Merci à tous pour vos sourires, votre intérêt et vos commentaires ! J’ai aimé partagé avec vous la passion qui m’anime en ces lieux historiques ! Merci à ma famille, mes amis, aux gens de Valeyres ou des alentours. Oui, Valeyres s’écrivait autrefois avec deux -L-, ce n’est pas une erreur de l’imprimeur. Merci aussi aux descendants de Madame Valérie de Gasparin-Boissier d’avoir pris le temps de se déplacer pour saluer la publication de cette Chère Comtesse.
Hier, j’ai aussi découvert un charmant endroit que je vous invite à visiter si vous ne le connaissez pas : la librairie PADI à Orbe, un lieu où l’on sent rôder la passion pour les livres.
Je repense à cette dame qui m’a demandé si je vendais des crayons de couleur, je lui ai répondu que je ne vendais qu’un livre, alors nous avons commencé une sympathique discussion et la dame est repartie avec deux livres de cette « Chère Comtesse », sans oublier ses crayons de couleur. J’espère qu’avec ce roman je réussirai à vous transporter sur les ailes du passé de mon petit village et à vous emmener découvrir quelques sagesses récoltées au pays du Buddha.
Hier j’avais en tête de retrouver le lieu d’où le peintre Gabriel Lory peignit le tableau du manoir où vécut cette Chère Comtesse. S’il y a encore beaucoup de vignes à Valeyres, il n’y en a plus sur la petite colline qui regarde la bâtisse qui existait déjà au XVème siècle.
Nous revoici à Valeyres, là où le passé, le présent et le futur s’entremêlent et racontent le cycle des saisons sur la terre de mes ancêtres. Malgré un été de sécheresse, la vigne semble avoir résisté et su puiser ses forces en profondeur, pleine de promesses pour les générations futures.
Dernière étape tessinoise : Mondacce où vit mon autre fille. Il fut un temps où je pensais que mes enfants s’éparpilleraient sur la planète et que je voyagerais vers d’autres horizons pour aller les trouver. Pour l’instant c’est plutôt le contraire. Quel doux plaisir d’avoir toutes ces jolies maisons où poser un instant mon bagage et raconter quelques histoires de cette Chère Comtesse.
Je ne suis pas hôtesse de l’air mais grâce à la Ticino card je peux promener cette Chère Comtesse en Suisse italienne. Aujourd’hui, visite à mon fils du côté de Bosco Gurin, la commune tessinoise la plus haute (1500 mètres), seule commune du canton où la langue n’était pas l’italien. Les descendants des colonisateurs Walser y parlent encore une langue ancienne Walser, le Ggurijnartitsch en plus de l’italien.
Je crois bien que je vais prendre goût à cette douce folie. Aujourd’hui, exploration du Val Morobbia en-dessus de Bellinzone où ma chère fille vient de déménager. Ah qu’il est bon de partir à la découverte sur les sentiers de montagne.
Me revoici au pays des Helvètes avec cette agréable impression de tranquillité. Quelle émotion hier soir de toucher le résultat matériel de tous ces mots cousus sur le papier après des années en compagnie de cette Chère Comtesse. Et pour lutter contre l’envie d’aller me coucher trop tôt, comme on ne peut être poète sans quelques grains de folie, je viens d’aller promener mon livre pour l’immortaliser dans le paysage.
Je n’ai jamais trop aimé attirer la lumière sur moi, je préfère raconter dans l’ombre avec des mots inscrits sur le papier, mais vu l’agenda de ces prochaines semaines autour de cette Chère Comtesse, il va falloir que j’apprenne. Merci d’avance pour votre soutien !
J’aime avoir des habitudes quand je suis quelque part. On pense mieux pendant la routine quotidienne, on voit mieux aussi, même si on est à des milliers de kilomètres de son lieu d’origine. Il n’y a que l’horaire qui varie, le paysage est le même, les figurants ? Vu mon grand handicap qui fait que je ne reconnais pas les gens mais leurs histoires, je ne saurais vous dire si ce sont les mêmes personnages.
Je descends les 7 étages de mon immeuble et me faufile dans la foule, observant chaque mouvement :
Il y a un premier lac proche de chez moi avec ses pêcheurs, ces dames qui se tapent sur les pieds ou sur les jambes assises sur un banc.
Il y a cette petite boutique où chaque matin on confectionne des couronnes de fleurs aux teintes éclatantes. Au début je croyais que c’était des couronnes mortuaires, mais j’ai compris lors de la fête du 1er août organisée par l’ambassade suisse que c’était aussi des ornements pour les célébrations.
