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La pagode de Bai Dinh

Je vous avais promis quelques détails supplémentaires sur la visite de la pagode de Bai Dinh. Je pensais y retrouver la ferveur bouddhiste du Népal, mais j’apprends avec surprise qu’il n’y a aucun moine et que sa vocation principale est commerciale puisqu’elle appartient à une société. Depuis notre bus, on nous emmène sur des petites voitures électriques. C’est un vaste complexe de 700 hectares de temples bouddhistes. Il est composé d’un ancien temple et d’un nouveau temple. Très populaire au Viêtnam, il est parait-il le plus grand complexe de temples bouddhistes dans le pays. 

Mon guide de voyage dit que l’ancien temple est construit dans une grotte à environ 800 mètres du nouveau temple, mais nous ne l’avons pas visité et notre guide ne nous en a pas parlé. Vu que je suis la seule à parler anglais avec lui (les autres sont tous des touristes vietnamiens), j’en profite pour tenter de mieux comprendre ce que représente la religion au Vietnam. Il m’explique que cette construction a commencé en 2003 depuis que le bouddhisme a été reconnu comme la religion du pays, même si seulement 5 % de la population sont de réels pratiquants. Pour lui c’est difficile de devenir bouddhiste, puisque cela implique de devenir végétarien, à ce je réponds qu’au Népal il y a des bouddhistes, les Newars, qui mangent de la viande. 

Nous traversons quelques-uns des trois kilomètres de couloirs bordés de plus de 500 statues de Arhat (le but final de la pratique bouddhique pour atteindre le nirvana) aux longues oreilles. J’observe avec intérêt les différentes positions de leurs doigts et me souviens de ce ballet de mains offert par les moines au Népal. 

Nous allons voir la tour de la cloche (la plus grosse cloche du Vietnam précise le guide). Je voudrais l’entendre sonner et voir vibrer le gigantesque tambour qui est au-dessous, mais cela n’arrive qu’à de très rares occasions. J’aimerais monter sur le stupa (qui ressemble plus à un minaret qu’aux stupas dont j’avais l’habitude, mais nous n’en avons pas le temps. Le guide nous emmène voir le Bouddha féminin aux 1000 bras et l’immense Bouddha. Le métissage de toutes ces cultures est étonnant et mérite que je prenne le temps d’essayer de mieux comprendre.

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La baie d’Along terrestre

Quand on n’a qu’un seul jour de congé par semaine et que c’est la saison des pluies, il faut vraiment être béni des dieux pour avoir une telle chance avec la météo si on se lance dans une excursion. C’est ce qui m’est arrivé hier. J’avais rendez-vous à 7h.30 devant l’Opéra, un Grab m’y a déposée avec mon sac contenant le programme pluie et soleil. Dans un mini bus rempli d’Asiatiques, à l’exception de deux Australiens, nous quittons le ciel gris d’Hanoï vers le sud où nous attend le soleil et une chaleur intense, mais la magie de l’air conditionné nous le fait oublier. Nous commençons par la visite de la pagode de Bai Dinh : je vous en reparlerai certainement un autre jour, mais ce qui a été vraiment éblouissant (de soleil et de beauté) c’est le tour en bateau dans le spectaculaire paysage de Tràng An. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et on le surnomme la baie d’Along terrestre. Deux heures de méditation aquatique à se laisser voguer entre les pitons karstiques, ou en les traversant parfois à travers des grottes, tout cela valait bien les quelques litres d’eau perdus en sueur.

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Destination Travail

Grâce à un Grab (moto-taxi) super rapide, me voici arrivée à l’université avec une bonne avance et vu que j’ai oublié mon livre, je vais prendre le temps de vous raconter un peu ce qu’est le Vietnam en cette fin mai. Le premier mot qui me vient est poisseux. J’en suis à me demander si le ruissellement de sueur sur mon visage accentuera les routes du monde que l’on peut déjà y lire ou alors si cet effet sauna permanent m’offrira un masque de jouvence. 

Hier, j’ai vu des vœux passés sur le web pour les alpinistes. Au premier message, j’ai pensé que c’était une nouvelle journée mondiale et ce n’est qu’au deuxième que j’ai compris que c’était le week-end de l’Ascension. Bienheureux sont tous ceux qui sont en plein dedans ! 

