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La rue du train

Une des grandes attractions aux yeux des touristes qui s’arrêtent à Hanoï est d’aller regarder passer le train dans la rue du train. Ce qui est étonnant c’est l’étroitesse du passage dans lequel la voie ferrée se faufile au milieu des habitations. Et je vous assure que quand on est dans le train, il vaut mieux ne pas se pencher au-dehors lorsque l’on traverse une ville. Je suis allée plusieurs fois boire un verre près des rails avant de voir passer un train car les horaires sont assez approximatifs. D’autre part, depuis qu’un touriste belge a provoqué un accident en passant sous la barrière de sécurité pour faire un selfie avec un train, les règles sont devenues plus strictes et la police cherche à fermer tous les cafés le long des voies ou en tout cas leur accès. C’est un peu aberrant, on a le droit d’être assis dans les petits troquets mais pas d’y accéder par la rue. Alors les commerçants utilisent quelques ruses en escortant les curieux au travers des boutiques parallèles jusqu’à un siège, où on leur servira à boire en attendant de voir passer l’attraction locale.

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Hoi An

Allez encore un dernier petit tour dans la charmante ville de Hoi An avant de remonter vers le nord. Autrefois c’était un grand port, par lequel pénétra du reste le christianisme au XVIIème siècle. Ce fut l’un des principaux ports de l’Asie du Sud-Est. Chinois, Japonais (qui y ont construit le pont au centre de la photo), Hollandais, Portugais, Espagnols, Indiens, Philippins, Indonésiens, Thaïlandais, Français, Anglais et Américains, ils vinrent tous s’y approvisionner en soie, étoffes, papier, porcelaine, noix d’arec, poivre, plantes médicinales chinoises, ivoire, cire d’abeille et laque. Heureusement pour la ville, peut-être, au XIXème siècle le fleuve s’assécha et empêcha les gros navires d’arriver jusqu’à la ville historique. Aujourd’hui, certains prétendent que Hoi An est la plus ravissante ville du Vietnam. Je ne les ai pas encore toutes vues, je ne me prononcerai pas, mais cela restera pour notre joyeux quatuor la ville des lanternes. Le soir venu, les gens s’installent dans les gondoles locales pour se laisser glisser sur les flots.

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Lady Buddha

La ville de Danang est chargée d’histoire.

Heureusement aujourd’hui, on respire un climat de paix à Danang et le lieu le plus visité de la ville est la statue de Lady Buddha. Située sur une colline, elle regarde la mer avec un regard protecteur en direction des pêcheurs. On la voit déjà quand on arrive avec l’avion. Non, je n’ai pas rétréci ma fille qui se trouve au pied du monument, puisque c’est bien la plus grande statue de Buddha du Vietnam avec ses 67 mètres de haut. Au-dessus de sa tête elle porte un Bouddha de deux mètres de haut. 
C’est étonnant dans ce pays cette volonté de transformer la religion en attraction touristique. J’avais déjà eu cette sensation sur la montagne en-dessus de Sapa. 

Cédée à la France, en 1787-1788, puis reprise par l’empereur Quang Trung, Danang tombe entre les mains des Français en 1858 qui la baptisèrent Tourane. La ville est intimement liée à l’histoire de la présence française mais également américaine durant la guerre du Vietnam. C’est ici que les premiers soldats américains débarquèrent en mars 1965. Danang deviendra ensuite, l’une des plus importantes bases militaires américaines durant la guerre du Vietnam et fut attaquée à maintes reprises par les troupes nord-vietnamiennes notamment durant la fameuse offensive du Têt en janvier 1968.

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L’énergie marine

Nous voici installés pour quelques jours à Hôi An. Peu importe la météo ou la force explosive des vagues, l’énergie de la mer nous appelle et l’on si plonge sans hésiter… mais sans se risquer très loin de la rive.

Le sable blanc s’étend à l’infini. Le paysage raconte aussi un peu les dégâts causés par le typhon Noru en octobre dernier.

De temps en temps on aperçoit les immeubles de la ville de Da Nang entre deux nuages de brume. 

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Voyage vers le sud

J’ai toujours adoré dormir dans un train et me laisser bercer par le ronronnement de ce roulement si spécifique. Alors voici notre joyeux quatuor installé dans une cabine prêt à découvrir les fenêtres du tableau vers le sud. Un petit festin arrosé d’un rosé du pays de Vaud, un match aux cartes, tant pis si je suis de nouveau dans l’équipe qui perd, je suis tellement contente d’avoir des partenaires de jeu, et puis il y a aussi la liberté d’aller voir à l’autre bout du train en se faufilant dans les couloirs avant de poser sa tête sur l’oreiller. Bien sûr, notre convoi n’a pas la vitesse du TGV, ça tombe bien, j’aime bien les Très Grands Voyages. Cela permet de « prendre son temps » et d’apprivoiser le paysage. Quand les yeux se ferment, le train continue son travail sans se préoccuper des ronflements des voyageurs. Il lui faudra deux nuits pour arriver jusqu’à sa destination finale, Ho Chi Minh Ville (l’ancien Saïgon) mais nous descendons à mi-parcours à Danang peu avant midi après une bonne nuit de sommeil. 

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Prendre le temps

L’autre jour pendant un cours, une étudiante ne comprenait pas l’expression « prendre le temps de prendre son temps », nous étions sur un article qui parlait de l’histoire de la fatigue. L’auteur de ce texte historique, Georges Vigarello, se référait à de nombreux textes qui faisaient l’éloge de la lenteur.

Je ne sais pas si l’étudiante a bien compris mes explications sur l’expression « prendre le temps de prendre son temps », mais moi je comprends pourquoi j’ai besoin de faire durer le voyage dans le temps avec encore un denier petit tour sur le navire du nouvel-an dans la baie de Lan Ha.