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Des confinis ?

La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe c’est d’apprendre à danser sous la pluie…

Sénèque

De là où je suis, je vois que les gens ont recommencé à râler, protester, manifester, casser, simplement pour montrer qu’ils sont en colère.

Je suis l’habituelle ingénue… Puisque l’on parlait du monde d’avant et du monde d’après, depuis le pont de l’entre-deux, je pensais que les gens sauraient dès lors apprécier les petites choses du quotidien. Dès leur libération, je les voyais s’enflammer devant un brin d’herbe, sautiller de joie sans raison… Je croyais qu’ils prendraient le temps de rendre hommage à ceux qu’ils ne verront plus. J’imaginais que l’on redonnerait un peu d’espace au monde spirituel pour prendre le temps de célébrer la vie, en se souvenant que la mort en fait partie. J’aurais voulu que l’on songe à tous les gens à qui pendant des mois on a refusé le droit de dire Adieu à un proche.

Non, il n’en est rien, on crie à nouveau contre les policiers parce qu’ils sont trop violents… et le lendemain on leur reproche d’être incapable de maîtriser la violence… On généralise tout, on s’improvise spécialiste de n’importe quoi, on aime se victimiser, on déboulonne des statues comme dans les pays au régime totalitaire… On recommence à accuser les agriculteurs, sans vraiment prendre le temps de comprendre leur travail, ni d’admirer ce qu’ils continuent à faire pour cultiver la terre de leurs ancêtres. J’espérais que sur les plateaux télé on recommencerait à nous parler d’autre chose, qu’on se rendrait compte qu’il y a plus grave dans le monde que le Covid 19… Mais non, on continue de dire un jour que le masque est indispensable, avant de rectifier le lendemain en prétendant que ce n’est peut-être pas le cas. Telle une épée de Damoclès, on brandit sur nos têtes la menace d’une deuxième vague, comme si le virus naviguait sur les mers. Après avoir ajouter le verbe déconfiner à la langue française, on voudrait y mettre celui de reconfiner.

Et moi je voudrais tant qu’ils s’excusent auprès des enfants à qui l’on a fait croire qu’ils risquaient de tuer leurs grands-parents s’ils les embrassaient. Imaginez un peu un petit garçon ou une petite fille qui a connu un deuil dans sa famille, comment le/la convaincre qu’il/elle n’y est pour rien ?

S’il vous plaît, remettez les acteurs dans les théâtres, rouvrez les cinémas, laissez les festivaliers festoyer, relancer la saison artistique et que chacun prenne ses responsabilités ! Qu’ils restent chez eux ceux qui craignent d’être contaminés ! Qu’ils mettent un masque ceux qui pensent que cela les protègent… Que ceux qui sont en colère se souviennent que ni la violence ni l’angoisse n’ont un effet constructif… Mais s’il vous plaît faites que chacun puisse être à nouveau libre de vivre…

Aujourd’hui, la parole est à la musique ! Chers musiciens du monde entier, élevez votre voix et faites taire tous les scientifiques et leurs statistiques ! Osez leur dire… comme Pierre Perret l’a si bien fait ! 

 

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Which day can I go out ?

Eh voilà, fidèle à son habitude, le gouvernement népalais a regardé à droite à gauche ce qui se faisait avant de décider de la suite du programme. Je ne suis pas une accro des statistiques, mais pour le sérieux de mon analyse, je les consulte rapidement.

Nombre de cas confirmés : 5062. Décès : 16.

Franchement je n’y croyais pas, vu que nous avons été confinés avec seulement six cas déclarés. Depuis jeudi (avant-hier), on devrait être dans la première phase du déconfinement (mot que mon ordinateur continue d’ignorer). Si je parle au conditionnel, c’est parce qu’apparemment les policiers n’étaient pas au courant et ont confisqué de nombreuses motos aux téméraires qui s’étaient aventurés sur les routes de la ville, n’écoutant même pas les protestations.