Des fois, j’aimerais bien avoir une de ces Go pro fixée sur la tête pour vous montrer à quoi ressemble cette fourmilière. Je me suis habituée au rôle du passager d’où je peux bien observer et je ne suis plus très sûre d’avoir envie de rouler avec mon propre scooter. Ce qui est agréable avec un deux roues c’est de se faufiler entre les voitures et de se laisser griser par ce sentiment de liberté. Mais ici, on a même le temps de transpirer tant on va lentement dans le trafic. Enfin, on verra quand la routine se sera installée. Il est vrai aussi que pour l’instant je n’ai qu’un cours à l’extérieur, sinon j’habite à côté de l’Institut Français, ce qui est un véritable luxe. Malheureusement, je n’ai guère l’opportunité de jouer la touriste depuis quelque temps, mais je suis ici pour travailler car il n’y a rien de tel pour découvrir la culture d’un pays. Après le Népal, le Costa Rica et maintenant le Vietnam, je me rends compte combien je viens d’un pays où la vie s’axe de plus en plus sur les loisirs alors qu’ailleurs ce serait plutôt sur le travail et les études.

Côté pratique, je n’ai guère fait de progrès en vietnamien. Heureusement que j’aime presque tout, c’est toujours une surprise quand je suis au restaurant. Voilà deux fois que je pense acheter des courgettes. La première c’étaient des gros cornichons et la deuxième quelque chose qui ressemblait à de l’avocat avec un noyau à l’intérieur, ce qui a à chaque fois donné un goût très spécial à mon essai de ratatouille. 

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La légende de la baie

Allez, quittons les lacs, éloignons-nous un peu de la grande ville à la découverte d’autres grandeurs. La baie d’Along doit être dans l’inconscient collectif de tous, c’est là que je vous emmène pour faire durer cette mini-croisière de vingt-quatre heures que j’ai faite durant le week-end. 

Deux légendes racontent l’origine de cette étrange configuration géologique. Je vous offre ma préférée :

« L’empereur de Jade avait envoyé la mère Dragon et ses petits pour protéger les Vietnamiens des guerres alentour. En descendant sur Terre, le Dragon et sa progéniture avaient semé ci et là de nombreux bijoux de Jade et une multitude de perles dans la mer. En touchant l’eau, ces pierres précieuses se seraient transformées en d’immenses roches encore visibles aujourd’hui, empêchant les envahisseurs venant de la mer d’arriver sur les côtes vietnamiennes. »

Les lacs d'Hanoï

12. Lac Vān Chu’ong

Me voici au bord du lac Vān Chu’ong, le numéro 12 (je sais, vous n’avez pas vu le 11 mais la photo n’était pas terrible). Puisqu’il fait partie désormais de mon paysage, intéressons-nous au « nón lá », le chapeau conique typique des Vietnamiens.

Il existe depuis l’Antiquité, il protège du climat tropical, du soleil comme des fortes pluies de la mousson.

(…) Les chapeaux de forme conique furent longtemps réservés aux hommes, alors que les femmes portaient un chapeau plat comme le Nón Ba Tầm des femmes de Hanoï.

Autrefois, il existait des formes de chapeaux différentes selon la fonction du porteur : le chapeau des brus ; celui des bonzes, fait de feuilles très grossières et doté de très larges bords comme les coiffures de grand deuil ; celui des mandarins qui était laqué et souvent couvert de plumes. Certains chapeaux faits de bambou, au sommet serti dans une petite garniture de métal étaient autrefois l’apanage des soldats (…)

Vu que le casque est obligatoire pour les scooters et les motos, il n’est plus aussi courant qu’autrefois, mais on le voit encore beaucoup dans les rues d’Hanoï. Espérons qu’il ne deviendra pas progressivement un simple article pour touristes. 

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Rivière de deux roues

Ma nouvelle vie ne se résume pas aux promenades lacustres. Grâce à mes expériences népalaises j’ai été tout de suite courageuse pour les déplacements en moto taxi. En réalité je n’avais pas le choix, puisque je dois me rendre deux fois par semaine à l’université pour donner des cours. Comme j’y vais à l’heure de pointe, bien qu’il y ait moins de 9 kilomètres, il me faut environ une heure pour y arriver. Même si j’ai connu le trafic chaotique de Katmandou, je reste à chaque fois stupéfaite devant cette rivière faite de millions de deux-roues qui circulent dans la ville et se faufilent entre les voitures.