À peine sortie du téléphérique, je regarde avec interrogation la longue file des gens qui ont choisi d’aller jusqu’au sommet avec le funiculaire. Eh oui, il semble que cette masse touristique se protège de tout effort pour atteindre le toit du Vietnam. Je préfère me faufiler dans le brouillard qui insuffle une atmosphère mystique aux lieux. En grimpant sur les hautes marches, je tente d’imaginer le décor…
Le dernier jour de mon séjour à Sapa, j’ai compris pourquoi il y avait une telle explosion de constructions dans la ville. Malgré le temps maussade et une visibilité vraiment pas géniale, j’ai décidé de monter voir ce fameux téléphérique dont tout le monde parlait, pour monter au Fansipan, le toit du Vietnam, haut de 3143 mètres. Bien que la météo ne fût pas au rendez-vous, nous étions nombreux à avoir eu la même idée. Pour arriver au départ des cabines, il faut prendre un funiculaire qui a été construit pour donner l’impression de voyager dans le temps, même si les infrastructures sont super modernes. Un wagon avec des bancs en bois, comme nos chemins de fer de montagne des temps passés, nous hisse jusqu’à la station de départ. Le téléphérique a été inauguré en février 2016. Il montre bien le désir du pays de se propulser en avant sur la scène internationale, puisqu’il cumule deux records du monde du Guinness Book : un pour être le plus long téléphérique à trois câbles sans arrêt du monde, sur 6,3 kilomètres, et l’autre pour la plus grande différence d’altitude (1410 mètres) entre deux stations.
Non seulement la pollution lumineuse m’a déplu à Sapa, mais j’ai aussi été triste d’observer comment certaines familles n’hésitaient pas à exposer leurs petits enfants dans le but de profiter de cet afflux de touristes. C’est vrai qu’elles sont mignonnes ces petites filles dans le costume traditionnelle d’une des minorités ethniques de la région (le nom lui-même de minorité est discriminatoire me semble-t-il). Pourtant si vous aviez vu leur regard triste quand elles essayaient de vendre les quelques bracelets ou autres gadgets artisanaux, vous auriez compris comme moi que ce choix n’était pas le leur. Leur insistance à réciter d’une voix monocorde la même phrase en anglais pour nous inciter à acheter m’a mise très mal à l’aise. Qu’on achète ou qu’on n’achète pas, on risque de se sentir coupable, mais j’ai eu le sentiment d’un beau gâchis. Tout comme le gros billet qu’un touriste a déposé dans les mains d’une petite fille qui ne devait pas avoir six ans. Elle portait sur son dos un bébé et marchait parmi la foule pour susciter ce genre de compassion commerciale.
La ville de Sapa se situe à environ 1500 mètres d’altitude et comme c’est dans les montagnes je m’attendais à quelque chose de bien différent. Si j’ai aimé les alentours, j’avoue ne pas avoir été sous le charme de cette bourgade affolée dont le trafic rappelle presque celui de la capitale. Le prix de l’électricité semble être au-delà de leurs préoccupations, j’ai l’impression que c’est Noël toute l’année là-haut. En observant ces trois bâtiments je me suis demandé s’ils pensaient que l’on choisissait le restaurant où manger en fonction de l’illumination.
Eh oui, j’aime bien faire durer les ondes du voyage, même s’il n’a durer que quatre jours… Elles s’envolent petit à petit quand on se replonge dans la routine, surtout quand le rythme de travail est aussi intense qu’ici, mais c’est comme le son d’un bol tibétain, ça peut résonner longtemps si on sait le frapper au bon endroit.
Sono molto felice di annunciare che giovedì 22 settembre presenterò il mio romanzo « Chère Comtesse – De Katmandou à Valleyres« , agli amici ticinesi, presso la biblioteca del Gambarogno a San Nazzaro, a partire dalle ore 19.00. La serata sarà condotta in italiano e in francese (lettura di uno o più estratti).
Biblioteca comunale di Gambarogno via Municipio, 2 6575 S. Nazzaro
Ma guide était une jeune femme de 25 ans, native d’un petit village près de Sapa, déjà maman de deux enfants de 6 et 7 ans. C’était très intéressant de découvrir la réalité d’une jeunesse vietnamienne bien différente de ma culture. Fille aînée d’une famille de 11 enfants, elle n’a pas pu continuer l’école au-delà de l’école primaire (jusqu’à 11/12 ans) car elle a dû s’occuper de ses frères et sœurs. Grande a donc été mon admiration devant sa volonté de devenir guide pour aider sa famille et pour ses capacités à apprendre l’anglais pour réaliser ce rêve. Son émancipation passe aussi par le choix de ne pas vouloir plus de deux enfants afin ne pas répéter les injustices dont elle a été victime. Bravo pour cette force féminine qui formera les futures générations dans les villages des montagnes vietnamiennes !
Essayons de se rafraîchir avec le souvenir de la Silver Waterfall, n’ayons pas peur d’inonder le net d’un peu de fraîcheur puisque même l’orage passager n’a pas fait descendre la température. Ces grosses chaleurs ont au moins le mérite que l’on n’a pas très envie de s’éloigner trop longtemps d’un climatiseur… donc du travail.