Je vais donc attendre encore un peu avant de me risquer à sortir. De toute façon il faut tout d’abord que je sache si j’ai un numéro d’immatriculation pair ou impair. Ensuite, il faudra que je m’assure du jour exact sur le calendrier népalais, parce que si j’ai un numéro pair, je pourrai sortir avec Scooty les jours pairs du calendrier népalais (qui n’est pas le même que le nôtre – je vous rappelle que nous sommes déjà en 2077 au Népal). Certains ont déjà protesté car ce n’est pas très juste que les mois impairs, ceux qui ont un numéro impair pourront circuler deux jours de suite…

Il n’y a pas que pour cela que les gens protestent. Les jeunes sont descendus dans la rue pour se plaindre de la politique du gouvernement. Ils voudraient aussi savoir où est passé l’important montant d’aide internationale reçu par le Népal…

En ce qui concerne les écoles, la réouverture n’est pas encore pour demain, puisque cela fait partie de la quatrième phase, et nous nous estimerons heureux si les cours peuvent reprendre en présentiel d’ici la mi-août… Voyons alors les choses du bon côté, je n’ai donc rien à craindre, je garderai les pieds au sec pendant la mousson… et continuons de Zoomer…

qrf

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Jour 76

Ouf, malgré son grand âge, ils ont réussi à le ressusciter… Mort le 22 mai, je retrouve enfin son clavier. Mes doigts continuent de s’égarer sur ses touches, parce que je les ai forcés à s’habituer aux extravagances d’un clavier AZERTY… Depuis l’âge de 14 ans, depuis que ce cher Roulet nous organisait des compétitions à l’aveugle au cours de dactylographie, mon cerveau était programmé pour le clavier QWERTZ… et mes doigts étaient capables de courir aussi vite que mes pensées, sans même regarder…

Non, ne vous inquiétez pas, le confinement ne m’a pas rendue zinzin… je voulais simplement partager ma joie car je viens de récupérer mon ordinateur (que je croyais mort). Comme nous avons parlé de l’obsolescence programmée en cours, je ne peux m’empêcher de penser que dans mon pays, où tout repose sur la consommation, on m’aurait peut-être dit que cela ne valait pas la peine de réparer, pour me forcer à en racheter un nouveau. Ouf ! j’ai eu chaud… Du même coup, afin de l’emmener chez le docteur Mac, j’ai eu le droit d’enfourcher mon Scooty (qui a mis du temps avant de démarrer, mais à force d’insister…). Quel doux bonheur de l’entendre ronronner à nouveau après ce long silence et de profiter de l’ivresse de cet instant de liberté.

Au Népal, le confinement continue jusqu’au 14 juin (en tout cas). On attend les annonces du gouvernement pour savoir s’il y aura des allègements, mais à voir le nombre de personnes aujourd’hui dans les rues, beaucoup ont décidé que cela avait assez duré.

Sinon, tout va bien. Les singes et les corbeaux m’énervent toujours autant, mais on fait avec. Je jongle d’une séance Zoom à l’autre, comme Zorro sautait d’une aventure à l’autre, apprenant à gérer chaque imprévu, bataillant avec la technologie, constatant avec un brin de tristesse que certains étudiants préfèrent se cacher derrière le masque noir de leur caméra, ayant l’impression d’être devenue Docteur depuis que Zoom me dit combien de personnes attendent dans la salle d’attente, signant d’un coup d’épée quand le temps manque à la fin de la séance…

rhdr

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Je crie ton nom

 

Lit de mon paysage

Berceau de mon ennui

Thé au jasmin jusqu’à plus soif

Lire pour m’envoler vers toi

Berner le temps qui patine

taniser tous les maux

Libraire en vitamines

Berger d’un troupeau de mots

nor de l’imaginaire

L’ivresse des sommets

Berbère du désert

Théâtre du sonnet

Libellule de mon âme

Bergamote de mes étés

Terre de mon sésame

Li-bert-té

13.5

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Jour 33

Je pourrais vous raconter cette histoire sur un ton de légèreté, en l’intitulant « Safari à Katmandou », mais comme elle ne me fait pas rire du tout, je vais vous la livrer comme ma dernière histoire avant de me retirer du monde virtuel pendant quelque temps.