Il y a tous ces gens, attablés sur leur petit tabouret en plastique, qui mangent des soupes de nouilles sur les trottoirs. Souvent c’est tellement encombré que je préfère marcher sur le bord de la route.
Il y a de nombreux policiers dans leur uniforme kaki qui surveillent je ne sais quoi devant des petites cabanes en bois.
Il y a tous ces feux de la circulation qui des matins semblent parfaitement en harmonie avec la cadence de mon pas et d’autres matins ils me contrarient en étant obstinément rouges dès que j’arrive.
Il y a chaque matin ce même plaisir quand j’arrive sur les rives du lac Hoam Kiem et que je me lance dans le circuit… toujours dans le sens des aiguilles d’une montre pour me rappeler au bon souvenir de la marche autour du stupa.
Il y a tous ces groupes (surtout des femmes) qui font leur gymnastique quotidienne au rythme de quelque haut-parleur. Chacun a un emplacement spécifique, comme si c’était leur salle de sport. Mon préféré est celui sous le grand arbre car ils me surprennent toujours. Selon les horaires, ils dansent la valse, le tango, la salsa ou des chorégraphies plus locales, plus proches du Thai Chi vietnamien.
Il y a ce petit monsieur un peu âgé qui se promène avec une grosse médaille d’or autour du cou. Une fois il s’est assis à côté de moi sur un banc et il a essayé de communiquer. Comme son anglais n’était guère meilleur que mon vietnamien, je n’ai pas pu savoir dans quelle discipline il avait gagné sa médaille. C’était pendant les jeux asiatiques, je croyais qu’il en faisait partie, mais vu que les jeux sont finis depuis longtemps, il doit y avoir une autre explication puisqu’il est toujours là…
Il y a tous ces photographes avec des super objectifs qui attendent de photographier quelques sujets. Il est vrai que le cadre paisible du lac attire les foules et cela semble un rite de revêtir ses plus beaux habits pour immortaliser un instant de bonheur.
Il y a ces vendeurs d’éventails qui repèrent la sueur sur mon visage et qui m’éventent au passage, persuadés qu’ils vont faire une bonne affaire.
Il y a ce monsieur qui m’a fait croire au début qu’il y avait des oiseaux magnifiques à observer sous les arbres, jusqu’à ce que je comprenne que c’était avec son sifflet qu’il reproduisait ces chants mélodieux.
Il y a souvent des jeunes gens qui me demandent si je peux répondre à quelques questions. C’est un bon moyen pour eux de pratiquer l’anglais qu’ils étudient, ils arrêtent des Occidentaux autour du lac. L’autre jour ce sont deux fillettes d’une dizaine d’années qui m’ont épatée. Elles se débrouillaient tellement bien en anglais que je leur ai demandé si elles étaient dans une école anglophone. Non, m’ont-elles répondu, elles apprennent sur internet. L’une d’elle a même dit, un peu étonnée, qu’elle apprenait mieux toute seule sur internet qu’à l’école. Attention chers professeurs ! Il y a peut-être à creuser du côté de cette réflexion, ai-je pensé.
Il y a ces conducteurs de rickshaw qui m’interpellent au passage, espérant qu’enfin je me fatiguerai de mes longues marches et aurai envie de me reposer dans leur carriole pour qu’ils puissent gagner quelques sous en pédalant.
Il y a toutes sortes de vendeurs qui proposent chacun leur spécialité. Il y a cette femme en particulier qui m’interpelle chaque matin pour tenter de me vendre de l’eau, des cigarettes, un parapluie (quand il pleut) ou autres.
Il y a toutes ces jardinières au chapeau conique, accroupies dans les plates-bandes qui repiquent, désherbent, arrosent et renouvellent sans cesse les plantations… offrant au regard de beaux tableaux végétaux sous les grands arbres généreux en ombre.
Mais il y a aussi chaque matin quelque chose qui me surprend. Ce matin, c’était ce grand Américain noir sur le chemin du retour. Il avait un immense sac à dos avec les drapeaux de tous les pays. Au fait, je ne sais pas pourquoi je dis qu’il était Américain… Je ne lui ai pas parlé. Quand il a passé à côté d’un de ces policiers (ou soldat) en uniforme kaki, il s’est arrêté pour lui serrer la main. Dans ma tête j’ai construit toute une histoire… c’était peut-être un Américain qui a quelqu’un de sa famille qui a participé à la terrible guerre d’Indochine.
Et oui, je suis bavarde ce matin, me voilà presque libérée de toutes mes obligations professionnelles pour quelques semaines…