne mangent pas sa chair, mais se nourrissent de viande de  buffle d’eau. Les gens de haute caste se contentent, eux, de poulet ou de chèvre, quand ils ne sont pas simplement végétariens.

rhdr

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Un petit air de printemps

Même si les prairies urbaines de Katmandou représentent une véritable utopie, dans l’air poussiéreux on sent le printemps. Les touristes arrivent… Certes ils ne sont pas aussi nombreux que l’espéraient les Népalais, à cause de ce vilain coquin qui a pris le nom d’une bière. L’effet contreproductif, pour la bière, comme pour le tourisme, risque d’être désastreux, mais ici la phobie semble moins grave, pourtant nous sommes voisins de la Chine. Avec cette manie de tout vouloir contrôler, la peur s’avère bien plus dangereuse, pour ne pas dire ridicule. Des fois je me demande si la vraie catastrophe ne serait pas que le virus se transmette par les réseaux sociaux. Imaginez un peu que les gens soient condamnés à acheter un journal pour s’informer…

rhdr