L’autre jour, je m’accordais une petite sieste après le repas. À peine le temps de fermer un œil, un bruit suspect venant de l’extérieur me fait regarder par la fenêtre. Toute une famille de singes défilait sur le rebord de mes fenêtres. Ils m’ont regardée au passage, sans même craindre que je ne les chasse, avant de continuer leur périple. Eh oui, les singes ont le pouvoir sur les toits et dans les temples de la ville… Heureusement, je n’ouvre jamais les fenêtres de ce côté-là. L’esprit soudain un peu moins fatigué, je ressaie tout de même de poser ma tête sur l’oreiller. Moins d’une minute plus tard, grand branle-bas de combat, toute la famille revient, le plus costaud transportant une grosse boîte en plastique qu’il renverse devant ma fenêtre. Alors, petits et grands se mettent à picorer des cacahuètes sur la corniche. Le voisin, à qui il les a chapardées, crie depuis sa terrasse, tape sur les montants en fer, et réussit à les mettre en fuite. Depuis, ils ne sont pas revenus, mais ma fenêtre est devenue une excellente tour d’observation (si j’avais le cœur à faire du bird-watching), car les oiseaux ont encore des réserves pour quelques jours.

Si je vous ai dit que l’histoire ne me faisait pas rire, c’est parce que soudain j’ai eu cette sensation que ressentent probablement les animaux qu’on enferme dans une cage.

Je sens que cela explose en moi, une folle envie de liberté, une envie d’aimer la vie, une envie de marcher pieds nus dans l’herbe, une envie de sentir le vent dans les feuilles, une envie d’appuyer mon front contre un arbre, une envie de boire au goulot de la fontaine de mon enfance.

Hier soir, j’ai tenté d’exprimer cette colère en relevant l’absurdité de la situation, puisque depuis trente-trois jours on nous impose de rester chez nous alors qu’officiellement on ne recense aucune victime de ce foutu virus dans le pays. Et comme mon voisin a répondu qu’il n’y avait pas eu de victimes parce qu’on avait imposé le confinement à temps, alors là j’ai eu envie d’exploser et me suis dit qu’on était loin d’en avoir fini avec tout ce cirque. Oui, j’en ai marre de ces discussions au conditionnel…

J’ai repris les cours en ligne avec mes élèves et cela m’a fait réaliser ce que l’on est en train d’imposer à toute cette jeunesse. J’ai encore dans l’esprit assez de grain de folie de mon adolescence et de ma jeunesse pour savoir qu’à cette période de la vie une semaine n’a pas la même valeur que quand on a passé la cinquantaine. On est en train de leur voler des moments si précieux, sous prétexte de sauver des vies. Alors qu’ils ne sont pas en danger, on les responsabilise de la mort potentiel de leurs aînés s’ils ne respectent pas les consignes. N’est-ce pas un peu lourd ? Je refuse désormais de comparer tout cela à une guerre. Non, nous ne sommes pas en guerre, nous sommes dans la vie, et la vie est mortelle. Je veux profiter de chaque instant de la vie, parce que la vie m’a fait comprendre que la mort nous rattrape quand c’est elle qui le décide. Toutes ces palabres me fatiguent, je veux vivre et regarder vivre. Je déteste ce monde immobile qui a peur de ce qui n’est pas là. Si la mort doit arriver, elle arrivera. On peut être en deuil quand quelqu’un meurt, mais on ne doit pas être en deuil de la vie. Tout cela sera bientôt fini nous dit-on. Je n’y crois pas… on ne va plus nous laisser vivre sans protection. Ne plus se serrer la main, ne plus s’embrasser, ne plus se toucher, ne plus se réunir, ne plus se réjouir, ne plus se divertir, ne plus sortir, ne plus se dire adieu… Tout cela avec le prétexte que c’est pour sauver des vies. Pourtant je sais bien que c’est tout le contraire, car encore une fois, ce sont les plus faibles qui vont souffrir des conséquences de cet arrêt sur image et on dira bientôt de ces misérables qu’ils sont des victimes collatérales de cette pandémie. Au Népal, si le virus n’a pas tué, la pauvreté, elle, le fera.

Pardonnez-moi ce coup de gueule, mais cette prison dans laquelle on m’enferme me rend plus misanthrope que je ne voudrais l’être. J’ignore pourquoi nous sommes sur cette planète et je sais que je me condamne d’avance si je cherche à le comprendre, mais la planète doit continuer de tourner.

La sagesse des années m’empêche de me révolter, donc je vais continuer d’obéir et rester chez moi, mais je vais me taire… ce sera mon moyen de faire la grève. Peut-être que vous lirez la suite de l’histoire un jour, mais pour l’instant je vais prendre des vacances et quitter ce monde virtuel en espérant pouvoir accompagner mes élèves au mieux pour subir ce qu’on leur impose. Je reviendrai le jour où on m’autorisera à retourner à l’école avec mon Scooty.

J’écoute en boucle la musique du film la liste de Schindler par Renaud Capuçon et continue de naviguer sur les eaux tumultueuses de cette tempête passagère en espérant qu’une île surgira bientôt dans le paysage.

qrf

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Jour 31

Je repense aux paroles de Voltaire :

J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. 

Comment pourrait-on être en santé avec le climat actuel ? Je continue d’observer ce paysage sans mouvement. Je résiste grâce aux mots qui s’envolent sur le papier. Même si j’aspire à plus de liberté, j’obéis… de toute façon on n’a pas le choix…

Au Népal, on nous a imposé le confinement avec seulement six cas de Coronavirus déclarés. Aujourd’hui que les statistiques en comptabilisent quarante-cinq, je crains que tout cela s’étale vers un temps infini.

Alors qu’en Europe on commence à parler de déconfinement (je ne sais pas le vôtre, mais mon correcteur Word ne reconnaît pas ce mot – il me propose : dé finementdéco finement – ou confinement – NON ! Au secours ! ), les voix s’opposent aux décisions des autorités. Il y a ceux qui crient au scandale, estimant que c’est beaucoup trop tôt. Alors que les enfants ne sont pas à risque, il y a ceux qui ne veulent pas qu’ils retournent à l’école. Comme les râleurs font toujours plus de bruit que les personnes pleines de bon sens, je crois que nous ne sommes pas au bout du problème. Toutes ces restrictions de liberté ont généré un climat de peur qui sera difficile à guérir… Personnellement, j’admire les Suédois d’avoir résisté à la critique. Dans ce pays, on en appelle à la responsabilité individuelle et collective et le pays reste fidèle à sa tradition de qualité de vie. Bien sûr, là-bas aussi certains accusent le gouvernement de passivité dangereuse, ce qui vaut la critique de nombreux pays. C’est peut-être un choix risqué que d’opposer une telle résistance, c’est malgré tout en leur modèle que je crois, puisque chacun devrait être capable de décider par lui-même s’il préfère rester confiné et se responsabiliser pour protéger ses proches.

Toute cette crise n’est-elle pas en train de détruire les liens sociaux ? Je crois l’avoir déjà dit, mais je le répète : l’isolement est une déshumanisation. Je ne sais pas comment nous allons guérir les dommages causés à tous ces gens qui n’ont pas pu revoir leurs proches. Comment va-t-on remonter le moral à tous ces aînés qui, sous prétexte de vouloir leur sauver la vie, n’ont pas eu de visites pendant des mois ? Comment va-t-on donner le courage nécessaire à tous ceux qui auront peur de sortir à nouveau ? Comment va-t-on éviter que chacun sursaute ou panique à chaque fois qu’on entendra quelqu’un tousser ?

Malheureusement, quand on essaie d’affirmer une opinion contraire, on est accusé de vouloir condamner des vies. Oui, j’envie les Suédois d’avoir su résister… Ils ont des écoles, dont on se sert souvent de modèles pour tenter de réformer nombreux systèmes éducatifs d’Europe. On devrait se fier à leur intuition…

Le pire est peut-être encore à venir, car l’hiver prochain il y aura une nouvelle épidémie… Qu’il s’agisse de la grippe, du coronavirus ou autre, allons-nous relancer le débat et recommencer tout ce cirque ? Et comment comptent-ils remonter le moral aux gens en annonçant l’une après l’autre les annulations de toutes les festivités qui auraient permis aux gens de reprendre goût à la vie ?

Faut-il tout soumettre à la médecine ? La santé est en train de devenir la valeur suprême, au détriment de la liberté, l’amour, le bonheur, la justice… Oui, j’en ai marre… et pense que c’est une erreur si la peur gagne contre le courage. Au Népal, on n’annonce aucun décès dû à cette épidémie, et pourtant on nous impose un confinement strict depuis trente-et-un jours.

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Grand trek

Hier, était une journée de grand trek, ma troisième sortie depuis le début du confinement, avec trois missions au programme.

09.10  Départ. Je vais chercher mon salaire du mois de mars. Je n’essaie même pas de démarrer le moteur de Scooty, cela me ferait trop mal de l’entendre sans pouvoir m’envoler avec lui. Sac au dos, lunettes à soleil sur le nez, je pars à pied. À chacune de mes sorties, il y a plus de mouvement dans les rues, mais la police et les militaires sont toujours là pour contrôler. La grille de l’Alliance est fermée et les chiens surveillent les locaux. Quand je réussis enfin à avertir le gardien, il vient m’ouvrir et m’invite à me laver les mains avec le gel hydro alcoolique. Une fois récupéré mon chèque, je profite de son amabilité pour me faire ouvrir la bibliothèque et me réapprovisionner en livres.

10.10 Arrivée devant la banque. Je suis la cinquième dans la file d’attente, mais il faut s’armer de patience… La file s’allonge très vite. Tout le monde est masqué et se tient à distance. L’homme situé en troisième position tousse beaucoup… il finit par enlever son masque pour reprendre son souffle…

10.45 Entrée dans la banque où le vigile m’invite à me laver les mains.

Quand c’est finalement mon tour, je me fais coiffer au poteau par un passe-droit surgit de nulle part.

10.55  Sortie de la banque

10.58  Arrivée devant mon supermarché préféré (qui me rappelle la petite Coop de Solduno où je connaissais l’emplacement de chaque article) – Le vigile pointe son pistolet sur mon front. Aucun danger, il n’est pas chargé, simple contrôle pour s’assurer que je n’ai pas de température. Tout ok ! Il me fait signe que je peux passer. Son collègue m’asperge les mains de son produit orange (qui ressemble toujours au liquide pour la vaisselle), puis me fait signe en m’invitant à prendre place au centre de la case numéro 10 (il y en a 13 dessinées sur la place où habituellement les voitures sont stationnées). Je reste calme, même quand celui de la case 9 (alors que je suis sur la 2) passe devant tout le monde pour payer les trois paquets de macaroni qu’un vigile est allé lui chercher dans le magasin. Celui de la case 3 tente un scandale, stimulé par sa compagne (dans la case 4), mais la passivité avec laquelle on lui répond, me dit que cela ne sert à rien de vouloir déclarer une guerre. Sans avoir lancer le dé une seule fois, j’arrive pas à pas jusqu’à la case numéro 1.

11.23  Entrée dans le supermarché, où je m’empresse de faire mes courses en essayant de ne pas prendre plus que ce que peut contenir mon sac à dos.

11.30 Je retrouve la sympathique vendeuse dans sa minuscule boutique de fruits et légumes. Comme je l’avais promis, j’ai étudié, je lui énumère les noms népalais des produits dont j’ai besoin. Elle me remplit un gros sac de vitamines. J’en profite pour lui demander ses pronostics sur la durée probable de la fin du confinement… peut-être début mai…

Retour à pied avec mon lourd chargement. En chemin, je repense à cette demi-journée de trek. Heureusement que j’ai eu le sourire bienveillant du gardien et de la petite marchande de fruits et légumes pour éclairer le sentier de cette obscure situation de crise. Tout va bien, j’ai appliqué les gestes barrière… J’ai les mains propres…

12.00 Home sweet home.

À peine le temps de ramasser ma lessive et l’orage éclate.

Je m’installe à l’abri sur la terrasse avec un thé vert au jasmin et regarde tomber la pluie… Ouf !… c’est comme quand on arrive à la cabane juste avant le mauvais temps.

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